Edward est un génial inventeur de la préhistoire. Il vit en Afrique Orientale avec sa horde. Il n’a qu’une idée : faire évoluer son espèce à tout prix ! Pour lui, c’est une question de temps. Sa tribu
doit évoluer ou disparaître. Il pousse donc ses fils à utiliser au maximum leur cerveau et se désespère de les voir réagir comme des… pithécanthropes. Il se heurte aussi à son frère Vania qui voit dans le progrès une arme terrible capable de tout détruire. « Back to the trees! » répète-t-il à court d’arguments.
Certains actes manqués d’Edward lui donnent raison, notamment le jour où il incendie la forêt en jouant avec le feu mais les innovations d’Edward permettent à sa tribu une nette avancée. C’est ainsi qu’il conseille à ses fils de chercher des femmes ailleurs que dans la tribu. S’ensuit une folle et harassante course-poursuite entre Ernest, un de ses fils, et la belle Griselda à travers le pays. Ernest (et le lecteur !) se rend compte qu’il a été mené par le bout du nez par une Griselda très féministe et qui savait exactement ce qu’elle voulait, en l’occurrence « épouser » Ernest.
C’est là tout l’intérêt de ce roman très facile et agréable à lire, qui, tout en étant très documenté, repose sur un humour léger et décalé. L’auteur joue sur les anachronismes aussi bien de situations que de langage : ainsi il a choisi de faire parler l’homo erectus dans une langue châtiée. Ce livre aussi soulève des questions universelles que se posent Edward et sa tribu, mais aussi l’homme moderne : doit-on diffuser ou non les grandes découvertes, la technologie doit-elle servir les plus forts ou aider ceux qui en ont besoin ?
Bien sûr, je n’ai pas hurlé de rire à la lecture de ce roman, comme l’a fait Théodore Monod, mais j’ai passé un agréable moment, d’autant plus que ce n’est qu’à la fin de l’histoire qu’Ernest, le narrateur, nous révèle à nous lecteurs mais aussi à ses fils pourquoi il a mangé son père.
Delphine Le Perf