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mardi 29 décembre 2009

Le rat d'Amérique de Jacques Lanzmann


Après la seconde guerre mondiale, Georges un juif qui a échappé à la shoah émigre en Amérique du Sud. Il part en bateau de Marseille, passe par les villes de Santos, Monteviedeo, Buenos-Aires et rejoint Asuncion au Paraguay où réside une cousine. Celle-ci fait un petit effort pour l’accueillir mais vite fait elle s’en débarrasse car Georges n’a pas d’argent.
Alors Georges va errer dans Asuncion, faire des rencontres peu recommandables, puis traverser à nouveau le continent pour rejoindre Mar Del Plata le Las Vegas argentin, avec son pote Paul. Là, après bien des galères, il passe la frontière chilienne, rejoint Santiago et par la force des choses va devoir travailler dans une mine pour se payer un billet retour en France.
J’ai trouvé ce roman plaisant car il s’agit d’une escapade au cœur de la diversité des peuples et des races d’Amérique Latine. Cela n’empêche pas de retrouver également des rebuts de la société occidentale tels que Paul mais aussi des nazis exilés.
De plus beaucoup des attitudes des différents personnages qui composent le roman sont intéressantes à analyser :
- la cousine de Georges, une juive, qui a fui la shoah mais qui considère les indiennes pour des moins que rien,
- les Français qui fréquentent la Maison de France à Santiago et pour qui la solidarité a un sens que si vous êtes fortuné,
- Paul, les mineurs, les gens des bas-fonds de Santiago,etc.
Les descriptions des paysages traversés par Georges sont très réalistes et j’ai vraiment apprécié son séjour à l’île de Pâques avec un passage concernant l’amour assez hilarant.
Les explications du fonctionnement de la mine sont fortes, passionnantes et instructives même si le petit bémol que j’émettrai concerne la brièveté à mon goût de cette partie du roman.

Edouard RODRIGUEZ

lundi 10 août 2009

La pêche à la truite en Amérique de Richard Brautigan

La pêche de la truite en Amérique ne ressemble à aucun autre livre. Il est étrange, farfelu, déconcertant. Ni cannes, ni moulinets, ni asticots, il n’est pas question ici des usages et pratiques de l’art de la pêche, ni en Amérique ni ailleurs. Cet ouvrage se définit d’abord facilement par ce qu’il n’est pas. Composé d’une cinquantaine de textes courts, il ressemble à un recueil de textes en prose ou de nouvelles. On ne saurait trancher. Aucune logique habituelle, aucun schéma narratif usuel ne semble le gouverner. Rien n’est fait pour apaiser un lecteur trop pressé d’étiqueter l’ouvrage. Pourtant la magie opère instantanément. Le lecteur est emporté par le style naïf, sans aucune complexité, sans esbroufe, d’où naît une poésie à nulle autre pareille. L’écriture est basée sur la simplicité : des phrases courtes, des dialogues de la vie de tous les jours retranscrits tels quels. L’œuvre est pourtant déconcertante, tellement éloignée du sens commun et de la raison usuelle. Richard Brautigan est maître de la métaphore incongrue et des comparaisons désarçonnantes. Au gré de son humeur, il brinquebale avec lui le lecteur dans les bars ou sur la route, au pied des statues ou dans un magasin de bricolage. Son capharnaüm artistique est plein d’histoires abracadabrantes, d’amour, de douleur et de tendresse, de solitude ou plus simplement d’anecdotes de la vie courante. Avec Sucre de pastèque, le lecteur croit se retrouver en pays connu. Il y a bel et bien une histoire, un début et une fin, un déroulement. Mais là aussi, Richard Brautigan mène la danse pour notre plus grand plaisir. La fantaisie est au rendez-vous. Jacky GLOGUEN
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