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vendredi 7 décembre 2007

Le bonheur de faire l’amour dans sa cuisine et vice-versa d'Irène Frain

Au fil de 150 pages de pur délice, Irène Frain évoque les relations vivantes mais aussi grammaticales entre l’amour et la cuisine. Le point de départ : pour cause de travaux la cuisine-matrice de son home sweet-home lui apparaît, par l’incapacité de s’y rendre, dès lors plus vitale et source d’équilibre. Où trouver l’eau et le feu, les éléments qui sont apprivoisés seulement dans cette pièce, centre de vie du foyer car manger est indispensable à notre survie? Celui qui permet à la femme trompée de garder son mari par le ventre, ou bien encore de partager des potins entre femmes. Quant à l’homme il utilise parfois l’art culinaire comme outil de drague et pour lui cuisiner c’est encore un art guerrier où il lui faut dompter les éléments.
Irène Frain, d’anecdotes en vérités simples, nous entraîne sur les pas des plaisirs culinaires de tous temps, de Cléopâtre, ou encore de l’empoisonneuse Marie Besnard et des filtres d’amour à la Peau d’âne. Ce qui retient l’attention ce sont les corrélations entre le sexe et la cuisine où les discussions sont plus libres entre les amants, et où la « nourriture fait lien », liant deux personnes qui souvent partagent un bon repas en prélude à l’amour : les sens et papilles sont mis en émoi avant de retrouver le chemin de la chambre, autre espace intime du couple. Même si le titre évoque l’art de faire l’amour dans sa cuisine, le sujet du livre est tout autre. C’est plutôt la relation entre la sensualité des aliments, de leur préparation et de leur absorption et celle des corps qui se mélangent depuis le début de l’humanité. J’ai très vite adhéré à ce petit pamphlet contre la malbouffe et pour le vrai partage en couple et en cuisine. La déclinaison amours-rapides et fast-food de notre société actuelle, les mots d’aujourd’hui qui pour parler d’amour parle de « relations », d’ « engagement » d’ « investissement » plutôt que de cette simple mais « grande histoire d’amour » qu’il est donné à chacun de vivre avec ses hauts et bas mais en sincérité et confiance, pas en conformisme. Une bonne recette : se poser à la table de sa cuisine, et malaxer de bons aliments en parlant de la vie comme sur l’oreiller. L’auteure sait utiliser avec panache beaucoup de vocabulaire, et ses idées exprimées dans ce petit livre très agréable sont très féminines certes mais universelles. Des vagues de plaisir nous donne l’eau à la bouche et l’envie de faire la cuisine avec et pour sa moitié. A vos fourneaux ladies and gentlemen !! Fanny JOLIVET

mardi 17 juillet 2007

Le bonheur en partage de Maeve Haran

« Le bonheur en partage » commence comme un conte de fée des temps modernes : Liz est une jeune femme épanouie, comblée par la présence de ces deux enfants, d’un mari aimant, de très bonnes vieilles copines et d’un travail dont elle rêvait et pour lequel elle se sent prête à remuer des montagnes. Cependant le conte de fées ne dure pas, la belle machine de la vie s’enraye et très vite Liz se trouve confrontée à toutes sortes de difficultés. Non contente de devoir se battre pour faire passer ses idées, elle ne voit plus ses enfants, son couple s’étiole jusqu’à la rupture, tous ses évènements aboutissant à un changement radical de vie. Heureusement comme tout bon roman, l’histoire de Liz et de son petit monde se termine bien ! Dès que l’on a lu les premières pages il est difficile de s’arrêter, on s’attache très vite aux personnages, quelques rebondissements permettent de garder le rythme du roman qui est par ailleurs très facile à lire. Mais ce qu’il en ressort surtout, c’est que toute femme qui lit ce livre, même si elle n’a pas un poste aussi élevé que Liz et ses amies, retrouve ce à quoi elle est confrontée dans sa vie quotidienne : le stress et la pression dans le travail, l’éducation des enfants, les relations dans le couple … Ce roman nous fait prendre encore plus conscience des réalités que l’on vit tous les jours, qui nous pèsent parfois, mais que l’on finit par accepter et par oublier un certain temps. Quelle femme n’a pas rêvé ou ne rêve pas de faire un break, de partir pour se consacrer enfin à elle, à sa famille? Pour Liz, la rupture avec son entreprise concomitante avec celle de son couple est un coup dur. Mais une fois la situation acceptée, installée à la campagne, sans réels problèmes financiers, elle apprécie son nouveau rythme de vie, le temps qu’elle a pour se consacrer à ses enfants, à son nouveau logis, son jardin… Cet état de léthargie ne peut bien sûr pas durer toute une vie, mais il permet de se retrouver, de se reposer afin de repartir d’un pas léger vers de nouvelles aventures et rebâtir un avenir. Les femmes se sont battues pour obtenir l’égalité avec les hommes, la parité est un sujet toujours plus d’actualité, le statut même des femmes dans les entreprises a bien évolué durant les dernières décennies. Mais à quel prix s’est faite cette évolution ? Toujours moins disponibles pour nos proches, il est important de faire des enfants le plus tard possible, et si l’on en a, il faut accepter le fait que notre évolution sera mise à mal, le quotidien pèse toujours autant mais on a voulu cette égalité, nous devons l’accepter ! La meilleure solution Liz et ses amies l’ont trouvée : le temps partiel. J’ai presque envie d’en demander un dès demain ! Frédérique CAMPS

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