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lundi 21 janvier 2008

Une soirée d'Anny Duperey

Denis et Florence sont tous deux médecins. Lui est spécialisé dans la chirurgie et en passe de s’associer dans une clinique privée de chirurgie esthétique, elle est pédiatre. Ils ont une quarantaine d’années, sont mariés, sans enfants et vivent une vie sans histoires. Aussi quand ils sont invités à une soirée dans laquelle doit aussi se trouver Romain qu’ils n’ont pas revu depuis dix-huit ans, ils appréhendent cette rencontre. Il faut dire que lorsqu’ils étaient tous trois étudiants en médecine, Florence partageait sa vie amoureuse entre les deux garçons, jusqu’à ce que Romain parte en Asie se consacrer à la recherche. Ces retrouvailles risquent de ne pas être sans conséquences sur la vie de ces trois personnages…
La réapparition de Romain sert de prétexte pour amener ces trois personnages à une profonde réflexion sur leur personnalité réelle. C’est ainsi que Florence se rend compte qu’elle n’a jamais décidé de son existence, s’étant mariée avec Denis parce que le départ de Romain lui a évité d’avoir à choisir entre les deux. Bien des années plus tard, elle se ne sait toujours pas qui elle aurait choisi… Denis quant à lui se rend compte qu’il allait passer à coté des choses importantes de la vie… Et Romain de loin ressent une grande culpabilité d’avoir bouleversé cette tranquillité…
Ce sont en gros les pensées que l’auteur cherche à nous faire partager en nous faisant passer des réflexions de l’un des protagonistes à l’autre, comme si nous étions à tour de rôle, Florence, Denis ou Romain, procédé que j’ai trouvé intéressant. Finalement on se rend compte que le fait de se poser ces questions même si on ne trouve pas forcément la réponse, clarifie les choses et permet de vivre plus sereinement. J’avais un peu peur que le côté psychologique soit un peu pesant mais j’ai plutôt été séduite par ce roman que l’on peut considérer comme une nouvelle version de Jules et Jim. Entre les hésitations, les questions que se posent les personnages, c’est en fait une part de nous même que nous reconnaissons, que nous soyons homme ou femme d’ailleurs. En effet qui ne s’est jamais retrouvé confronté à ce genre de problème, savoir ce qui se serait passé si on avait fait un choix différent ? En tout cas, on se sent proches des personnages, ils nous touchent, tout cela grâce à l’écriture d’une grande sensibilité et simplicité d’Anny Duperey. Certes j’ai trouvé que parfois il y avait des redondances, que la fin était un peu rapide mais il n’empêche que ce livre charmant vaut la peine d’être lu, ne serait ce que pour les réflexions qu’il provoque en nous. Nicole VOUGNY

jeudi 18 octobre 2007

L'admiroir d'Annie Duperey

J’ai toujours admiré Anny Dupérey, c’est une femme extrêmement belle, sympathique, bonne actrice et qui a une belle carrière au cinéma et à la télévision. Elle a aussi je trouve un talent fou d’écrivaine. Son roman « Allons voir plus loin, veux-tu ? » a été un pur bonheur à lire et m’a donné envie de découvrir un autre de ses romans; J’ai donc choisi « l’admiroir », sans savoir à quoi m’attendre puisque je n’avais pas lu la 4e de couverture volontairement.
Le sujet traité et la fin difficile ne peuvent pas être comparés à un « pur bonheur », mais on ne peut qu’admirer l’œuvre tant les caractères et les sentiments sont exprimés de façon juste. « L’admiroir » est l’histoire peu commune de deux sœurs. Claude a 20 ans, c’est une jeune fille effacée, morne, sans envie, et son aînée Anne a 30 ans, elle est pleine d’entrain, installée professionnellement, dynamique et sûre d’elle. Depuis l’enfance, Claude admire sa sœur et ne se sent vivre qu’en sa présence, aussi elle finit par abandonner ses parents afin d’aller vivre chez Anne, sans autre ambition que d’être avec elle et de la regarder vivre. Anne n’envisage pas leur vie ainsi et la cohabitation est difficile, voire impossible…
Le texte est simple, sans fioritures, et on est rapidement immergé dans un huis clos dramatique dont on n’image pas la moindre issue possible. Au long des chapitres, j’ai été impressionnée par la description des sentiments des uns et des autres, l’auteur arrive à nous faire ressentir ce que ressentent les protagonistes Anne et sa sœur Claude aux différentes phases de l’histoire, le malaise croissant que ressent aussi Pierre l’amant « visiteur » de Anne. L’intensité dramatique augmente au fil des pages et la dégradation de la situation m’a plusieurs fois mise mal à l’aise, mais sans toutefois me décourager de continuer, telle l’envie de connaître la suite m’importait. De plus, en pleine scène difficile, l’auteur introduit une anecdote ou une phrase qui fait retomber cette intensité. Par exemple, l’intrusion de Claude dans la chambre de sa sœur le soir de la fête ratée m’a fait rire grâce aux dialogues et à l’incongruité de la situation. Le mal aise éprouvé de façon croissante tout au long du livre trouve son apothéose à la fin quand tout dégringole et plus rien n’est pareil à avant : la sœur « équilibrée » perd tout en même temps que sa sœur, l’amant perd son amour… Cependant la fin n’est pas triste du tout et on assiste même à un début de renaissance émouvant.
Frédérique CAMPS

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