Empire Falls est petite ville du Maine, jadis prospère grâce à l'industrie textile des Whiting. Mais les usines ont fermé, la plupart des habitants sont partis. Les autres, désabusés, restent dans cette cité délabrée en plein déclin. Ainsi, Miles Roby qui gère un snack miteux appartenant à la vieille Mrs. Whiting. Des années auparavant, il a abandonné ses études et ses ambitions pour revenir s'occuper de sa mère mourante, et n'est jamais reparti. Aujourd'hui, entre sa femme qui l'a quitté pour un lourdaud bodybuildé, sa fille adolescente qui vit mal le divorce, son vieillard insupportable de père, la cruelle et toute puissante Mrs. Whiting, et ses anciens condisciples du lycée, Miles se sent plus que jamais coincé dans cette vie misérable dont il n'a pas voulu. Angoissé
par l'avenir, il se replonge dans ses souvenirs, et comprend alors des choses qu'il n'avait pas su discerner enfant, et qui pourraient bien tout bouleverser...
Ce gros roman est difficile à lâcher. Mêlant les histoires où les personnages gravitent les uns autour des autres, adoptant différents
points de vue, c'est une fresque agréable à lire. L'auteur prend le temps de planter son décor et de présenter les protagonistes, tous des anti-héros qui agacent et émeuvent tout à la fois. Certains sont parfois un peu caricaturaux, mais les motivations et la personnalité de chacun sont bien mis en valeur, et leur confèrent une humanité qui les rend attachants. Alternant flash-back et récit au présent, l'histoire est prenante, même si l'on en devine vite les ressorts. Et si l'écriture est assez plate, il y a parfois, au détour d'une page, quelques phrases d'un humour british, décalé et pince-sans-rire absolument irrésistibles.
Bien sûr, le style de l'auteur n'a rien de renversant, et il y a parfois des longueurs dans ce roman. Mais d'un autre côté, c'est peut-être ce qui m'a fait apprécier ce livre : l'absence d'effet de style crée une distanciation qui empêche de verser dans le misérabilisme ou une condamnation trop facile des personnages, et la relative lenteur du récit permet de s'imprégner du cadre et de l'atmosphère. J'ai trouvé que c'était un roman à la fois drôle et émouvant, et j'ai particulièrement apprécié de pouvoir ressentir, à un moment ou un autre de l'histoire, une certaine empathie avec quasiment chacun des personnages. Un seul regret, peut-être : une conclusion un peu vite expédiée, et surtout un peu trop "morale"...
Fanny LOMBARD
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jeudi 23 avril 2009
lundi 15 octobre 2007
L'empire des anges de Bernard Werber
Ce livre, suite des Tanathonautes, conserve son héros principal, Michaël, qui meurt et accède au paradis. Afin de passer le test, il est en charge de trois humains dont les destins sont étroitement liés. Là commence une quête tant pour l'ange Michaël que pour ses trois humains et on participe à une réflexion de ce qu'est la vie humaine. Les questions auxquelles va être confronté cet ange balancent entre l'envie d'influencer dans les moindres détails la vie des trois personnages dont il a la responsabilité et
que l'on suit tout au long de leur vie depuis leur pré-naissance jusqu'à leur mort d'une part, et celle de les laisser libres-arbitres de leur propre vie.
Parallèlement, Michaël va tenter de comprendre le sens de ce qu'on lui demande et de trouver quelle est la phase supérieure à la sienne. Est-ce devenir un dieu ? Qui est au-dessus de lui ? Où est-ce que cela se trouve ? Accompagné de ses fidèles amis, il va prospecter quitte à laisser seuls ses humains.
Werber nous emmène dans une histoire fantastico-philosophique où se mêle la dure réalité de la vie sur terre et les travers des hommes à une vie imaginaire hyper-structurée, quasiment mathématique de la vie de l'âme. Il n'est pas question de religion mais de spiritualité liée à des sentiments presque trop ingénus : rendre les hommes meilleurs.
Malgré des longueurs, Werber s'amuse d'un côté à lier le sort des trois humains entre eux tout en explorant ses idées de l'après-vie. Il faut se laisser emporter par les mots et ne pas trop croire à une théorie philosophique qui, de toutes façons, trouve ses limites dans le fantastique. Les combats d'âmes perdues avec des anges, les degrés d'accès à franchir pour accéder à une certaine catégorie restent trop humains montrant bien qu'il s'agit d'une fable. Mais elle a le mérite de nous donner du recul sur nous même, sur les éventuels buts de notre vie. Doit-on faire un point sur ce que l'on est ? Les anges existent-ils ? Le hasard, les coïncidences ne seraient-elles que normalité ? A quel niveau se trouve la religion, nos propres croyances ?
Je me suis laissé aller à réfléchir à ces questions, à maudire la bêtise humaine et nos propres limites.
Si je devais résumer ce livre en une phrase (-message ?) A tenter de croire que l'on est tout, l'homme en a perdu son humilité.
Benjamin DUQUENNE
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