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mercredi 19 septembre 2007

L'échappée belle d'Anna Gavalda

A l’occasion du mariage d’une cousine, Simon et Nathalie passent chercher la sœur de Simon, Garance. Pendant le trajet en voiture, Garance va nous raconter des souvenirs d’enfance concernant Simon, Vincent et Lola, ses frères et sa sœur. Elle va également nous révéler des traits de leur vie, des sentiments… à la façon d’une amie qui nous raconte son vécu. Au fil des pages on voit l’adoration et la complicité entre la fratrie. Une fois arrivés au lieu du mariage, ils vont s’isoler et ils vont partir rendre visite à Vincent qui ne peut pas être présent aux noces à cause du travail.
On sent, qu’inconsciemment, ils avaient décidé de vivre un peu de rab, un sursis, quelques heures volées aux autres, car le temps sépare toujours ceux qui s’aiment. Les responsabilités des uns et des autres viennent leur rappeler qu’ils ont grandi : Lola vit mal son divorce, Vincent habite dans un château et il fait le guide pour pouvoir subsister, Simon, malgré les idées de Garance est heureux avec Nathalie et leurs enfants, et Garance… il est temps qu’elle s’assagisse. C’est écrit avec simplicité et surtout beaucoup d’humour, par exemple, la description de Nathalie, l’épouse de Simon, est très rigolote, quand elle nous dit « elle met les lunettes dans l’étui, l’étui dans la pochette Biotherm et la pochette Biotherm dans le sac Lancel ». En fait, ceci nous représente l’image d’une femme trop réglée, trop carrée par opposition à Garance qui s’oppose aux conventions et aux bonnes manières « imposées ». Les descriptions sont fraîches, naturelles, le style est direct, léger, facile à lire car on a l’impression d’entendre parler le personnage principal. J’ai beaucoup aimé ce petit roman, qui ne fait qu’une centaine de pages, car il est un chant de bonheur, d’amour fraternel et de fraîcheur. Dès la lecture des premières lignes on est happé par Garance qui nous prend par la main et nous promène dans les méandres de leur histoire. Un vrai délice. Marie LEVEZIEL

mercredi 21 mars 2007

Ensemble c'est tout d'Anna Gavalda

Camille vit sous les toits d’un immeuble parisien, dans une chambre de bonne mal chauffée. Un jour, alors qu’elle est malade, elle est recueillie par un voisin, Philibert Marquet de la Durbellière, un aristocrate bègue, féru d’histoire qui vend des cartes postales. L’arrivée impromptue de cette jeune femme anorexique de 27 ans n’est malheureusement pas du goût de son colocataire. Franck est certes un excellent cuisinier mais surtout un grossier et rustre personnage qui ne s’intéresse qu’aux filles et aux motos. Et puis, il a déjà suffisamment assez de problèmes avec sa grand-mère Paulette qu’il a été contraint de placer dans un établissement spécialisé. La cohabitation est donc, dans un premier temps quelque peu difficile car avant de se rencontrer, chacun se complaisait à mener une existence centrée essentiellement sur sa propre personne. Mais finalement, avec le temps, ces quatre-là (Paulette va venir elle aussi s’installer chez Philibert), vont apprendre à se supporter, s’entraider, partager et surtout réapprendre à vivre. C’est ainsi, par exemple, que Camille va quitter son travail de femme de ménage, retrouver l’appétit, recommencer à dessiner et … Je ne vous raconterai pas évidemment la fin mais vous la devinerez assez vite.
C’est avec un langage tout simple, une tendresse infinie qu’Anna Galvada nous croque cette chronique douce-amère. L’air de rien, elle réussit à évoquer des sujets graves comme la difficulté de vieillir, le poids de la solitude ou encore l’anorexie (Jamais elle ne prononce le mot d’ailleurs). Et en même temps, c’est aussi très léger, truffé de bons sentiments. Certains détesteront sûrement. Moi-même, je l’avoue, ne suis pas très friande de ce genre de guimauve et pourtant, je me suis laissée agréablement entraîner par cette histoire, peut-être justement parce qu’Anna Gavalda a su ne pas sombrer dans l’excès de mièvrerie ou de mélo. Un roman tellement plaisant à lire qu’il flotte comme un parfum de bonheur, une fois qu’on l’a refermé. Marlène EVEN

mercredi 7 février 2007

Je l'aimais d'Anna Gavalda

Chloé vient de se faire plaquer par son mari et elle reste, seule, avec ses deux filles.
Son beau-père décide de l'emmener dans leur maison de vacances pour la faire changer d'air. Son beau-père avec qui, elle n'a finalement, aucune affinité. Lui, impérieux, n'acceptant ni l'échec ni que quelqu'un le contredise, va devoir aider la faiblesse de cette femme pour qui il a, une certaine tendresse. Chloé tourne en rond, véhémente, pleure. Et Pierre qui tente désespérément de la consoler, maladroitement. S'installe un dialogue, hors des principes, hors des propos communs : a-t-on le droit de partir par amour, parce sa Destinée n'était pas là ? A-t-on le droit de laisser femme et enfant quand quelqu'un d'autre que la femme que l'on aime vient au-dessus ? Qu'a-t-on le droit de faire par amour ? Entre Chloé, dont la détresse fait mal et Pierre, qui se fait avocat de son fils et qui, pour argumenter, va se livrer, ouvrir sa vie, ses sentiments passés, vider son âme, notre coeur balance sans cesse. Ce dialogue, que la bienséance pourrait qualifier de déplacer, nous interroge. On bascule à la fois du côté de Chloé, perdue, triste et pour qui on a une certaine affection et du côté de Pierre. Le Pierre, bourru, qui s'ouvre, petit à petit, maladroitement. Qui tente de faire comprendre à quelqu'un qui vient de se faire plaquer que son fils n'est pas le salaud qu'elle croit. Presque un dialogue de sourd, inconcevable. Je dois dire que ce livre touche. Tout d'abord parce que Anna Gavalda écrit simplement, avec les mots que l'on pourrait composer dans sa tête pour tenter d'expliquer une situation que l'on pourrait vivre soi-même. Le thème, bien qu'original, reste commun, toujours pour la même raison. Et si ça nous arrivait ? Saurait-on pardonner ? Saurait-on comprendre que les choses, aussi fixes et établies soient elles, que rien n'est acquis et que des éléments plus forts existent. Pas évident de pouvoir parler de ce livre tant il reste en soi comme une globalité. Quelque chose de flou qui nous parle mais dont on ne connait à la fin ni les tenants, ni les aboutissants. Surement une lutte entre le partage et l'égoïsme. Surement une lutte aussi contre l'inévitable. L'impossible retour en arrière. Le donquichottisme de l'évidence qu'on refuse. C'est efficace, ça touche. C'est bien écrit, ça parle. Un beau livre. Benjamin DUQUENNE

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