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lundi 4 janvier 2010

Liberté pour les ours ! de John Irving


Difficile de vous donner envie de lire ce livre alors qu’il m’a fallu plusieurs jours pour terminer cette lecture. Vous allez me dire, pas terrible comme début. Attendez un peu, j’adore John Irving, j’adore son originalité et ce premier roman, même s’il n’est pas très bien construit, laisse entrevoir l’étendue de son talent qui donnera lieu à des chefs d’œuvre comme l’hôtel du New Hampshire. Pour ce premier roman, soyons donc indulgent. Certes, la lecture est difficile mais on y trouve déjà l’absurde, le rocambolesque, la place de l’ours, il y a l'idée de transgression de la règle qui est un des ressorts de ces romans. Donc, je vous conseille de vous lancer dans cette lecture pour ensuite vous délecter de l’hôtel du New Hampshire ou encore du monde selon Garp. Bonne lecture.

Alexandra BERNEDE

vendredi 9 janvier 2009

Mensonges sur le divan de Irving D. Yalom

Ernest Lash, psychanalyste reconnu, est désabusé : un de ses patients, Justin, a enfin trouvé le courage de quitter sa femme - non pas grâce à ses années de travail thérapeutique, mais sur l'insistance de sa nouvelle maitresse ! Agacé et surtout troublé, Ernest s'interroge : la psychanalyse classique est-elle vraiment efficace ? N'obtiendrait-il pas de meilleurs résultats en étant plus proche des patients et en se livrant à eux, à l'encontre de toute sa formation ? Il décide de tenter l'expérience avec une nouvelle patiente. Mais cette dernière, Carol, n'est autre que l'ex-femme de Justin, bien décidée à se venger car persuadée que c'est à cause de son thérapeute que son mari l'a quittée... Déstabilisé par la relation qui s'instaure avec sa "fausse" patiente, Ernest se tourne vers son superviseur, Marshall Streider. Mais ce grand ponte, gardien du dogme, ne veut pas entendre parler de ces méthodes peu conventionnelles. D'autant plus que dévoré par l'ambition, il a d'autres préoccupations, relatives à sa carrière... Ce roman nous plonge dans l'univers fascinant de la psychanalyse. Pas de long exposé ennuyeux, mais un roman foisonnant qui traite des querelles entre différents courants, de la relation patient-soignant, d'éthique, des rivalités entre spécialistes, de la supervision, et surtout des psys eux-mêmes, en tant qu'hommes psychologiquement fragiles, loin d'avoir les réponses pour eux-mêmes ! Riche en dialogues et en introspections, c'est un livre vivant, captivant de bout en bout, qui présente l'envers du décor, et nous fait partager les doutes et les faiblesses des psys en nous permettant en quelque sorte de rentrer dans leur tête. C'est également un formidable roman à suspense, qui tient par moment du roman policier, et un chassé-croisé irrésistible, bourré d'humour. La multiplication des intrigues et des points de vue fait qu'on ne s'ennuie jamais dans ce roman dense, très bien écrit, dans un style accessible mais où l'on sent que chaque mot a été pesé. J'ai vraiment adoré ce livre, remarquablement bien construit, très drôle et extrêmement intelligent. A la fois comédie, roman à suspense, portrait au vitriol de la psychanalyse, j'ai trouvé ce récit vraiment prenant, avec ses personnages parfois un peu caricaturaux mais attachants, car tous vulnérables. L'auteur, lui-même psychiatre, connaît parfaitement son sujet et j'ai trouvé son regard certes féroce, mais percutant et stimulant. Mais quel que soit son rapport à la psychanalyse, le lecteur trouvera là un livre fantastique. Quant à moi, je compte bien me jeter sur les autres romans de cet auteur ! Fanny LOMBARD

vendredi 16 novembre 2007

Un mariage poids moyen de John Irving

Deux couples d’amis dans les années 70 : d’un côté Séverin Winter,professeur d’allemand entraîneur de lutte d’origine viennoise et Edith,écrivain ; de l’autre, le narrateur, professeur d’histoire auteur de romans historiques et sa femme Utch qui a passé son enfance à Vienne…Un beau jour ils décident d’un échange de partenaire par consentement mutuel en fonction des affinités…Et nous voici spectateurs d’un ménage à quatre, avec ses querelles, ses jalousies naissantes et passées, sans pour autant que nous nous sentions comme des voyeurs. Cette situation que l’on perçoit comme un jeu au début du roman, mais avec quand même des règles très strictes (temps d’adultère équivalent, pas de nuit complète chez l’amant…), nous apparaît peu à peu plus complexe et somme toute pas si facile à vivre, les sentiments prenant le pas sur l’aspect purement sexuel du départ…
A première vue, cela peut paraître plutôt immoral mais on a plus un sentiment de cocasse que d’indécence. En fait, tout est dans la manière dont l’auteur traite de ce sujet un peu délicat. Grâce à une écriture très libre et très légère et surtout à un humour omniprésent on a une sensation d’irréel et de pas complètement crédible au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture, notamment parce qu’il y a trop de coïncidences entre les couples pour que cela fasse vrai. Autre originalité du roman :on retrouve souvent un parallèle entre la vie et les règles du sport de lutte, que ce soit dans les attitudes, les idées, les sentiments et même les descriptions des protagonistes classés dans des catégories de poids (moyen, léger, plume, lourd). Tout cela nous donne des personnages originaux, drôles mais aussi attachants parce que tellement humains… Par contre comme l’auteur s’amuse à faire sans arrêt des allers retours entre le passé et le présent, on a un peu de mal à « rentrer » dans le roman et ce n’est pas toujours facile à suivre. J’ai découvert John Irving avec « le monde selon Garp » et l’ai beaucoup apprécié dans « une veuve de papier » ou « un enfant de la balle »…J’ai moins adhéré à celui-ci, du moins au premier abord, certainement parce qu’il fait parti des premiers écrits de l’auteur et qu’il est moins abouti que les suivants. Mais à la réflexion on passe quand même un bon moment à sa lecture et sous un aspect un peu frivole, ce roman est plus profond qu’il ne semble. Nicole VOUGNY

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