Jane Prescott, étudiante américaine à l'Université de Tokyo, est invitée à l'occasion du Nouvel An par sa camarade Chiyo Wada, dont la riche famille d'industriels a l'habitude de se réunir dans une somptue
use propriété située au pied du Mont Fuji. Mais le premier soir, le patriarche du clan est assassiné. Quand Chiyo confesse qu'elle a tué son grand-père car celui-ci avait tenté de la violer, le reste de la famille décide de la couvrir, faisant de Jane leur complice. De fausses traces de pas, un ingénieux stratagème pour retarder la décomposition du corps, et une mise en scène pour brouiller les pistes : voilà qui devrait détourner la police vers le crime d'un cambrioleur. Mais il suffit d'une petite erreur pour que tout le plan s'écroule...
De facture classique, ce court roman, facile et agréable à lire, est assez original. On n'est pas dans un Japon de carte postale (pas de futon ou de kimono), mais l'atmosphère reste particulière, et pas seulement à cause du cadre. Cela tient plutôt aux rapports entre les personnages, à l'importance accordée à la sauvegarde des apparences, au sacrifice consenti par la famille... Autant d'aspects mis en relief par la présence de Jane, seule occidentale du roman, à travers les yeux de qui nous assistons à cette histoire. C'est l'un des traits de génie de l'auteur : comme Jane, le lecteur est extérieur à la famille Wada et étranger aux liens existant entre eux. Dès le début nous savons que Chiyo est l'assassin, et nous assistons à la mise en place du plan visant à tromper la police. Comme Jane, de témoin nous devenons en quelque sorte complice. Les Wada vont-ils rester solidaires ? Chiyo sera-t-elle arrêtée ? Impossible de répondre à ces questions, d'autant plus que la vérité est peut-être bien plus complexe...
J'ai beaucoup apprécié ce livre, bien que les derniers chapitres soient peut-être un peu rocambolesques. Mais le dénouement inattendu est à la hauteur de ce récit très bien construit, au cours duquel on va de rebondissement en rebondissement. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et je me suis rarement sentie autant "impliquée" dans un roman policier, dans le sens où j'ai vraiment eu l'impression d'en être le témoin, et pas une simple lectrice. On se prend agréablement au jeu, et c'est assez rare pour faire de ce roman un divertissement de qualité.
Fanny LOMBARD
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jeudi 15 novembre 2007
mercredi 23 mai 2007
Meurtre au dix-huitième trou de John-Erich Nielsen
Sweeny, jeune inspecteur à peine sorti de l'école se voit confier l'enquête sur le meurtre d'une jeune femme retrouvée dans un bunker du plus célèbre parcours de golf du monde. Mais c'est une enquête à haut risque. On touche le petit monde clos de la PGA, organisme mondial qui régit le golf. Joueurs, organisateurs, assistants, tous peuvent être suspects. Sweeny doit prendre des gants. D'abord parce qu'il débute, que le monde où il rentre s'apparente à une piscine infestée de requins, que les vagues vers la presse sont interdites et qu'il doit, encore plus que les autres, rendre des comptes.
Sweeny va y aller, malgré tout, franco. Trop peut-être. Mais sa jeunesse, sa fougue et son air de Monsieur Tout le monde va lui permettre d'avancer et de confondre le coupable.
L'avantage de ce polar est l'univers, rarement exploité, celui du golf. Les noms ont été changés mais on retrouve parfaitement les joueurs évoluant actuellement sur le circuit, les jalousies, l'univers clos du sport et sa face cachée, hors médias.
L'inconvénient est une histoire ficelée rapidement. Certains personnages apparaissent pour disparaitre ensuite. L'histoire tient debout mais c'est maladroit.
Le livre se lit plutôt vite mais le style n'est pas là. On sent comme une certaine inexpérience. Des phrases lourdes, une mise en page parfois étrange. Parfois une grosse impression de "déjà vu". Sweeny qui consulte sa tante pour permettre de poser ses pensées fait souvent penser à un Maigret qui appelle sa femme. Les ingrédients sont pourtant là pour que ce polar fasse son effet : suspense, enquête, vie personnelle.
A conseiller pour faire passer le temps.
Benjamin DUQUENNE
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