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mercredi 6 octobre 2010

Rien de grave de Justine Lévy

C’est l’histoire d’une femme qui ne se remet pas d’une rupture difficile avec le premier de ses amants qui fut aussi son mari. Elle n’a jamais aimé d'autre homm que lui et ignore comment pouvoir à nouveau donner son amour ; une femme dont la candeur et la naïveté nous émeuvent.
Lorsque Adrien rompt avec elle, les sentiments enfantins qu’avait la narratrice s’enfuient pour laisser place au vide : un vide immense et si entêtant qu’il lui gâche la vie, elle ne peut plus pleurer, elle ne sait plus ce qu’elle désire, elle ne profite pas de la vie et en souffre.
Ce récit est celui d’une femme abîmée par son manque de confiance en elle et  à cause de son effroi de décevoir ses proches et surtout Adrien, elle sbrera dans la dépendance aux médicaments, brisée par le cancer de sa mère, la mort de sa grand-mère, l’incompréhension de sa famille, son avortement et son divorce douloureux.
 Ce récit est celui d’une personne brisée qui forcée de quitter l’enfance comprendra que pour pouvoir reconstruire il faudra émerger de sa carapace car pour accéder au bonheur, il faut parfois accepter la douleur qui va avec.

Nolwenn RAULET

mercredi 3 mars 2010

Rien de grave de Justine Lévy


Il y a eu l’enterrement de sa chère grand-mère, que Louise petite fille appelait parfois « Maman » par erreur. C’est elle qui l’avait quasiment élevée. Le cancer de sa mère aussi, un choc pour sa fille qui n’avait rien vu venir. Elle est pourtant là en face d’elle, le crâne chauve sous une magnifique perruque trompeuse, et bientôt mutilée d’un sein. Et l’avortement, à 5 mois de grossesse, parce qu’Adrien son mari ne voulait pas de ce bébé. Ils étaient trop jeunes. Sans oublier les amphétamines, car il fallait cela pour ne plus se sentir nulle face aux « Importants ». Jusqu’à l’excès. Et puis bien sur, point d’orgue à toutes ces épreuves, la trahison d’Adrien qui la quitte pour Paula « Terminator », une « vraie garce »…
Avec une écriture nerveuse faite de phrases sans fioritures, Justine Lévy revient sur son propre passé récent. Louise son héroïne, c’est bien elle. Et le lecteur reconnaitra sans peine, bien que les prénoms aient été modifiés, les autres personnalités qui jalonnent ce roman. Au risque de choquer par un style très incisif, elle exprime ses sentiments sans concession. Extrêmement lucide sur la dureté des épreuves qu’elle a traversées, elle ne sombre cependant jamais dans le mélo. Ce qui n’empêche pas ce roman de dégager tellement d’émotions qu’il en est bouleversant. Un rayon de soleil, cependant, éclaire le récit : la rencontre de Louise avec Pablo. Et l’on se surprend à espérer de toute notre âme que, enfin !,  Louise/Justine soit apaisée par cette nouvelle relation.
Le divorce entre Justine Lévy, fille de l’intellectuel  Bernard Henry Lévy, et son époux le philosophe Raphaël Enthoven (qui la quitte pour l’ex-mannequin et chanteuse Carla Bruni),  a fait beaucoup de bruits dans les médias. J’avoue avoir été très peu sensible à l’époque à ce fait-divers. Je découvre dans ce livre, écrit par Justine suite à ce traumatisme personnel, un formidable récit bien loin des articles à sensation dont sont friands les magazines people. Bien sur elle n’est pas tendre pour sa rivale, mais elle ne s’appesantit pas non plus pendant des pages et des pages sur elle. Et le livre est bien loin d’être le simple « défouloir » d’une femme trahie par son mari. Il faut savoir passer outre la couleur qu’a voulu en donner une certaine presse, pour se plonger, sans à priori négatif ou recherche du scandale, dans ce roman d’une très grande intensité.


Sophie Hérault

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