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mardi 1 avril 2008

Comme une tombe de Peter James

Michael Harrisson doit se marier dans quelques jours. Et qui dit mariage dit forcément enterrement de vie de garçons. Ce sont ses amis Josh, Robbo, Luke et Pete qui sont chargés de l’organiser. Tout commence alors par une classique tournée des bars mais les quatre compères ont envisagé une petite surprise. Robbo a emprunté à son oncle un corbillard et un cercueil. Eh oui, eh oui, vous avez bien deviné : ils ont décidé d’enterrer Michael vivant en plein milieu de la forêt. Mais rassurez-vous, pas de panique ! Evidemment il n’est pas question de le laisser enseveli indéfiniment, c’est juste pour quelques heures histoire de... Après tout Michael leur a suffisamment joué de tours pendables que maintenant c’est à eux de profiter de cette occasion pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Sauf que la petite plaisanterie va tourner au cauchemar lorsque les jeunes hommes sont victimes d’un accident de la route dans lequel ils perdent la vie. Pendant ce temps-là, Ashley Harper s’inquiète de la disparition de son fiancé mais refuse obstinément d’annuler le mariage. Bizarre se dit Roy Grace l’inspecteur chargé de l’enquête. Encore plus bizarre lorsque Mark Warren le témoin, qui n’a pas pu participer à la petite fête car son avion avait été retardé, avoue ne pas connaître le programme de la soirée.
J’ai trouvé l’idée de départ très originale et en même temps très angoissante, surtout quand on est un peu claustrophobe. Non vraiment, rien que de penser à ce type enfermé dans un cercueil, j’en frissonne encore ! Mais après tout n’est-ce pas l’essence même du thriller ? De rebondissement en rebondissement, de fausses pistes en fausses pistes, Peter James tisse machiavéliquement son intrigue et réussit habilement à tenir en haleine le lecteur jusqu’au bout avec en prime à la fin une infernale course poursuite, véritablement digne d’un film d’action hollywoodien. L’histoire, je le précise au passage, se déroule en Grande-Bretagne, mais on pourrait tout à fait la transposer aux Etats-Unis. De là à croire que ce livre a été écrit dans l’intention d’une éventuelle adaptation cinématographique, il n’y a qu’un pas. Après tout, Peter James n’a-t-il pas été scénariste dans une autre vie ? On pourrait d’ailleurs regretter ce côté un peu trop formaté pour le 7ème art. Mais au final c’est un livre vraiment haletant, passionnant et je ne me suis pas une seule fois ennuyée.
Marlène EVEN

lundi 5 novembre 2007

Meurtres en soutane de P.D James

Le commandant Dalgliesh de New Scotland Yard est envoyé au collège de théologie St Anselm pour enquêter sur la mort de Ronald Treeves, un des vingt séminaristes. Ce dernier a été retrouvé mort enseveli sous le sable au pied d’une falaise. La police locale a conclu pour une mort accidentelle, mais le père de Ronald a de sérieux doutes sur ce verdict. Si on a chargé Dalgliesh de cette affaire, c’est parce qu’il avait connu St Alnselm pour y avoir séjourné quelquefois lorsqu’il était adolescent, et aussi parce qu’il avait prévu de profiter d’une semaine de congés dans les alentours. Une fois sur les lieux, il découvre rapidement qu’il y règne une certaine tension et hostilité parmi certains résidents du collège et leurs invités.
Je trouve que l’auteure a choisi un décor très ingénieux pour ce thriller : un collège de théologie situé sur un promontoire de la côte sud-est de l’Angleterre, un endroit isolé, sombre, froid, venteux et orageux. Généralement, un tel cadre ne présage rien de bon. J’ai bien aimé cette sensation d’étouffement et d’enfermement qui émane de ce roman. On découvre ce monde reclus, cet univers silencieux, ce lieu mystique, qui provoquent une angoisse permanente. Plus on avance dans la lecture, plus on devine que derrière cette apparence paisible des ecclésiastiques, des secrets sont tus et dissimulés. L’intrigue de ce thriller est bien ficelée et subtile à la fois… Le suspense est omniprésent avec des événements graves qui se produisent dans un endroit pourtant si pieux. Il a vraiment fallu terminer l’histoire pour comprendre certains faits. Par contre, je regrette qu’il y ait trop de descriptions et de détails qui occasionnent un ralentissement de l’action. Cela n’enlève nullement la qualité de ce thriller. Ngan Dai BUI

jeudi 30 août 2007

Washington square de Henry James

Le docteur Sloper est un riche médecin de la haute bourgeoisie new yorkaise du XIXème siècle. Cet homme froid et cynique vit avec sa fille unique, Catherine, qu'il juge durement. Certes, elle n'est ni très jolie ni très intelligente, mais elle a un coeur pur et ne demande qu'à plaire à ce père qu'elle aime et craint tout à la fois. Elle rencontre un jour un jeune homme beau mais vénal, sans situation, qui a dilapidé tout son argent. Il entreprend de séduire la naïve Catherine, qui ne demande qu'à croire à la sincérité de cet amour... Mais le docteur voit clair dans le jeu du coureur de dot. Après avoir vainement tenté de raisonner sa fille, il décide de la déshériter si elle persiste à vouloir l'épouser...
Ce récit ironique, entrecoupé de dialogues percutants est d'une cruauté terrible. Comme souvent chez Henry James, ce roman ne repose pas sur une intrigue à rebondissements, mais sur l'analyse psychologique des personnages. Les portaits sonnent justes, et la complexité des rapports est très finement analysée, par exemple entre Catherine, anti-héroïne timide et effacée, peu sûre d'elle, et son père, un homme intransigeant, qui l'aime et la méprise tout à la fois mais qui l'écrase et lui brise le coeur parce qu'il est persuadé d'avoir la raison de son côté. J'ai été très touchée par Catherine, pour laquelle j'ai ressenti une grande compassion. J'aime énormément les oeuvres d'Henry James. Bien qu'il ne s'agisse pas là de son meilleur roman à mon avis, j'ai beaucoup apprécié ce style inimitable, d'une élégance rare, empreint d'une recherche du mot juste qui confère une acuité exceptionnelle au regard offert par le romancier. On peut trouver l'écriture d'Henry James précieuse et affectée : pour moi, les phrases à tiroirs et les disgressions dont il est coutumier sont une force, en ce qu'elles permettent de plonger plus profondément encore dans l'aspect psychologique du récit, et dans les états d'âme des personnages. De ce fait, on est comme pris dans un jeu de miroirs où tout est subjectif. Au lecteur de démêler l'écheveau, en fonction de son ressenti et de son vécu. Je pense en tous cas que c'est un très bon ouvrage pour découvrir cet auteur incontournable. Fanny LOMBARD

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