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mercredi 6 janvier 2010

A l'est d'Eden de John Steinbeck


L'histoire relate sur plusieurs générations la destinée de deux familles de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale. D'un côté, il y a les Trask dont l'un des personnages centraux est Adam, parti de son Connecticut natal pour s'établir dans la vallée de la Salinas attiré par l'espoir d'une vie plus douce sous le soleil de Californie. Il aura deux fils, les jumeaux Aron et Caleb dont la naissance est entourée d’un lourd secret. De l'autre, il y a les Hamilton, famille d'immigrés irlandais dont le personnage emblématique est Samuel, patriarche doux rêveur qui tente de survivre en cultivant une terre aride. Entre les deux hommes va naître une amitié pudique mais durable qui leur permettra d’affronter les moments sombres de l’existence.
Steinbeck dans cette œuvre s’attaque principalement au concept du bien et du mal avec en toile de fond les accents bibliques de l’histoire d’Abel et Caïn. Les personnages semblent se trouver de part et d'autre d'une frontière guère perméable. Il y a les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Mais plus on avance dans l'histoire plus cette frontière vacille, se fissure et finit par voler en éclats. Steinbeck sait comme personne brosser le portrait de personnages pleins et entiers et les impliquer dans des situations où se révèle leur complexité. On se laisse complètement happer par cette histoire où alternent les passages épiques et les instants de vie plus ancrés dans le réel et le quotidien.
Le récit se déroule à une époque où il n’était pas habituel de se pencher sur les sentiments ou de faire part aux autres de ses états d'âme. Et pourtant tout le livre n'est que sentiments et émotions. Des émotions violentes, fortes qui emportent tout sur leur passage.
On retrouve également ce qui fait la qualité de cet auteur majeur : un style simple et pur au service d'une grande histoire.

Rémi VIALLET

mercredi 21 janvier 2009

Des souris et des hommes de John Steinbeck

Des souris et des hommes est un roman très court, avec peu d’action, mais il sait toucher le lecteur avec son écriture basée sur les dialogues et son histoire au dénouement tragique. George et Lennie sont deux amis qui travaillent comme débardeurs dans des ranchs californiens dans les années 1930 et qui rêvent de s’acheter un peu de terre et une maison à eux. Lennie est handicapé mental mais George prend soin de lui et veille à ce qu’il ne s’attire pas trop d’ennuis. Car Lennie a un physique de colosse malgré son âme d’enfant et ne fait pas toujours la différence entre le bien et le mal… Le style de l’auteur est direct et on rentre donc d’emblée dans la vie de ces deux hommes, auxquels on s’attache très vite. En outre, le commun des débardeurs, qui se déplaçaient de ranch en ranch pour proposer leurs services au moment des récoltes, notamment, est très bien dépeint, de même que la ségrégation qui avait cours même dans cette catégorie de la population. On sent toutefois de manière diffuse que la fin ne sera pas heureuse malgré l’envie que l’on a que tout se passe bien pour les deux amis. J’ai beaucoup aimé ce roman, qui se lit extrêmement vite, tout en détestant la façon dont il se termine. C’est assez étrange parce que l’auteur parle rarement des émotions ressenties par les personnages et se contente de décrire leurs actes, mais cela ne fait que rendre encore plus forts l’attachement et la compassion que l’on éprouve pour eux. Insensiblement, on passe du rôle de lecteur distant à celui de spectateur impuissant à dévier le cours de l’histoire, et j’ai trouvé cette prouesse extraordinaire. En bref, pour moi, un petit chef d’œuvre facile à lire, écrit avec des mots simples et directs, dans lequel il faut se laisser entraîner.
Anne ALBERT

mardi 13 novembre 2007

Au dieu inconnu de John Steinbeck

Joseph, un des quatre frères Wayne, décide de quitter la ferme familiale du Vermont, d’aller enregistrer une concession en Californie, d’y construire sa maison sous un gros chêne et d’y lever une ferme. Peu après son départ, le père Wayne décède. Alors Joseph propose à ses frères Thomas, Burton et Benjamin de venir s’installer avec leur famille en Californie et ainsi d’agrandir la concession.
Joseph va rencontrer dans un premier temps Juanito qui lui fera découvrir un endroit secret dans la forêt. Cet endroit constitué d’un rocher avec de la mousse verte et d’un petit ruisseau va devenir un lieu de culte. Dans un second temps Jospeh se mariera avec Elizabeth Mc Gregor. Mais voila les mauvais jours approchent ce qui va changer le cours des existences paisibles… Ce roman m’a plu car il est agréable, émouvant et de lecture simple. Il évoque les passages de la vie par lesquels tout être humain traverse comme la séparation avec les parents ou les frères, les mariages, et les décès de gens aimés. Fidèle à lui-même, je trouve que Steinbeck a crée des personnages d’une telle authenticité qu’il m’a été impossible de ne pas apprécier des individus tels que, Joseph le meneur, Burton le religieux « extrémiste », Thomas qui adore les animaux, Benjamin qui boit sans soif, Elizabeth l’institutrice, Rama la femme de Thomas, Juanito l’ami, le père Angelo, le vieux Juan, les enfants et bien d’autres encore qui rendent ce livre vivant et lui donnent une couleur locale toute californienne. Ce livre est aussi une petite page d’histoire car j’estime qu’il a l’avantage de nous conter ce qu’était la Californie du début du siècle ainsi que le mode de vie de ces hommes et de ces femmes qui décidèrent de s’installer dans des contrées inconnues. Enfin ce roman traite d’un sujet d’actualité : la tolérance religieuse au travers les attitudes de Joseph et de Burton. Chacun croit à ce qu’il veut et pratique son culte comme il l’entend. Voilà je pense, un des nombreux messages que l’auteur a voulu faire parvenir jusqu’à nous. Edouard RODRIGUEZ

mardi 2 octobre 2007

Des souris et des hommes de John Steinbeck

George et Lenny se rendent dans un ranch où ils ont trouvé du travail. George, c’est le plus petit des deux et la tête pensante. Lenny, lui, est un géant à la force incommensurable. En soi, ce n’est pas un mauvais bougre seulement un simple d’esprit qui n’a donc pas toujours conscience des actes qu’il commet. Alors, forcément, il attire les ennuis et George et lui sont toujours obligés de fuir. Le rêve de ces deux hommes, c’est de s’offrir une ferme et d’élever des lapins - Lenny adore les lapins -. Mais pour concrétiser leur projet, ils ont besoin d’argent et ce nouvel emploi d’ouvrier agricole est une aubaine. Là-bas, ils vont y faire la connaissance de Candy, un vieil homme à qui il manque un bras et qui est tout juste bon à balayer ; de Crooks, un palefrenier noir qui loge à l’écart de ses compagnons blancs ; de Curley, le fils du patron marié à une jolie femme provocante qui aurait aimé devenir actrice. Et puis un jour… c’est le drame et tout bascule. Le roman « Des souris et des hommes » se situe juste après la Grande Dépression des années 30. C’est avec des mots tout simples, sans fioriture que Steinbeck évoque cette Amérique rurale pauvre et qu’il nous dresse une galerie de portraits de personnages plus paumés les uns que les autres. C’est vrai qu’ils ont tous l’air pathétique dans leur misérable vie, que j’ai eu envie de m’apitoyer sur leur sort mais quelque part, je me suis senti attendrie, touchée et je me suis mise à rêver avec eux, à espérer jusqu’à cet évènement tragique qui nous ramène cruellement à la réalité et cette fin si bouleversante que je ne pouvais être qu’émue aux larmes. Ce que j’ai aussi particulièrement apprécié dans ce court roman c’est cette façon qu’a l’auteur d’aborder des thèmes comme le racisme, la différence, l’amitié tout en nuances, sous-entendus ou non-dits.
Marlène EVEN

lundi 25 juin 2007

Les naufragés de l'autocar de John Steinbeck

Un chauffeur de bus Juan Chicoy, son apprenti-mécanicien Boutonneux et un autocar nommé «Bien Aimé ». Un décor typiquement « steinbeckien » : l’arrière pays californien des années 40. Des passagers représentant le microcosme américain de l’époque réunis pour un voyage allant du Coin-des-Rebelles à San Juan. Ce voyage qui va tourner au périple emmènera, les voyageurs et les voyageuses, à se poser des questions sur leurs existences. Ce roman est facile et agréable à lire. Les descriptions des personnages, leurs situations personnelles, et professionnelles sont dépeintes avec précision tout comme les paysages californiens d’ailleurs. En lisant ce livre, j’ai trouvé que Steinbeck faisait de nous, des passagers de cet autobus. Je me suis pris de sympathie pour les rêves de cinéma de Norma, ai reluqué Camille et compris sa détresse, ai trouvé les Pritchard coincés, ai vu dans Van Brunt un vieillard aigri. Ce qui m’a plu également ce sont les quelques pages où, l’auteur nous narre l’histoire du Coin-des-Rebbelles et « du vieux chemin du temps du Far West », que l’autobus va être obligé de prendre. Le chapitre dédié à la saoulerie d'Alice, la femme de Juan, est pathétique et hilarant. Là réside un des tours de passe-passe de l'auteur pour nous faire rire tout en nous apitoyant sur le triste sort d'Alice. Ce livre entraîne à une réflexion sur la vie. Il y a ceux qui trouve que le train train quotidien est à la longue pesant et frustrant, ceux qui en ont assez de vivre toujours sans attache et sans chez soi. Edouard RODRIGUEZ

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