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mercredi 9 décembre 2009

Où sont les hommes ? de Terry McMillan

Quatre amies blacks de Phoenix (Arizona), autant sexy que célibataires, proches de la quarantaine, dotant chacune d’une personnalité bien épicée, espèrent pour la plupart trouver l’âme sœur, mais avant tout, doivent faire face, pour chacune d’entre elles, à une situation familiale spécifique qui n’est pas toujours facile à orchestrer. Bernadine, fraîchement divorcée, doit assumer seule l’éducation de ses deux jeunes enfants ; Gloria, mère célibataire, gère comme elle peut la période d’adolescence de son fils Tarik de 17 ans ; quant à Robin, la plus dévergondée des quatre, mène sa vie amoureuse se manière très instable ; et enfin Savannah, récemment installée dans la ville, se demande si elle y trouvera l’homme de sa vie…
J’ai plus qu’adorer ce roman de Terry McMillan « Où sont les hommes », qui nous fait connaître la vie d’une petite communauté noire de Phoenix, avec ses associations comme le Mouvement des femmes noires, et nous fait suivre les aventures palpitantes de ces quatre copines dynamiques et débordantes d’énergie. Ce sont des femmes modernes des années 90 qui savent profiter de l’existence à leur façon et ne s’encombrent pas toujours avec les principes moraux, surtout lorsqu’elles rencontrent de beaux « étalons noirs ». Solidaires, elles savent se réconforter mutuellement et s’entraident dans les moments difficiles, notamment par des confidences ou des conseils bien avisés. Elles ne se laissent pas submerger par des problèmes qu’elles rencontrent au quotidien.
J’ai trouvé que l’histoire elle-même est intéressante et captivante, car l’auteur aborde des sujets certes classiques, mais très réalistes comme le célibat, le divorce, l’infidélité, la trahison, les mères célibataires, l’éducation des enfants, l’homosexualité, et bien sûr l’amitié avec un grand « A ».  Mais l’élément ce qui m’a le plus touchée est la terrible maladie d’Alzheimer du papa de Robin que je trouve vraiment terrible. J’espère que mes proches ne seraient jamais touchés par cette pathologie.
Le récit est facile à lire et à comprendre, le vocabulaire utilisé est à portée de tout le monde, et les événements s’enchaînent rapidement les uns derrière les autres, rythmés par des chapitres narrés par les quatre protagonistes chacune à leur tour. Cela permet ainsi de saisir les sensations et les émotions de manière profonde de Bernadine, Gloria, Robin et Savannah. Et puis, ces dernières sont drôles, sympathiques et tellement attachantes. On ne peut que les apprécier.
Tout comme l’autre ouvrage que j’ai lu de Terry McMillan « A la bourre et sans un rond », je n’ai pas été déçue par « Où sont les hommes » et je le conseille, c’est un très bon roman.

Ngan Dai GRAMOLINI

jeudi 26 novembre 2009

Les hommes du tsar de Vladimir Volkoff

C'est une tranche de l'histoire russe que nous conte ici Vladimir VOLKOFF. L'action de ce volume débute vers 1567 et s'achève vers 1592. Ivan IV le Terrible est tsar depuis 1547, il a conquis Khazan et Astrakhan sur les Tartares et se conçoit comme le caesar de la troisième Rome, oint par l'Eglise orthodoxe russe qui est son thuriféraire. Il crée le corps des streltsy, sa garde rapprochée que l'on pourrait comparer à des tontons macoutes sanguinaires, racketteurs et sans limites. Ivan IV leur jette en pâture les opritchinas, territoires où les streltsy pouvaient dépouiller les boyards de leurs biens pour mieux museler ces agitateurs rivaux du tsar. En 1570, Novgorod est immolée par ces sauvages. Après avoir tué son fils aîné et successeur légitime dans un accès de colère en 1581, Ivan IV trépasse en mars 1584. Féodor 1er lui succède assisté de Boris Godounov qui exerce la réalité du pouvoir. Au lecteur de découvrir les rebondissements de la fin.
Les piliers de ce roman sont les personnages principaux: Psar le dresseur de chiens, exécuteur des hautes œuvres du Tsar Ivan qui sème la terreur par le knout, le pal, les chaudrons bouillants , la noyade, la décapitation et la pendaison. Boris Godounov, qui de campagnard naïf et idéaliste se transforme en homme d'Etat madré sur le tard. Il n'y a non seulement les personnages centraux, piliers de cette basilique byzantine qu'est cet ouvrage mais encore le vocabulaire savant voire précieux de l'auteur, ses descriptions presque caricaturales (cf Gogol) des personnages masculins, poétiques et délicates des personnages féminins (Pouchkine), lyriques et évocatrices des chevaux et des paysages, sombres et tragiques des destins et des tourments de l'âme (Dostoïevsky). C'est un peu gore par moment, l'écrivain a voulu donner dans l'humour noir très russe, je suppose.
C'est un grand roman d'un maître écrivain qui nous captive, même si l'on s'ennuie un tout petit peu après la mort d'Ivan, pour finir en beauté par la rencontre de Boris et de l'ermite.
Il y a plein de réminiscences littéraires et sans doute musicales et cinématographiques dans ce roman historique. A lire, foncez!


Gwenaël CONAN

mercredi 21 janvier 2009

Des souris et des hommes de John Steinbeck

Des souris et des hommes est un roman très court, avec peu d’action, mais il sait toucher le lecteur avec son écriture basée sur les dialogues et son histoire au dénouement tragique. George et Lennie sont deux amis qui travaillent comme débardeurs dans des ranchs californiens dans les années 1930 et qui rêvent de s’acheter un peu de terre et une maison à eux. Lennie est handicapé mental mais George prend soin de lui et veille à ce qu’il ne s’attire pas trop d’ennuis. Car Lennie a un physique de colosse malgré son âme d’enfant et ne fait pas toujours la différence entre le bien et le mal… Le style de l’auteur est direct et on rentre donc d’emblée dans la vie de ces deux hommes, auxquels on s’attache très vite. En outre, le commun des débardeurs, qui se déplaçaient de ranch en ranch pour proposer leurs services au moment des récoltes, notamment, est très bien dépeint, de même que la ségrégation qui avait cours même dans cette catégorie de la population. On sent toutefois de manière diffuse que la fin ne sera pas heureuse malgré l’envie que l’on a que tout se passe bien pour les deux amis. J’ai beaucoup aimé ce roman, qui se lit extrêmement vite, tout en détestant la façon dont il se termine. C’est assez étrange parce que l’auteur parle rarement des émotions ressenties par les personnages et se contente de décrire leurs actes, mais cela ne fait que rendre encore plus forts l’attachement et la compassion que l’on éprouve pour eux. Insensiblement, on passe du rôle de lecteur distant à celui de spectateur impuissant à dévier le cours de l’histoire, et j’ai trouvé cette prouesse extraordinaire. En bref, pour moi, un petit chef d’œuvre facile à lire, écrit avec des mots simples et directs, dans lequel il faut se laisser entraîner.
Anne ALBERT

mardi 2 octobre 2007

Des souris et des hommes de John Steinbeck

George et Lenny se rendent dans un ranch où ils ont trouvé du travail. George, c’est le plus petit des deux et la tête pensante. Lenny, lui, est un géant à la force incommensurable. En soi, ce n’est pas un mauvais bougre seulement un simple d’esprit qui n’a donc pas toujours conscience des actes qu’il commet. Alors, forcément, il attire les ennuis et George et lui sont toujours obligés de fuir. Le rêve de ces deux hommes, c’est de s’offrir une ferme et d’élever des lapins - Lenny adore les lapins -. Mais pour concrétiser leur projet, ils ont besoin d’argent et ce nouvel emploi d’ouvrier agricole est une aubaine. Là-bas, ils vont y faire la connaissance de Candy, un vieil homme à qui il manque un bras et qui est tout juste bon à balayer ; de Crooks, un palefrenier noir qui loge à l’écart de ses compagnons blancs ; de Curley, le fils du patron marié à une jolie femme provocante qui aurait aimé devenir actrice. Et puis un jour… c’est le drame et tout bascule. Le roman « Des souris et des hommes » se situe juste après la Grande Dépression des années 30. C’est avec des mots tout simples, sans fioriture que Steinbeck évoque cette Amérique rurale pauvre et qu’il nous dresse une galerie de portraits de personnages plus paumés les uns que les autres. C’est vrai qu’ils ont tous l’air pathétique dans leur misérable vie, que j’ai eu envie de m’apitoyer sur leur sort mais quelque part, je me suis senti attendrie, touchée et je me suis mise à rêver avec eux, à espérer jusqu’à cet évènement tragique qui nous ramène cruellement à la réalité et cette fin si bouleversante que je ne pouvais être qu’émue aux larmes. Ce que j’ai aussi particulièrement apprécié dans ce court roman c’est cette façon qu’a l’auteur d’aborder des thèmes comme le racisme, la différence, l’amitié tout en nuances, sous-entendus ou non-dits.
Marlène EVEN

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