vendredi 8 janvier 2010

Des feux mal éteints de Philippe Labro


Journaliste de profession  notre appelé (dont le prénom n’est jamais cité dans le roman) quitte Paris, ses virées nocturnes, pour aller faire la guerre en Algérie, et rejoint Alger via Marseille. Une fois en Afrique, il fait la connaissance  de ses nouveaux collègues François, Travaire et Spragenbaum. Son métier de journaliste lui évite dans un premier temps d’être directement au cœur des combats mais il les voit de suffisamment près pour se rendre compte que la guerre fauche chaque jour des vies.
Par ailleurs il rencontre un ancien ami de la métropole Sébastien qui lui raconte ses expériences macabres du terrain.
Mais voila que François est assassiné, lui qui faisait partie d’une organisation pour la paix, que Sébastien rentre en France service militaire fini et pour avoir désobéi notre appelé-journaliste se retrouve au CCT 13 caserne dont la réputation n’est plus à faire. Alors commence une drôle de vie avec des rencontres toujours intéressantes et instructives.
Ce roman est plaisant à lire et raconte une page de l’histoire de France intéressante. Il nous montre de l’intérieur un pays en pleine mutation politique avec des clans : les français d’Afrique, les français de métropole, l’OAS, le FLN et les civils qui  essaient de vivre dans tout ce marasme. On s’aperçoit très rapidement que les appelés sont pris en tenaille entre ces différentes parties et que cela les déstabilise fortement alors qu’ils n’ont rien demandé.
Les descriptions d’Alger, des plages, de la vie au quotidien sont pleines de chaleur et on y retrouve parfois une certaine nonchalance toute méditerranéenne au milieu de tant d’actes abominables.
 J’ai apprécié également la façon qu’a l’auteur de décrire le départ, les peurs, les angoisses des Pieds –Noirs ainsi que le retour des soldats en métropole après la démobilisation  que certains ne peuvent supporter.

Edouard RODRIGUEZ

jeudi 7 janvier 2010

La première enquête de Montalbano de Andrea Camilleri


Un lundi matin, un poisson est retrouvé exécuté d’une balle dans la tête avec un message étrange sous le corps. Une semaine plus tard c’est un chien qui est retrouvé dans les mêmes conditions, puis c’est un âne puis un éléphant…La plupart des personnes y voit une plaisanterie mais le commissaire Montalbano s’en inquiète et mène l’enquête. Tel est le point de départ, un peu loufoque il est vrai, de la première des trois enquêtes qui nous sont proposées dans ce livre (Les sept lundis). La deuxième nous raconte la première énigme à laquelle le commissaire a été confronté lors de sa nomination dans la petite ville de Vigara en Sicile (La première enquête de Montalbano). Dans la troisième enfin, le commissaire approfondit une histoire de disparition de fillette résolue un peu trop vite à son goût (Retour aux origines).
Les trois récits réunis dans ce livre relatent en fait les débuts de Montalbano en tant que commissaire. Le point commun de ces histoires est leur origine qui n’est pas, comme dans beaucoup de romans policiers un crime de sang, mais simplement un fait divers qui aurait pu en rester là sans l’intuition, le don d’observation du commissaire Montalbano. En nous présentant ces trois enquêtes en particulier, l’auteur cherche à nous faire cerner la  personnalité de ce commissaire atypique. Nous découvrons ainsi sa façon de travailler avec ses méthodes peu orthodoxes au regard des lois et des procédures en vigueur (mais après tout, nous sommes en Sicile) mais aussi ses goûts personnels comme son amour de la bonne cuisine, de la lecture ou des promenades digestives au bord de mer, son attitude un peu désinvolte et retenue envers les femmes qui cache sa peur de perdre sa liberté de mouvement, son flegme, son irritabilité, sa détermination et surtout sa profonde humanité…
La façon d’écrire peut paraître surprenante, voire déconcertante au premier abord, avec des tournures de phrases un peu étonnantes. Cela s’explique par le fait que l’auteur dans la version originale utilise le sicilien, l’italien et un dialecte local. On imagine bien qu’au niveau de la traduction, il n’est pas facile de faire ressortir ces nuances de langage. Je suis sure que l’on gagnerait beaucoup à pouvoir lire ce livre en italien. Malgré cela, une fois que l’on s’est habitué à cette écriture, on en devient vite adepte. Il me semble même que le rendu ne serait pas le même sans cette particularité. En effet l’atmosphère si caractéristique à la Sicile et aux siciliens passe merveilleusement bien au fil des mots, des réflexions et des dialogues des différents protagonistes. En résumé, j’ai lu trois récits bien sympathiques qui m’ont donné grande envie de découvrir d’autres aventures du commissaire Montalbano.

Nicole VOUGNY

Le changement social de Guy Rocher


Trois problèmes dominent la recherche théorique et empirique en sociologie générale : ceux de l'action, de l'organisation et du changement social. Dans ce volume consacré au changement social et à l'action historique sont étudiés : les problèmes de la sociologie de l'historicité, les facteurs, les conditions et les agents du changement social ; les notions d'industrialisation, de développement et de modernisation ; le système colonial et la décolonisation ; enfin les processus révolutionnaires.
En consacrant la totalité de son troisième tome de son « Introduction à la sociologie générale », à la notion de changement social (qui a traversé toute son œuvre), l’auteur rédigé un ouvrage qui lui a valu une réputation internationale.
De manière très synthétique et concrète, cet « homme d’action et homme d’études », (Entretiens avec Georges Khal, 1989), nous propose, au début de son œuvre, de voir le changement social comme « toute transformation observable dans le temps, qui affecte, d’une manière qui ne soit pas que provisoire ou éphémère, la structure ou le fonctionnement de l’organisation social d’une collectivité et modifie le cours de son histoire » (p. 22).
A partir de cette définition, il va nous emmener sur les routes sinueuses du changement en nous apportant, au fur et à mesure de notre avancée, des éclaircissements sémantiques et méthodologiques.
Tout au long de la lecture de cet ouvrage, avec tout son talent, l’auteur arrive à vulgariser ses propos pour les rendre accessibles à tous ceux qui sont intéressés par la question complexe du changement dans notre société.

Pierre SECOLIER

mercredi 6 janvier 2010

A l'est d'Eden de John Steinbeck


L'histoire relate sur plusieurs générations la destinée de deux familles de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale. D'un côté, il y a les Trask dont l'un des personnages centraux est Adam, parti de son Connecticut natal pour s'établir dans la vallée de la Salinas attiré par l'espoir d'une vie plus douce sous le soleil de Californie. Il aura deux fils, les jumeaux Aron et Caleb dont la naissance est entourée d’un lourd secret. De l'autre, il y a les Hamilton, famille d'immigrés irlandais dont le personnage emblématique est Samuel, patriarche doux rêveur qui tente de survivre en cultivant une terre aride. Entre les deux hommes va naître une amitié pudique mais durable qui leur permettra d’affronter les moments sombres de l’existence.
Steinbeck dans cette œuvre s’attaque principalement au concept du bien et du mal avec en toile de fond les accents bibliques de l’histoire d’Abel et Caïn. Les personnages semblent se trouver de part et d'autre d'une frontière guère perméable. Il y a les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Mais plus on avance dans l'histoire plus cette frontière vacille, se fissure et finit par voler en éclats. Steinbeck sait comme personne brosser le portrait de personnages pleins et entiers et les impliquer dans des situations où se révèle leur complexité. On se laisse complètement happer par cette histoire où alternent les passages épiques et les instants de vie plus ancrés dans le réel et le quotidien.
Le récit se déroule à une époque où il n’était pas habituel de se pencher sur les sentiments ou de faire part aux autres de ses états d'âme. Et pourtant tout le livre n'est que sentiments et émotions. Des émotions violentes, fortes qui emportent tout sur leur passage.
On retrouve également ce qui fait la qualité de cet auteur majeur : un style simple et pur au service d'une grande histoire.

Rémi VIALLET

La chambre ardente de John Dickson Carr


A 56 ans, Miles Despard est décédé d'une gastro-entérite. Mais son neveu Mark a des raisons de croire que sa mort n'est pas naturelle, et qu'il a été empoisonné à l'arsenic. Avec ses amis Ted, éditeur, et Tom, médecin, il décide d'exhumer le corps afin de réaliser une autopsie. Mais le cercueil est vide ! Mark est d'autant plus troublé qu'une des domestiques lui a confié avoir vu le défunt s'entretenir, juste avant sa mort, avec une femme portant un costume du XVIIème siècle, et qui a quitté la pièce par un porte condamnée... Autre mystère : Ted découvre dans un manuscrit la photo d'une femme, homonyme de son épouse, qui lui ressemble trait pour trait...guillotinée en 1861 pour avoir empoisonné son amant à l'arsenic! Est-ce une plaisanterie ? Une mise en scène ? Faut-il
chercher une explication rationnelle, ou est-ce une histoire de revenants et de sorcellerie ? Les nerfs lâchent, les suspiscions vont bon train, et personne ne sait que penser.
Ce roman est donc une énigme policière, dans la lignée des crimes en chambres closes. Bien que datant de 1937 et s'il a un peu vieilli, le style reste agréable. Le récit proprement dit alterne avec de nombreux dialogues, qui le rendent vivant et facile à lire. Malgré les nombreux personnages, on s'y retrouve facilement, et on s'attache vite au héros, Ted, à travers les yeux duquel on suit cette enquête, prenante et palpitante de bout en bout. Les rebondissements et révélations se succèdent, et l'on sent bien l'ambiance étouffante de ce huis-clos. Tout comme les personnages, on ne sait que croire, entre surnaturel ou explication rationnelle. C'est d'ailleurs la grande originalité de ce roman, qui oscille en permanence entre les deux extrêmes, au point que même le dénouement ne permet pas de se faire une idée définitive, ouvrant la porte à plusieurs interprétations.
Ce livre m'a beaucoup plu. S'il m'a évoqué Agatha Christie et Gaston Leroux, il m'a surtout bluffée par ce mélange entre fantastique et rationnel, brouillant les repères et rendant la suite impossible à deviner. Sans compter que la construction de l'énigme elle-même, très subtile et très intelligente, m'a complètement convaincue. Quant à l'ultime chapitre, qui balaye à nouveau toutes les certitudes, il m'a laissée perplexe, mais m'a enchantée ! Pour ma part, j'ai tiré ma propre conclusion... mais je ne suis toujours pas certaine d'avoir la bonne réponse !

Fanny LOMBARD

mardi 5 janvier 2010

Progrès technique et changement social de Yves Grafmeyer et Danielle Dehoux



Ce petit livre (80 pages) permet d’avoir dans un même ouvrage l’essentiel de deux notions inséparables (le progrès technique est en effet considéré, en particulier depuis le XIX siècle, comme un facteur déterminant du changement social).
Dans leur ouvrage, les auteurs commencent par un éclaircissement bien utile sur des notions telles que le progrès, l’évolution et le changement. Une fois ces bases posées, ils partent à la découverte de l’innovation (ses conditions, sa diffusion) avant de se pencher sur les techniques de travail et sur leurs effets.
La petite taille de l’ouvrage alliée à la rigueur scientifique des deux auteurs donne à ce livre une place importante dans la bibliothèque de tous les étudiants en sociologie et en économie.

Pierre SECOLIER

Le diable s'habille en Prada de Lauren Weisberger


Andréa, jeune fille de 23 ans, tout juste sortie de ses études décroche le poste d'assistante personnelle de Miranda Priestly. Oui! de Miranda Priestly! La plus grande figure de la mode, la célèbre et appréciée rédactrice en chef de Runway (le magazine le plus en vue de toute bonne personne qui s'intéresse, un peu soit-il à la mode.)
Andy alias Andréa, croit avoir décroché le poste rêvé, car on lui promet qu'au bout d'une année de bons et loyaux services envers Miranda, celle-ci pourra lui ouvrir toutes les portes pour accéder au travail de ses rêves.
Mais Miranda requiert une attention exclusive de ses assistantes, elles doivent être disponibles à toutes heures du jour et de la nuit, sept jours sur sept pour elle.
Par conséquent, Andy n'est plus disponible pour ses proches, elle s'en éloigne.
Andy choisira t'elle de privilégier cette femme hautaine et exécrable qu'est Miranda pour sa carrière au dépends de son petit-ami, de sa famille et de sa meilleure-amie?
Ce livre est tout bonnement génial! Très agréable à lire, rempli d'humour et très léger, il nous fait passer d'excellents moments!
L'univers de la mode nous y est montré comme un univers de classe et de strass mais peuplé de garces qui affectionnent les coups bas. Cependant l'hilarité nous gagne facilement quand on lit certains passages. Ce livre est à lire, absolument!

Nolwenn RAULET

lundi 4 janvier 2010

Liberté pour les ours ! de John Irving


Difficile de vous donner envie de lire ce livre alors qu’il m’a fallu plusieurs jours pour terminer cette lecture. Vous allez me dire, pas terrible comme début. Attendez un peu, j’adore John Irving, j’adore son originalité et ce premier roman, même s’il n’est pas très bien construit, laisse entrevoir l’étendue de son talent qui donnera lieu à des chefs d’œuvre comme l’hôtel du New Hampshire. Pour ce premier roman, soyons donc indulgent. Certes, la lecture est difficile mais on y trouve déjà l’absurde, le rocambolesque, la place de l’ours, il y a l'idée de transgression de la règle qui est un des ressorts de ces romans. Donc, je vous conseille de vous lancer dans cette lecture pour ensuite vous délecter de l’hôtel du New Hampshire ou encore du monde selon Garp. Bonne lecture.

Alexandra BERNEDE

Le chat qui parlait malgré lui de Claude Roy


Imaginez-vous un chat, ayant pour maître un jeune garçon, du nom de Thomas, et vivant une vie simple et heureuse dans sa famille humaine. Jusque là, rien d’extraordinaire…
Pas tout à fait en fait, parce que ce chat est un descendant de la lignée des Mac Kitycat, ce n’est tout de même pas rien, n’est-ce pas ? Pas encore convaincu !
Alors imaginez-vous que le quatorzième duc de Garth Mac Kitycat, que nous appellerons, comme ses intimes, « Gaspard » en toute  simplicité, se promène tranquillement un matin dans le jardin…
Quoi ce récit à l’air ennuyeux, que nenni !
Je reprends, imaginez que ce brave Gaspard se promenant se rende soudainement compte qu’il est capable de … parler ! Oui, oui vous avez bien lu, parler, mais attention pas comme un chat, pas du tout, parler comme vous et moi, comme un humain en somme. Quel choc pour l’animal, et pour le lecteur par la même occasion !
Problème : que faire lorsque l’on est un chat et que l’on parle, bref, lorsque l’on devient un phénomène unique. Heureusement, Gaspard peut partager son secret avec son jeune ami Thomas et ensemble ils vont élaborer mille stratagèmes pour dissimuler ce don que notre cher « ami chat » conçoit plus comme un fardeau.
Il faut donc que personne n’apprenne, que personne ne se doute, mais pas facile de cacher un si lourd secret aux parents de Thomas, pas facile de tenir sa langue… de chat : les mots ont un pouvoir difficile à maitriser pour un chat non initié... lorsque l’on sait parler, il faut surtout savoir se taire ou gare aux problèmes, oui mais pour qui ?
Et si finalement cette situation cocasse finissait par être un poids pour nos héros…  et si cette histoire si bien commencée, si drôle et si fantaisiste se terminait mal pour notre héros-chat ? Impossible, Claude Roy ne nous ferait pas ça, il aime trop les lecteurs (quelque soit leurs âges) et les chats, cela va de soi !
Alors lorsque tout semble aller de travers, nos travers se révèlent parfois être nos sauveurs et le chat parleur parlera enfin à bon escient !
Un livre à dévorer sans modération, pour ensuite se pourlécher du plaisir d’en parler à ses amis !

Johann BATSLEER

dimanche 3 janvier 2010

L'homme des jeux de Iain M. Banks

Jernau Morat Gurgeh est un joueur-de-jeux exceptionnel : Quel que soit le jeu fondé sur la stratégie ou le calcul, il domine ses adversaires. Mais dans la Culture, cette vaste société galactique pacifique et anarchiste, il s'ennuie et manque de nouveaux défis pour donner un sens à son existence. La mystérieuse section Contact, spécialiste de l'évaluation des civilisations étrangères, lui apprend alors l'existence d'un jeu merveilleusement complexe : Le jeu d'Azad est la clé de voûte de l'empire d'Azad, déterminant la place de chacun dans la société ; au plus haut niveau, il décide également du prétendant au trône. Moitié captivé, moitié contraint, Gurgeh accepte d'apprendre le jeu et de traverser la galaxie pour participer à un tournoi quinquennal où il représentera la Culture.
Le livre démarre doucement, présentant le héros et son cadre de vie. Mais passé le premier tiers du roman, dès que Gurgeh arrive dans l'Empire, tout s'accélère. Il joue à l'Azad bien sûr, mais se rend également compte que la section Contact se joue de lui (sans jeu de mots !). Surtout il découvre une société nouvelle, qui a des valeurs très différentes des siennes. Ceci nous permet de découvrir non seulement l'Empire, mais aussi la Culture, qui sont deux sociétés complètement opposées. L'Empire est agressif, très hiérarchisé et exploite à outrance les classes inférieures. La Culture elle est très avancée techniquement et socialement : La notion de propriété n'existe plus, les gens peuvent changer de sexe à volonté et les Intelligences Artificielles ont le statut de personnes. Clin d'oeil humoristique, les noms de vaisseaux – qu'ils choisissent eux-mêmes en fonction de leur personnalité - sont particulièrement cocasses : "Mais oui, je t'aime !" ou "Veuillez consulter la notice" par exemple.
Le style est très plaisant : un vocabulaire simple, beaucoup de dialogues, des paragraphes courts. Le lecteur n'est pas enseveli dans de complexes explications  sur les deux univers opposés ; au contraire, l'auteur nous immerge dedans au travers des aventures du héros, et on ne s'ennuie pas une seconde à le suivre dans ses pérégrinations. L'aspect humoristique est assuré par le compagnon de voyage du héros, le drone Flère-Imsaho : Râleur et agaçant, il agace Gurgeh mais divertit le lecteur !
Ce roman, qui fait partie du célèbre cycle de la Culture imaginé par Iain M. Banks, vous fera donc passer un moment tout  à la fois agréable et intéressant, et fait certainement partie de la bibliothèque de SF idéale.

Marie-Soleil WIENIN

Les affranchis de Nicholas Pileggi


Nicholas PILEGGI est un journaliste expert du grand banditisme aux Etats Unis, il connaît tout des grandes familles de la mafia et de la mentalité criminelle.
L'avocat de Henry HILL, "affranchi" de la mafia New Yorkaise, prend contact avec lui pour que soit relaté sa vie et ses activités, avant de changer d'identité et de profiter du programme de protection des témoins.
Henry HILL est le fils d'un ouvrier irlandais et d'une Sicilienne, son extraction maternelle lui vaut d'être accepté par le caïd du quartier Tuddy VARIO, il rend service comme coursier puis chauffeur, puis prend une part de plus en plus active dans les combines en tout genre: jeux, rackets, vol de camions, drogue, cambriolages, règlements de compte violents et sanglants, tuerie par la Murder Incorporated et prostitution of course. Entre deux opérations, il trouve le temps de faire la fête et même de se marier, qui l'eût cru?
C'est une galerie de spécimens d'humanité, de situations cocasses et de grande violence pour psychopathes. Il n'y a pas d'exagération dans ce récit très documenté comme savent le faire les Américains, précis au scalpel et glacial parfois comme une morgue. Vous saurez tout sur l'art de tuer, avec ou sans arme non immatriculée qui sert une fois seulement pour éviter les recoupements balistiques et de se débarrasser d'un cadavre sans se faire prendre par les "experts". Y'a pas à dire c'est un vrai métier. Ils ont une façon bien à eux de dépasser leurs objectifs, de conquérir des parts de marché, de régler les conflits commerciaux et de se faire les nerfs à coup de pelle et de gros calibres.Une réussite: l'argent. Une erreur: la mort. Instructif. Martin SCORSESE en a réalisé un film fameux.
Encore heureux qu'ils n'ont pas déployé leurs talents en France, tiens ça m'aurait presque plu d'en connaître quelques- uns.

Gwenaël CONAN

samedi 2 janvier 2010

Misery de Stephen King


Paul Sheldon, l'écrivain adoré de ses dames pour ses romans romantiques, après un violent accident de voiture se fait recueillir et soigner par Annie Wilkes, son adminatrice n°1.
Mais très vite Paul se rend compte que son hôte est totalement folle et qu'elle le séquestre.
Très mécontente que l'écrivain ait tué son héroine préférée (Misery), elle va torturer le pauvre Paul, qui devra ressusciter Misery dans un dernier ouvrage destiné uniquement à Annie. Et il a tout intérêt à y arriver car sinon elle n'aurait aucun remord à le tuer.
Là, Paul Sheldon est sujet à une véritable course: "Ecrire pour vivre."
Ce roman est vraiment très angoissant! A des moments le suspens est tel qu'il nous est impossible de fermer ce livre. On se ronge les ongles du début jusqu'à la fin. Mais il est vraiment super! Le fil de l'histoire est passionnant!
Aux amateurs de frissons et de suspens: Ce livre est à lire, absolument!

Nolwenn RAULET

Vendues ! de Zana Mushen


Zana et Nadia, deux sœurs d’une quinzaine d’années, habitant Birmingham au Royaume Uni, partent en vacances d’été au Yémen dans la famille de leur père.
Soleil, plage, découvertes des traditions … tout un  programme !
Mais les vacances des deux jeunes adolescentes ne vont pas se passer comme prévues. Elles vont découvrir un nouveau pays des traditions encore plus insupportables que le climat.
Elles vont affronter, du haut de leurs jeunes âges, l’Enfer : les insultes, les coups, le chantage, l’esclavagisme…
Peur, répugnance, haine et abjection sont les seuls sens qui les habitent et les animes pour tenter de survire.
Elles finiront par découvrir qu’elles ont été vendues par leur père pour 100 000 rials.
C’est un récit autobiographique très poignant duquel il est difficile de s’arrêter à la fin d’un chapitre, comme si on ne voulait pas laisser Zana et Nadia seules.
Pages après pages, on partage leurs vies : leurs souffrances, leurs désirs, leurs (rares) joies et leurs peines.
J’ai beaucoup aimé ce livre, de part son écriture (même si certains mots et passages sont parfois durs) mais aussi pour le message qu’il fait passer.

Marion BATSLEER

vendredi 1 janvier 2010

La vie quotidienne à Rome à l'apogée de l'Empire de Jérome Carcopino


De la Rome Antique, nous avons tous quelques images comme le franchissement du Rubicon par César ou les persécutions des premiers Chrétiens. Mais de la vie de ses habitants, nous n'avons souvent qu'une vague idée faite de clichés. Ce livre présente le quotidien de ceux qui vivaient à Rome, à la fin du Ier siècle. Définissant un cadre spatio-temporel précis, il étudie la ville elle-même, le cadre de vie (monuments, logements, étendue...), les habitants, le mariage, l'évolution de la place de la femme, la morale, l'éducation, la culture et les croyances, avant de nous plonger dans la journée-type d'un Romain. On découvre son rapport au temps, ses occupations, ses loisirs, son alimentation, etc. au fil de la journée, du lever au coucher, en passant par les Thermes, le Cirque et le Forum, de nombreux exemples tirés de textes d'époque à l'appui.
Ce livre est un ouvrage dense, foisonnant, qui passe au crible la plupart des aspects de la vie à Rome à l'apogée de l'Empire. On sent que l'auteur est un spécialiste du sujet, qu'il présente avec de longues descriptions, une grande précision et des études approfondies des thèmes abordés. La construction de l'ouvrage est très académique, et la lecture est parfois un peu lassante, pas très vivante en tous cas. Malgré cela, on comprend que ce livre fasse référence : chacun des thèmes est extrêmement fouillé et la réflexion et l'étude sont riches. Si le public visé semble être celui des étudiants en Histoire, il reste facile à lire, dans un langage clair, et bien que parfois un peu ennuyeux pour les profanes, il a le mérite de développer tous les aspects des questions abordées : certains passages éclairent vraiment sur la Société et la Civilisation, apportant une nouvelle perspective sur l'Histoire de Rome.

Ce livre m'a beaucoup intéressée : j'y ai trouvé une mine de renseignements et je comprends mieux le monde romain. Certains passages sont plus prenants que d'autres, mais l'auteur emploie toujours un langage clair ou définit les termes plus complexes. Le seul reproche que j'aurais à faire à cet ouvrage est qu'il m'a semblé qu'il évaluait la Société romaine selon des critères assez discutables, portant un regard parfois un peu trop moralisateur, en tous cas assez subjectif. Mais une fois que j'en ai fait abstraction, la vue d'ensemble m'est apparue très enrichissante. 

Fanny LOMBARD

Emma de Jane Austen


Publié en 1815, ce roman retrace la vie des jeunes femmes à l’ère Victorienne. Emma vit avec son père dans un petit village anglais. Elle n’a aucun souci, des amis fidèles, une ancienne gouvernante qui est aussi sa meilleure amie. Emma a 21 ans et l’assurance et les certitudes des jeunes de son âge. Elle se targue de pouvoir assortir les couples et joue les entremetteuses. Le mariage n’est assurément pas pour elle, très satisfaite de sa qualité de vie, de son train  de vie, elle n’a jamais connu les émois de l’amour. Mais que va-t-il se passer lorsqu’Emma va être confrontée à la remise en question de toutes ses certitudes ?
J’ai beaucoup aimé le style très mordant et i ronique de l’auteur. Ce livre brosse bien le portrait des femmes dans l’Angleterre victorienne. Le rythme du livre est assez lent, on se dit qu'il ne se passe finalement pas grand chose mais on ne peut s'empêcher de le poursuivre. Je voulais absolument savoir si Emma allait tomber amoureuse, si sa meilleure amie allait se marier. Bref, l'auteur réussi à nous tenir en haleine avec une toute petite histoire de rien du tout. J'ai particulièrement aimé le style soigné des descriptions des personnages, le caractère de chaque protagoniste.
Ce livre a été adapté au cinéma sous le titre de Emma l’entremetteuse avec Gwyneth Paltrow dans le rôle principal.

Alexandra BERNEDE

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