samedi 1 mai 2010

Hans le meilleur des monstres de Paul M. Martin

 Le rêve du professeur Von Skalpel est de donner vie à  une créature parfaite. Il a bien réussi à créer Hans, mais celui-ci n’a ni l’apparence d’un Apollon, ni le génie d’Einstein, loin s’en faut !  Et si celui-ci n’était pas aussi paisible, il serait sans aucun doute qualifié de monstre. Son but premier n’est donc pas encore atteint, mais le professeur sait qu’il tient là malgré tout un trésor. Car Hans a une voix en or, et c’est en secret que le professeur lui fait enregistrer ses chansons. Son premier disque a eu un succès phénoménal, le second en suivra à coup sûr les traces. Oui mais voilà, Hans ignore tout de ce petit trafic fort lucratif autour de son talent…
Dans ce livre, nous retrouvons avec plaisir les habitants hauts en couleur du manoir de Mortelune. C’est en effet la suite du tome 1 « Les expériences de Von Skalpel », de la collection « Manoir Maudit ». En début de volume, plusieurs pages richement illustrées présentent les lieux et personnages : un lecteur novice peut sans soucis se plonger immédiatement dans ce  nouvel épisode même s’il n’a pas lu le premier. Sans être de la grande littérature, mais d’un style drôle et dynamique, le texte convient parfaitement aux enfants de 7 à 11 ans environ. Les noms donnés aux personnages sont plein d’humour (Dracunaze le vampire, Momoplate Fémur le squelette, etc.) Les quelques habitants du manoir qui ont un caractère peu engageant ne sont, dans le fond, jamais foncièrement méchants. Et quand un nouveau venu se montre clairement agressif et désagréable, il est vite mis hors d’état de nuire. A chaque double page, une illustration en couleur vient égayer le texte. De plus, le choix de diviser ce dernier en chapitres courts permet à chaque enfant de le lire à son propre rythme.
J’ai apprécié cette petite histoire. Elle est certes sans prétention, et se lit vite et facilement. Mais de nombreux rebondissements tiennent en permanence en haleine le lecteur. Et les personnages, bien que très étranges, sont attachants. C’est livre à glisser dans la valise au moment de partir en vacances, ou pour se détendre en oubliant l’école et les devoirs avant de s’endormir.

Sophie HERAULT

vendredi 30 avril 2010

Par la grâce du roi de Shari Anton

Une jeune fille Ardith, secrètement amoureuse d'un séduisant seigneur, apprend que son père avait refusé la demande en mariage faite par le père du même Gerard, son suzerain, sous prétexte qu'un sanglier lui avait éventré les entrailles.
Le père d'Ardith tient ce verdict de sa vieille sœur , Elva, sorcière qui concocte des potions pour rendre stérile cette enfant.
 Mais son frère jumeau Corwinn dont la complicité atteint le surnaturel,  est persuadé du contraire. Étant vassal au service du prétendant, il multiplie les rencontres pour sa sœur.
Amoureux à son tour, le suzerain souhaite le mariage, mais le Roi doit donner son accord. Cependant, ayant l'idée de le choisir comme mari pour sa filleule éperdue d'amour pour Gérard, le Roi défie le couple, Gérard - Ardith, de procréer un héritier pour valider son accord.
Qu'en sera-t-il ?
 Ce livre bien que roman, nous révèle bien des valeurs morales. Cette jeune fille, est résignée face à son destin. Elle fait preuve d'une grande  tolérance et d'un dévouement total envers son père, méchant envers elle à bien des égards.
De même envers sa tante qui lui fait boire de nombreuses décoctions pour la rendre stérile, mais Ardith lui incombe son douloureux passé afin de lui pardonner.
Son frère est en permanence en quête du bonheur de sa sœur.
Le suzerain et amant, Gérard, malgré sa rusticité est presque tendre avec elle et en toute circonstance, il lui prouve son amour.
Ce qui est intéressant également, ce sont de connaître les us et coutumes de l'époque médiévale.
 Il y a, toutefois, une chose que je déplore, ce sont les passages érotiques trop explicites. Un peu plus de pudeur n'en serait que plus romantique.
Cependant, le style est très agréable, vivant. Très vite l'on se sent intégré dans la vie de cette jeune Ardith qui reste un modèle à tous points de vue.
La lecture de ces 342 pages passent bien rapidement tant le suspens nous pousse à poursuivre.

Anne HEBERT

jeudi 29 avril 2010

Un roi sans divertissement de Jean Giono

Ce roman commence en 1843 en Isère et s'étale sur un siècle environ mais l'action se déroule sur cinq ans seulement, et alterne des passages d'action et des passage de réflexion. Il comporte plusieurs intrigues dont la première est celle des disparitions inexpliquées de plusieurs habitants du village qui recommencent chaque hiver et que Langlois, un gendarme, va tenter de résoudre. Langlois est le personnage principal de ce roman et passe de gendarme à capitaine de louveterie ; il s'agit d'un roman philosophique qui étudie la psychologie de ce personnage.
Il traite de l'Ennui auquel Langlois va essayer de fuir avec différents divertissements, d'où le titre du livre. Cependant, le véritable personnage principal de ce livre est le hêtre, présenté comme un être à part entière, presque comme un dieu, qui tient son rôle dans l'intrigue. Jean Giono a écrit ce roman "en partant d'un arbre qui n'avait rien à faire dans l'histoire", il a été la "muse" de ce livre.
Giono est un auteur un peu régionaliste et décrit son terroir avec passion ; néanmoins, ce livre est un peu difficile en certains passages mais le texte est très riche et le style très descriptif. Les personnages du roman sont présentés, pour certains, de manière un peu compliquée ou sont directement introduits sans présentation.
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé ce livre, bien qu'ayant eu un peu de mal à le lire. J'ai moins aimé les passages où il n'y a pas d'action, mais j'ai beaucoup apprécié la fin du roman qui explique tout le sens de l'histoire.

Margaux BOLZINGER

mercredi 28 avril 2010

L'astragale de Albertine Sarrazin

L'astragale : c'est le nom du petit os de la cheville qui, brisé net, arrête la jeune Anne dans sa fugue. Anne n'a pas vingt ans ; elle a sauté d'un mur pour s'évader de la prison-école où l'ont portée ses frasques, mais elle ne peut aller plus loin. Un routier s'arrête et n'ose pas l'emmener, mais grâce à son aide, elle est recueillie par un jeune homme, Julien, lui aussi délinquant, lui aussi toujours en cavale. Julien prend Anne sous sa protection, lui trouve des planques, la fait soigner. Mais il est souvent absent, et Anne, éprise de liberté, souffre de son handicap physique qui la rend dépendante, de la prudence dont elle doit faire preuve pour ne pas se faire reprendre, des longs moments d'attente qui séparent les visites de Julien, des départs de ce dernier pour des aventures auxquelles elle ne peut prendre part.
De refuge en refuge, L'astragale est un texte intense, un morceau d'autobiographie d'une jeune fille passionnée. De la douleur au réconfort, de l'espoir au découragement, de la résignation à la colère, de l'attente à la joie des retrouvailles, de la désillusion à l'amour, le roman nous montre comment la jeune Anne tente de satisfaire son ardente envie de vivre. Dès les premières pages, le lecteur est pris par l'histoire, conquis par le personnage attachant d'Anne. Le style est très agréable à lire, empli d'un argot désuet , vivant ; il rend parfaitement les émotions et les pensées d'Anne, que l'on suit dans son périple. On découvre son passé, ses craintes et ses rêves, par bribes, avec toujours un voile de mystère que l'on ne peut lever et qui fait une partie du charme du roman. En même temps, au fil du texte, on ressent parfois un certain agacement, comme une envie de crier des conseils à la jeune fille qui nous parle à travers les années. De bout en bout, L'astragale est donc un roman captivant, une tranche de vie qui laisse au lecteur une forte impression en peu de pages.

Jessica ANDREANI

mardi 27 avril 2010

L'obscène oiseau de la nuit de José Donoso

L’obscène oiseau de la nuit est une œuvre qui échappe au lecteur. Elle désarçonne mais ensorcelle. Pour que le charme poétique des longues phrases tortueuses opère, il faut se laisser aller, oublier les réalités douteuses, la linéarité toute cartésienne d’une vie imaginée comme une bande de goudron.
L’univers de Donoso est fantasque, il est peuplé de vieilles qui n’en finissent pas de mourir, de monstres tous plus laids les uns que les autres, d’une poupée de chair, de bossus, de muets, de sorcières et d’un chien jaune ; les putains comme les écrivains s’y croisent au long des pages. José Donoso n’en finit pas de perdre le lecteur, il le prend à contre pied et le plonge dans le fantastique quand il croit avoir pris pied dans la réalité. Il a construit là une fabuleuse fable, un conte qui renoue avec les traditions littéraires.
Le roman raconte l’histoire d’une oligarchie déclinante, le désir désespéré pour l’homme d’être reconnu comme conscience. Il est constitué d’un mélange de confessions et de récits. Les personnages s’y apostrophent, ils vitupèrent et ils discourent, ils vivent dans la haine et l’amour, le monde est maléfique et le cauchemar infini. Le roman est labyrinthique et schizophrénique, le réel se mêle à l’onirique, tout s’enchevêtre.
L’obscène oiseau de la nuit fait parti de ces monstrueux chefs-œuvres que seuls les écrivains sud-américains savent faire vivre, chronique flamboyante d’une agonie, faite d’une langue qui charrie comme un fleuve toutes les beautés poisseuses du monde.  


Jacky GLOAGUEN

lundi 26 avril 2010

La dame des forges de Nathalie De Broc

Ce roman est écrit par Nathalie de Broc et se passe en Bretagne au milieu du XIX ème siècle.
Virginie de Kerviléon , jeune femme d’une vingtaine d’années, vit dans une famille ,récemment anoblie, qui lui a inculqué les bonnes manières en vue d’être une épouse accomplie ,devant tenir son rang auprès d’un mari, Edmond Cossec, spécialement choisi par son grand’ père,  vieil homme autoritaire. Elle n’a guère  le choix de dire non car c’est un mariage arrangé, dans lequel le futur apporte des  capitaux importants quant à l’agrandissement des Forges d’Hennebont.
Choyée et protégée la jeune femme ignore tout de ce qui se passe dans la Montagne noire, située non loin du « Château, où elle passe la plupart de son temps,  jusqu’au jour où elle rencontre Adrien, jeune veuf, travaillant lui-même dans les Forges. Elle découvre alors un autre monde : celui de la misère où les ouvriers  travaillent plus de douze heures par jour, dans des conditions précaires et arrivent tout juste à rapporter du pain pour leurs familles. Mais Virginie et Adrien tombent fou  amoureux, l’un de l’autre. Pour vivre leur amour ils sont contraints de se cacher dans une cabane, où Adrien lui fait part avec enthousiasme de ses idées sur l’avenir de la société.
Mais deux classes sociales les séparent irrémédiablement. Que va-t-il advenir de leur amour, de leurs projets dans une société fermée à tout mélange social ? L’heure de la révolte sociale sonnant,  quel va être le choix de Virginie ?
Ce roman est réaliste car il décrit, à la perfection,  le monde ouvrier et ses difficultés, le monde bourgeois, propriétaire de l’outil de travail  et le début des révoltes sociales du milieu du XIXème siècle. Adrien est très attachant car il croit aux idées qu’il émet. Virginie reste  sans volonté apparemment pendant des années  …. jusqu’au jour de la rencontre et de sa passion pour Adrien. Elle ose même affronter le patriarche, devant lequel tous les membres de la famille courbent l’échine. Ce livre fait passer un bon moment car le style de l’auteur est agréable avec  nombreux rebondissements de l’histoire.


Laurence DEMAY

dimanche 25 avril 2010

Journal d'Hirondelle de Amélie Nothomb

Un chagrin d‘amour fait toujours mal. Et le meilleur moyen d’échapper à la douleur est encore d’annihiler ses propres sens. Cette solution, toute simple, le narrateur l’a choisie.  Mais elle lui devient forcément pesante au fil du temps. Il découvre alors que la seule façon de réveiller ses sensations endormies est d’être confronté à des émotions nouvelles. Progressivement, il réussit à ranimer certains de ses sens. Mais un problème de taille persiste cependant : bien que le manque sexuel se fasse ressentir de plus en plus, rien ne parvient plus à le troubler. Licencié de son travail de coursier, il se fait recruter comme tueur à gage. Dès sa première mission il en ressent un émoi sexuel intense. C’est la révélation. Peu importe la proie, c’est l’acte qui le comble.  Mais c’était sans compter la découverte du journal intime d’une de ses dernières victimes. Serait-il en train de tomber réellement amoureux, après sa mort, de celle qu’il surnomme Hirondelle ?...
Rédigé à la première personne du singulier, le récit invite le lecteur à pénétrer directement dans les pensées les plus intimes du narrateur. Cet être est sans aucun doute fou, mais le cheminement de sa pensée n’en est pas moins d’une logique implacable. Les phrases sont courtes et incisives, et la façon d’aborder les faits est très crue. L’auteur aime jouer avec le vocabulaire très riche de la langue française et les tournures de phrases inattendues. Ce choix rédactionnel, qui pourrait rendre le texte lourd et peu engageant, est maîtrisé à la perfection à la plus grande joie du lecteur. L’auteur parvient également à faire sourire malgré un déluge de scènes plus horribles et dérangeantes les unes que les autres.
Une fois de plus, l’imagination fertile d’Amélie Nothomb offre là une histoire complètement décalée. Jamais déçue jusqu’à maintenant par ses écrits,  j’ai de nouveau apprécié son style inimitable. Ce livre est sans aucun doute un clin d’œil à notre société blasée qui, de fait, impose en permanence la surenchère. Mais c’est aussi une source d’espoir lorsque l’on voit ce héros, capable du pire, s’émouvoir du journal intime d’une jeune fille.

Sophie HERAULT

samedi 24 avril 2010

L'île au trésor de Robert Louis Stevenson

Jim Hawkins est un jeune garçon travaillant à l'auberge de ses parents. Sa vie bascule le jour où un vieil ivrogne avec des allures de capitaine décide de faire un séjour à leur auberge. Le garçon apprend bien trop tard qu'il s'agit du célèbre pirate Billy Bones, venu caché les indices menant à son trésor. Quelques jours plus tard, son père mort et son auberge sévèrement endommagée par des pirates, le jeune Hawkins rejoint la troupe royale qui décide de mettre la main sur ce trésor fabuleux avant que d'autres mercenaires ne soient au courant. c'était sans compter sur la ruse des pirates.
 Il s'agit là d'un livre jeunesse  qui peu sans aucun doute intéresser les grands. Dès les premières pages, le lecteur est tout de suite conquis par les allusions mystèrieuses de l'auteur, ses explications au compte goutte sur la piraterie ainsi que la découverte laborieuse du réel caractère des personnages. En effet, pas un pirate n'est facilement compréhensible selon qu'il soit saoul, sobre, cruel ou en proie à la pitié. Cela rajoute un grand réalisme à l'histoire. Dans un même temps, on ne découvre qui est réellement le héros de cette histoire qu'après 2 voir 3 chapitres, ce qui pousse le lecteur à continuer le récit afin de savoir qui narre ses propres aventures. Tantôt nous compatissons pour les pirates, tantôt nous les trouvons bon pour la corde. l'auteur nous laisse ainsi changer de coté de pages en pages si bien qu'on ne sait jamais si on aurait préféré être du coté des pirates plutôt que du coté de la force royale. Jim Hawkins n'hésite pas cependant mais son compte rendu détaillé de ce qui lui arrive nous fait croire qu'au fond de lui, il est en proie au même doute que le lecteur ce qui est très amusant.
Enfin, ce qui différencie ce livre des autres, c'est qu'il est loin de représenter les clichés de la piraterie et qu'il nous fait sérieusement comprendre l'attitude des pirates qui parfois sont présentés dans d'autres livres comme de vrais acteurs de mélodrames

Estelle TRILLOT

vendredi 23 avril 2010

Les ruines de Rome de Hubert Nyssen

Jérôme scénographe, assiste à la dernière représentation de Norma, sa maitresse, dans un petit théâtre parisien. Norma est une actrice connue et reconnue par ses pairs. Au fur et à mesure que la pièce avance Jérôme se remémore leur liaison et prend conscience que Norma va partir vivre sa vie d’actrice avec d’autres amants. Alors lui reviennent en mémoire Joan sa femme américaine et leurs deux enfants Peter et Jeremy morts à Boston dans un accident de voiture. Pourquoi Jérôme n’a t-il pu confier ce terrible secret à Norma ? Timidité ou plus simplement parce que le monde de la machinerie et celui de la scène ne se mélange pas plus que le peuple et l’élite ?
J’ai trouvé ce livre assez fade dans l’ensemble. Une histoire qui met du temps à démarrer, des personnages, hormis Jérôme et Norma, plutôt standard, des descriptions plutôt creuses.
Par contre l’auteur a construit son roman sur la base d'un va et vient entre le présent et la première vie de Jérôme ce qui donne, heureusement un peu d’allure et d’allant à cette histoire.
Le roman repose sur quelques personnages vivants :  Jérôme qui a un mal fou à entrer dans la vie de Norma, Norma qui vit uniquement pour le présent et ne veut surtout pas entendre parler de malheur. Arnold et Ruggieri, managers, amis et amants… et morts que sont les enfants et Joan tellement américaine bien que très européanisée.
Le positif de ce livre est qu’on découvre le monde du théâtre ou plutôt l’arrière scène, et la manière de décrire la gestuelle de Norma dans la pièce qu’elle joue est intéressante car on s’aperçoit qu’un one man show n’est pas une partie facile pour les nerfs.

Edouard RODRIGUEZ

jeudi 22 avril 2010

Au fil du rasoir de Karin Slaughter

Grant County un samedi soir sur le parking de la patinoire. Parmi les jeunes sur place, une jeune fille d’environ 13 ans menace d’un revolver un jeune homme à peine plus âgé qu’elle.
Le chef de la police, Jeffrey Tolliver qui a rendez vous avec son ex femme la pédiatre Sara Linton, se retrouve par hasard sur les lieux. La jeune fille lui lance alors un ultimatum qui lui pose un sérieux problème : soit il la tue, soit elle tuera le jeune homme…Malgré ses tentatives pour la raisonner, il ne peut faire autrement que de tirer sur elle. Déjà traumatisante, la situation empire encore avec la découverte dans les toilettes d’un cadavre de nouveau-né horriblement mutilé.
Je suis d’accord, vu comme ça, c’est plutôt glauque comme ambiance… Le pire c’est que cette entrée en matière n’est qu’un petit aperçu de l’horreur qui nous est proposée dans cette histoire. En effet les thèmes abordés sont particulièrement sombres parce que sensibles, voire choquants : maltraitance des enfants, inceste, pédophilie, viol…Cependant l’écriture est assez « retenue », le suspens assez prenant pour que ce livre soit quand même supportable malgré les horreurs auxquelles on est soumis et dont on espère qu’elles ne sont qu’inventions…Je trouve même l’ensemble assez réussi par son originalité, notamment au niveau du point de départ du roman : le cas de conscience posé au policier. Dans de telles circonstances, a–t-on vraiment le choix ? Il est évident que quelque soit la décision prise, il y aura toujours un doute sur le bien fondé de ce que l’on a fait. Et c’est bien ce qui arrive au chef de la police, qui est en proie au remord et à la culpabilité (un comble pour un policier d’être coupable d’un crime). L’auteur a très bien su laisser planer ce sentiment tout au long du livre sans pour autant en abuser, ce qui donne un côté réaliste et humain au roman qui rattrape le côté très noir des choses. La culpabilité, c’est aussi ce qu’éprouve la pédiatre en se rendant compte que la victime était une de ses patientes et qu’elle n’a pas su percevoir qu’elle avait un sérieux problème…Tout cela fait réfléchir sur les relations humaines et on en ressort pas tout à fait indemne, ce qui prouve le talent de l’auteur. Je déconseillerais toutefois cette lecture aux âmes sensibles.

Nicole VOUGNY

mercredi 21 avril 2010

Ombres chinoises de Frances Fyfield

Un roman policier qui repose sur deux histoires qui se déroulent en parallèle à Londres, et qui tendent peu à peu à se rapprocher pour mener à une catastrophe annoncée par de nombreux petits indices semés au gré du texte.
Le procureur Helen West prend sous son aile une jeune secrétaire rebelle et perdue, mais très intelligente, Rose, qui a de nombreux soucis personnels, notamment dans ses relations avec les hommes. Helen quant à elle est également à un tournant dans sa vie personnelle et elle a des décisions à prendre concernant l’orientation qu’elle veut donner à sa vie amoureuse et de famille.
Dans le même temps, un petit malin trafique les dossiers des prévenus dans l’ordinateur du ministère de la Justice. Rose s’en est aperçue et enquête.
De son côté, un minable petit looser passe son temps à être arrêté par la police : il tourne autour des petites filles qui lui rappellent son enfant, disparue avec sa femme depuis plusieurs années et que la police n’a pas retrouvée. Sa détresse et son caractère instable le poussent à se comporter de façon extrêmement bizarre et inquiétante et cela éveille la vigilance de la police et de sa voisine, qui ne sait que faire des informations qu’elle détient.
Ce sont ces deux intrigues parallèles qui se rapprochent peu à peu sous nos yeux, sans qu’on puisse rien faire pour prévenir les personnages de ce vers quoi ils courent.
On se fond tour à tour dans l’intimité des personnages principaux, comprenant avec eux de l’intérieur leur impuissance et leur sentiment d’être ballottés dans un monde globalement hostile, où chacun doit se débrouiller avec ses problèmes et ne pas attendre grand-chose des autres et du système. C’est essentiellement par la façon de mener son récit et par la description précise du caractère des personnages que se distingue ce roman, qui fait passer un excellent moment, même s’il ne nous réconcilie pas avec la nature humaine. 

Mélanie BART

mardi 20 avril 2010

Les vendanges tardives de Françoise Dorin

Françoise Dorin est bourrée de talent mais ça on le sait déjà ! Elle est multi-compétences puisqu’elle écrit des chansons, notamment pour Céline Dion, des pièces de théâtre et des romans. J’avais déjà lu ses écrits lorsque j’étais adolescente et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé son humour décapant et son style moderne. J'ai particulièrement aimé la façon dont l'histoire est construite. chacune des héroines raconte l'histoire avec son propre langage, son style et on avance ainsi, on les découvre petit à petit, on devine leur caractère, leur moi profond, elles ne nous cachent rien, elles sont sincères, criantes de vérité et tellement touchantes.
 Les vendanges tardives c'est l'histoire de trois femmes, amies d'enfance. Elles se sont connues à Grisouille, petite bourgade de France. On les surnommait la rousse, la brune et la châtain, Iris, Jeanne, et Marguerite.
Iris, la rousse a été mannequin,  maintenant à la retraite elle a écrit un livre qui n'a pas le succès voulu.
Jeanne, la châtain, est la veuve du notaire, qui avait repris l'étude père de sa femme. Cette femme qui apparaît comme une dame patronnesse et bonne mère de famille, a toujours eu une double vie et est l'amante de l'ancien directeur de la banque depuis des années.
Marguerite, qu’elles ont perdue de vue, est une artiste, elle est mariée au directeur d'un cirque. Elle a un fils qu’Iris a rencontré lors d’un salon du livre.
Les vendanges tardives nous démontrent que plus le vin vieillit, meilleur il est. L'âge n'est rien tant qu'on a la volonté de vivre et de créer sa vie.

Alexandra BERNEDE

lundi 19 avril 2010

Minou Jackson, chat de père en fils de Sophie Dieuaide

Le chat Minou Jackson aime la routine de son train-train quotidien. Entre Lucille sa maîtresse et Cassiopée sa compagne, il apprécie plus que tout son insouciante tranquillité. Mais ce 1er juillet là, sa vie est définitivement bouleversée.  Jackson devient en effet père pour la première fois, d’un très laid et bien encombrant (à ses yeux !) petit chaton. Rien n’y fait, la fibre paternelle  ce n’est pas pour lui ! Bien au contraire. D’autant plus que désormais tout tourne autour de cette soi-disant petite merveille, et qu’il est relégué au second plan. Fou de jalousie et blessé dans son amour propre, Jackson fugue. Ce qui se fait dans l’indifférence générale. Il décide alors d’ouvrir un fichier world  (oui, il sait se servir d’un ordinateur !) et de rédiger un petit opus, « devenir père »…
Dans ce livre, nous retrouvons avec plaisir le héros de  « Ma vie, par Minou Jackson chat de salon ». Même si cela est utile pour cerner le caractère si particulier du personnage principal, il n’est cependant pas impératif d’avoir lu le premier tome  pour bien suivre ce nouvel épisode.   D’autant plus que le premier chapitre résume la situation précédente. Écrit à la première personne du singulier, le récit est très dynamique. Le lecteur  peut instantanément suivre la pensée de Jackson. Et celui-ci ne mâche pas ses mots pour dire ce qu’il pense, et exprimer son malaise en termes directs ! L’humour corrosif qui se dégage de chaque situation et des propos tenus est réservé aux enfants à partir de 10 ans. Une illustration griffonnée en noir et blanc anime la tête et la fin de chaque chapitre. En annexe, le lecteur découvre le fameux « devenir père » écrit par Jackson (réflexions sur le pourquoi de devenir papa et les différents styles de père, quelques lignes sous forme de guide pratique, et un chapitre sur l’amour paternel).
J’ai beaucoup apprécié ce récit pour son style vraiment très drôle et sans concession. De plus, il permet d’aborder avec son enfant, d’une façon très originale, une situation qui peut être douloureuse pour lui : l’arrivée d’un nouvel individu dans la cellule familiale. Car le chamboulement des habitudes et la supposée baisse d’attention de l’entourage à son égard sont les deux grands griefs qui sont exprimés ici. Ou encore, il permet de discuter avec un enfant de ses relations avec son père ou sa mère si celles-ci sont difficiles. Et cela, en lui permettant de visualiser que l’adulte aussi peut rencontrer des difficultés d’adaptation ou autres, et ainsi de le déculpabiliser et/ou de le rassurer.

Sophie HERAULT

dimanche 18 avril 2010

Angélique, marquise des anges Tome II de Serge Golon et Anne Golon

D'abord réticente lors de son mariage avec le comte Joffrey de Peyrac, un homme défiguré qui passe pour commercer avec le Diable, Angélique a fini par succomber à ses nombreuses qualités, découvrant en lui un amant galant ainsi qu'un génie scientifique en avance sur son temps. Le couple nage donc dans le bonheur quand, à l'occasion du mariage du roi Louis XIV avec l'infante d'Espagne, Joffrey disparaît. Angélique, désespérée, finit par découvrir que son mari a été emprisonné à la Bastille sur ordre du Roi, sous l'accusation de sorcellerie mais surtout pour punir son arrogance, son indépendance et son immense fortune, qui indisposent le monarque. Angélique va tout faire pour sauver son époux...

Fini la légèreté du tome 1, ici Angélique est en prise aux pires ennuis. Elle découvre que les caprices du Roi peuvent faire et défaire la vie de ses sujets, fussent-ils nobles et riches. Ses amis se détournent d'elles pour ne pas être associés à sa disgrâce, ses ressources financières réduites à néant par la mise sous scellés des biens du comte la contraignent à des actions indignes de sa naissance : ainsi la voit-on arpenter Paris à pied, manger dans des tavernes, fréquenter les gens de peu. On découvre ainsi le règne de Louis XIV avec un point de vue tout différent de celui du tome précédent : celui du peuple. Les visites d'Angélique au Louvres sont cependant l'occasion de s'enliser dans les nombreuses intrigues de cour, les plus hauts personnages du royaume n'hésitant pas à pratiquer l'assassinat pour se débarrasser de ceux qui les dérangent.

Ces épreuves sont l'occasion pour Angélique de s'affirmer et de devenir plus forte, c'est très intéressant de la voir évoluer. Il lui faut faire preuve de courage et d'acharnement, faisant fi des difficultés, et la femme de caractère que l'on devinait en elle se révèle enfin.

Anne et Serge Golon parviennent à merveille à insérer le côté historique et instructif dans une histoire haletante et rythmée que l'on dévore rondement. La plume est fluide et agréable, le vocabulaire relevé, avec un style léger et très visuel. Un seul regret : la fin très ouverte, qui incite à se procurer d'urgence la suite des aventures de la fougueuse Angélique tant on a hâte de les découvrir...

 


Marie-Soleil WIENIN

samedi 17 avril 2010

La gourmandise de Guillaume Apollinaire de Geneviève Dormann

Ce livre ne parle pas que de la gourmandise de Guillaume Apollinaire, mais il nous fait découvrir, la bohème artistique de cette fin du 19e siècle. On y rencontre des poètes et des écrivains qui vivent au bateau lavoir, à Montmartre… comme Max Jacob, Alfred Jarry, Picasso, Vlamink, Marie Laurencin et bien d’autres.
La gourmandise avait une grande importance à cette époque même s’ils étaient souvent « fauchés » mais ils trouvaient toujours quelqu’un pour payer l’addition. Ils avaient une vie assez dissolue et les « paradis artificiels » comme dit Baudelaire, étaient alors très en vogue.
Dans ce livre, on retrouve les recettes de cuisine préférées de Guillaume Apollinaire, très gourmand, mais aussi des calligrammes et des extraits de poèmes ou de prose de divers artistes.
Ce n’est pas un roman de fiction, ni un livre de cuisine, mais une reconstitution de la vie d’Apollinaire, poète préféré de l’auteur.
Le style est simple, très vivant, on s’y croirait, car rempli de citations d’auteurs désormais célèbres qui racontent leur vie de tous les jours.
Je conseille à tous ceux qui aiment les artistes parisiens du 19e siècle, de lire ce livre riche en anecdotes, on ne s’y ennuie jamais car on l’auteur fait revivre avec talent, ces artistes qu’on ne connait souvent que par leur œuvre. On découvre leur vie quotidienne, qui n’était pas toujours, aussi rose qu’on pourrait le penser, mais qui était intense en recherche de plaisirs.
Ce livre m’a enchanté. A lire absolument. 

Hélène SALVETAT

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