lundi 6 juillet 2009

le coeur est un chasseur solitaire de Carson McCullers

La solitude et la quête de l’amour constituent l’essentiel de ce roman. Les personnages se croisent, se heurtent sans jamais réussir à se libérer du poids du destin. Comme un astre étincelant qui attire tous les autres, il y a Singer, sourd et muet, qui fascine tout le monde autour de lui. Parce qu’il est sourd, parce qu‘il se tait et ne discute jamais, il est par excellence l’interlocuteur idéal, celui qui comprend. Autour de lui gravitent Jake Blount, Biff le propriétaire du New York Café, l'adolescente Mick et le vieux docteur noir Copland.
Tous vivent pendant les années trente dans la même ville du Sud des Etats Unis. En chacun d'eux, des peines, des douleurs, mais également des rêves. Pour Mick, l'adolescente qui hésite à quitter le monde de l’enfance, celui d'apprendre à jouer de la musique : elle s'est confectionné un violon qu'elle cache sous son lit. Biff passe ses journées et ses nuits à observer ses clients, il traque en eux la part d’humanité qui les rend plus beaux et l’enrichit. Jack que la vie passée a rendu à moitié fou, rêve d'un monde plus juste. Le docteur Copland, victime de harcèlements liés à sa couleur de peau, s’épuise à aider ses frères. Ces personnages se sentent seuls, abandonnés, jusqu'au jour où ils feront la connaissance de John Singer. Sans le vouloir, il attire leur confiance. Mais le silence dans lequel vit Singer n’est pas celui qu’ils croient. Le drame final dénouera tous les liens fictifs ou réels qui les unissent.
Avec ce premier roman, Carson Mc Cullers brosse une véritable galerie de portraits. Chacun des protagonistes est traité dans son entier, mais chaque rencontre vient l’enrichir. Le roman est composé comme une fugue. Seul le personnage de Singer nous est décrit de manière extérieure et objective.
Le lecteur est conquis par le style simple et clair, dépouillé de Carson Mc Cullers. Ici pas d’esbroufe, pas de mots rares, de figures surprenantes, rien de précieux. L’apparente simplicité, l’économie de moyens, participe de la fascination du lecteur pour ce lumineux et beau roman.

Jacky GLOAGUEN


vendredi 3 juillet 2009

Sept jours pour une éternité de Marc Lévy

Dieu et Satan ont conclu un marché fort insensé : ils doivent envoyer chacun de leur côté leur meilleur agent pour un ultime combat du bien contre le mal. Ce combat doit durer sept jours au bout duquel, soit Dieu, soit Satan, prendra le pouvoir absolu pour l'éternité. Ainsi s'achèvera, une fois pour toute, cet affrontement qui a déjà que trop duré.
La scène se déroule à San Francisco. Zofia, l'envoyée de Dieu (on nomme ce dernier « Monsieur » dans le roman), travaille comme agent de sécurité au Quai 80 du port marchand. Tel un vrai ange, elle incarne la bonté même, reste toujours à l'écoute des autres, et est sensible au malheur des gens qui l'entourent. Quant à la personne envoyée par le Diable (on l'appelle « Président »), il s'agit de Lucas, le démon par excellence, qui nous choque par sa malignité, sa cruauté cynique, ses pensées corrompues. Il n'était pas du tout prévu que ces deux-là se rencontrent. Dieu et Satan ont établi, chacun de leur côté, une stratégie méticuleuse et bien étudiée, seulement, la rencontre de Zofia et Lucas va complètement altérer leur plan…
Marc Levy signe de nouveau un ouvrage dans lequel on retrouve du surnaturel, un couple, des sentiments, de l'amour… Le sujet traité est élémentaire, il est simplement question de la lutte du bien contre le mal, mais en même temps, est original à cause du fait que l'ange et le démon se rencontrent sous forme humaine, respectivement une charmante jeune femme et un beau jeune homme. Que va-t-il se passer ? N'oublions pas que tout oppose ces deux personnages. Un proverbe dit : « qui se ressemble, s’assemble ». Or, tout oppose Zofia et Lucas, tant au niveau de leur personnalité que de leur ambition.
« Sept jours pour une éternité » est un roman très bien écrit, mais en ce qui concerne l'histoire en elle-même, j'ai trouvé qu'elle traîne un peu en longueur, elle a du mal à prendre de l'élan, et par conséquent, elle peut démotiver une lectrice comme moi qui aime que les actions s'enchaînent, que le rythme soit plus rapide. Ceci dit, cela n'enlève en rien l'intérêt du livre en matière d'évènements ou d'intrigues. En tout cas, j'ai bien apprécié les dialogues entre Zofia et Lucas, ainsi que la relation subtile et pénétrante qui s'est installée entre ces deux héros.
J'ai quand même une préférence pour « La prochaine fois » et « Et si c'était vrai », mais cela reste une question de goût tout à fait personnel. J'ai apprécié le roman, mais je ne dirais pas que c’est le meilleur que j'ai pu lire jusqu'à présent.

Ngan Dai BUI



mercredi 1 juillet 2009

Bienvenue au Club de Jonathan Coe

Benjamin Trotter, fils d'un cadre d'une usine de Birmingham, est élève dans un collège privé. Sa passion pour la musique (en pleine vague de rock progressif), ses vélléités de création littéraire, les blagues de potache, la tenue du journal de l'école et les questions existentielles occupent la majeure partie de son temps. Et il y a les filles, notamment la belle Cecily, qu'il n'ose pas aborder par manque d'assurance. Autant de préoccupations qu'il partage avec ses amis, Philip et Doug, avec en parallèle les soucis de leurs parents, qui les affectent plus ou moins directement. En ce milieu des années 70, les adultes se débattent entre conflits sociaux dans l'usine où travaillent les pères, attentats de l'IRA, montée du nationalisme, racisme... Ou, plus prosaïquement, divorces, adultères, dépressions, mensonges et autres trahisons.
Résumer ce roman n'est pas chose facile : les personnages, les intrigues et les thèmes abordés sont nombreux, au point que l'on pourrait craindre de s'y perdre. Et pourtant, on prend très vite ses marques, et on est happé par les trajectoires des différents protagonistes, qui entrent en collision avant de reprendre leur course en parallèlle, avec en toile de fond la société britannique pré-Tatchérienne et les questions du chômage, des grêves, du racisme ou de l'IRA. Le style est simple et agréable, malgré quelques passages un peu plus faibles, mais l'originalité de l'écriture tient à la diversité des formes employées par l'auteur : récits, mises en abîme, lettres, poèmes, articles de journaux - voire une phrase de 50 pages à la James Joyce, très réussie, en guise de conclusion ! En cela, elle rejoint le fond, riche tant par le nombre de sujets traités que par la variété des points de vue. Le roman ne tombe ainsi jamais dans le dogmatisme, et cela fait tout son charme.
Si j'ai eu quelques difficultés à assimiler tous les personnages au début, je me suis vite laissée prendre par le récit. J'y ai trouvé un alternance de mélancolie et d'humour (il y a des passages absolument hilarants, parfois à la limite de l'outrance) qui a donné à ma lecture un sentiment doux-amer. J'ai particulièrement goûté les références musicales et littéraires, parfois pointues, mais qui ont ajouté pour moi une sorte de connivence avec l'auteur. J'ai beaucoup aimé ce livre, qui allie peinture sociale et personnages attachants : le résumer est difficile, et surtout réducteur. Alors, un seul conseil : lisez-le !

Fanny Lombard

vendredi 26 juin 2009

Post Mortem de Patricia Daniels Cornwell

Avant de se plonger dans ce livre de Patricia Cornwell, il faut que le lecteur prenne connaissance de l'année d'écriture: 1990. En effet, c'est à la fin des années 80 que l'analyse ADN fait ses premiers pas dans le domaine criminel. C'est en 1987 qu'un violeur britannique est, pour la première fois au monde, confondu par les traces de son ADN à Leicester. A la fin novembre de la même année, un violeur cambrioleur, aux États-Unis, est reconnu coupable et condamné grâce à une analyse ADN. Nous pouvons remarquer que l'analyse ADN est avant tout liée au crime sexuel dès son apparition. Et ce roman policier s'engage également dans cette vision.

Également lié à la temporalité du début des années 90, le matériel informatique commence à peine son installation dans les administrations, et seuls quelques particuliers disposent d'un ordinateur à leurs domiciles. Les disquettes sont le moyen habituel de stocker les données et la sécurité informatique n'est pas très avancée.

PostMortem est un roman policier où la narratrice, Kay Scarpetta, est médecin légiste à Richmond, capitale de l'état de Virginie. C'est loin d'être une « petite ville paisible et sans histoire »: chaque jour défilent sur la table d'autopsie les tués par balles, les victimes d'accidents de la route, les drogués refroidis par une overdose,… Un jour pourtant une victime est découverte en ayant subit un sort encore plus sinistre que les précédents clients du Docteur Scarpetta. Patty Lewis a été surprise dans son sommeil, ligotée puis étranglée pendant son viol. Ce sera la première victime d'une série de crimes similaires, tous commis par un même psychopathe. Kay doit collecter et comprendre les traces laissées par l'assassin pour le mettre hors d'état de nuire. Mais alors qu'elle tente d'avancer dans son enquête, Kay se fait attaquer par les bureaucrates de la ville qui ne voient pas d'un bon œil l'ascension d'une femme au poste de médecin expert général du Commonwealth de Virginie. Quand quelqu'un s'introduit dans son ordinateur et que ses rapports se retrouvent dans la presse, le Dr. Scarpetta ne peut savoir s'il s'agit du violeur, d'une journaliste peu scrupuleuse ou de quelqu'un qui veut entacher sa réputation. Les suspicions isolent la légiste en fissurant la confiance entre elle et son assistant, ses supérieurs hiérarchiques, son amant,... Pour triompher de toutes ces batailles, le Dr. Scrapetta aura besoin de l'aide du policier blasé Pete Marino et de remettre en cause certaines parts de sa vie.

Il y a les livres policiers où le personnage central mène à bien sa traque par son exploration de l'esprit humain et des interactions entre les protagonistes du roman. Il y a les livres policiers où la science joue un rôle majeur contre le crime. Post mortem ne se situe ni dans l'un ou l'autre de ces univers, l'aspect technique est maintenant dépassé et l'aspect humain n'est pas assez profondément exploité. Finalement (!!!Attention: élément révélateur de l'histoire!!!) le coupable n'apparait qu'à la toute fin du livre pour disparaître aussi brutalement. Ce sont donc les viols qui tiennent le rôle de l'élément maléfique. Si certains peuvent aimer ce criminel dissimulé dans la brume prêt à frapper, je préfère un criminel dissimulé dans un personnage connu du lecteur. Pour ces raisons, j'ai donc peu apprécié ce livre et n'en recommanderai pas la lecture.

Laetitia Mens


mercredi 24 juin 2009

Secrets de voyage de Jean-Didier Urbain

Lors de ses déplacements, le voyageur a la possibilité de jouer un rôle à un moment donné. Que ce soit celui d’agent secret, d’un reporter infiltré ou d’un explorateur affabulateur, ces masques permettent de cacher une réalité, plus ou moins gênante. Dans ce costume, chacun recrée ou efface le morceau de vie qu’il ne veut pas partager.
Mais « pour qui nous prenons nous lorsque nous voyageons ? ». Voilà la question que pose Jean-Didier Urbain dans l’épilogue de son livre. Loin de vouloir garder le secret, l’auteur nous montre tout au long de son exposé la route à suivre pour savoir pourquoi nous avons fait le choix de nous évader par ce biais.
Jean-Didier Urbain nous apprenait dans un précédent ouvrage que l'idiot du voyage, c'était le touriste (L’Idiot du voyage. Histoire de touristes). Aujourd’hui, ce voyageur traîne encore derrière lui une mauvaise réputation et possède même quelquefois une connotation négative. Face à cette situation, le touriste peut alors être tenté d’aller se mêler à la masse des voyageurs secrets, que l’auteur présente dans ce nouvel ouvrage.
Tout en nous présentant successivement le voyageur incertain, les voyageurs de l’ombre, les voyageurs du quatrième type, les évadés du quotidien ou encore le voyageur inexistant, il nous fait connaître dans ce livre les trois relations que le voyage entretient avec le secret, « à savoir : le secret de voyage (ce que l’on cache du voyage), le voyage secret (le voyage que l’on cache) et le secret du voyage (ce que le voyage cache, y compris au voyageur lui-même). »
A travers ce triptyque, l’auteur nous fait découvrir de nouvelles pratiques qui permettent de considérer la clandestinité comme un voyage exotique et de voir l'invisible comme une nouvelle manière de partir à l'aventure.
Mais au-delà des connaissances apportées par un tel livre, le style d’écriture de Jean-Didier Urbain associe, de manière très habile, la rigueur scientifique de l’anthropologue et la légèreté littéraire de l’écrivain.
La richesse de ses propos nous révèle finalement les secrets de ces « voyageurs impossibles » que l’on croyait connaître à travers les lectures de récits de voyage ou notre expérience personnelle.
Cet ouvrage est très agréable à lire et permet de se rendre compte au fil des pages que le sujet nous concerne tous.

Pierre Sécolier

lundi 15 juin 2009

Divine Endurance de Gwyneth Jones

L’Asie, dans un futur lointain. Isolé au milieu d’un désert au climat impitoyable, le Palais est bien vide : seules restent la petite Lu et la chatte Divine Endurance. Pas vraiment une fillette, pas vraiment une chatte, mais en fait des « poupées d’ange », créées pour faire le bonheur de leurs maîtres en exauçant leurs désirs.
Elles finissent par partir dans le Sud en quête de Di (le jumeau disparu de Lu) et des humains survivants. Les voilà bientôt dans la Péninsule, où vit une société décadente, opprimée sous le joug des mystérieux Maîtres. Divine Endurance recherche ces derniers, persuadée que Di les a rejoint. Lu part dans une autre direction, tombée sous le charme de Derveet, princesse sans trône à la tête d’un groupe de rebelles.
Mais la chatte et la petite fille sont bien différentes : Tandis que Lu est douce et innocente, la chatte a une vraie nature féline : Elégante, intelligente… et indépendante, sans loyauté aucune. Dangereuse. Surtout quand on prend en compte le don des poupées d’ange de combler les attentes profondes du cœur humain, un don incontrôlable susceptible de faire d’eux les agents de la destruction de cette société moribonde…
Une fois passé quelques premiers chapitres un peu longs où sont introduits les personnages principaux, Gwyneth Jones nous dépeint peu à peu une société post-apocalyptique qui fait réfléchir. Les nombreux personnages forment un contexte fouillé. Il y a ceux que l’on voit : nobles déchus, révolutionnaires divers, laissés pour compte… mais aussi ceux que l’on ne voit pas mais dont on ne sent pourtant l’influence : les Maîtres bien sûr, ces mystérieux conquérants retranchés dans leurs îles artificielles et que personne n’a revu depuis l’Ultime Rébellion, à l’exception peut-être de leurs âmes damnées les Koperasi ; mais aussi les Dapurs, harems clos emplis de secrets, d’où les femmes décident en silence de la politique de leurs Maisons. L’auteure nous fait clairement ressentir la complexité de ce monde au bord de l’extinction.
Gwyneth Jones suggère souvent plus qu’elle ne dit réellement. C’est parfois troublant pour le lecteur, qui peut se sentir un peu embrouillé par ces allusions peu explicites, mais cela incite à se plonger toujours plus profondément dans l’histoire pour en découvrir plus.
Si Divine Endurance, la chatte manipulatrice, a donné son nom au roman, c’est cependant à la petite Lu que je me suis attachée. Fraîche et candide, forte physiquement mais fragile intérieurement, elle se fait aimer instantanément tant des personnages qu’elle croise que des lecteurs, nous entraînant à sa suite dans sa découverte du monde et apportant au livre une petite touche tendre.

Marie-Soleil Wienin

mercredi 10 juin 2009

Tsarina de Randall Wallace

En 1774, Kieran Selkirk est un jeune américain fougueux persuadé que son jeune pays va pouvoir se défaire du joug de l’oppresseur anglais. C’est pourquoi Benjamin Franklin le choisi pour l’envoyer en Russie. Sa mission est d’empêcher l’impératrice de Russie, Catherine la Grande, d’envoyer ses soldats aider les anglais à mater la résistance américaine. Fort de sa jeunesse, de son courage et de son enthousiasme, Kieran va toutefois vite s’apercevoir que cette mission va s’avérer encore plus difficile que prévu. En effet, il va lui falloir faire face, entre autres, aux manigances des anglais, au caractère entier des russes et à la dureté du climat.
Plus connu pour ses talents de réalisateur (on lui doit notamment Braveheart et Pearl Harbor), Randall Wallace nous propose un roman d’aventure avec pour toile de fond la Russie au temps de Catherine la Grande. D’emblée, dès les premières pages du livre la cruauté de la nature russe nous saisit à travers une attaque de loups, dans un froid glacial. On imagine d’ailleurs très bien la scène que cela pourrait donner dans un film. Le décor est ainsi planté, reste donc à faire évoluer le personnage principal dans son rôle d’espion. Que ce soit lors de ses luttes contre les cosaques et les loups ou lors de ses obligations mondaines dans les diverses ambassades de Saint Petersbourg, notre beau jeune homme prouve à tous sa témérité, son courage, son honnêteté, sa sincérité aux dépends même des chances de réussite de sa mission. En plus, il rencontre l’amour, faisant fi des préjugés de classe sociale. Quel homme ! Il est vrai que notre héros est un peu trop parfait surtout que le milieu dans lequel il évolue est plutôt du genre manipulateur et égocentrique, mais on se laisse porter par la narration sans se poser de questions (il n’y a de toutes façons pas matière à s’en poser). J’ai néanmoins trouvé que d’avoir écrit ce roman à la première personne, enlevait du suspense à une partie de l’histoire, quoique que l’on se doute que cela finira bien. A part cela, pas grand-chose à dire de ce roman qui se lit facilement mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable...

Nicole Vougny

lundi 8 juin 2009

Les aventuriers de la mer Tome I : Le vaisseau magique de Robin Hobb

Ce livre est le premier tome du cycle des aventuriers de la mer. Il nous plonge dans le monde de Terrilville, la cité des commerçants navigateurs. Il nous propose de suivre trois histoires parallèles : celle de Althéa, fille cadette d’une famille des commerçants réputés, Hiéman, cousin d’Althéa destiné à devenir prêtre de Sa et Kennit capitaine d’un navire pirate.
Althéa rêve de piloter le Vivacia, un vivenef . Ce bateau est fait de bois sorcier ; Ce matériau permet au navire de prendre vie lorsque 3 capitaines de la même famille décèdent sur son pont. C’est à la mort du père d’Althéa que le Vivacia prendra vie. Althéa, qui a toujours voyagé sur le navire en compagnie de son père, sait que c’est elle qui commandera le Vivacia lorsque son père rendra son dernier souffle. Et pourtant, c’est sa sœur aînée qui reçoit le navire en héritage, et par la même, son mari Kyle. Nouveau capitaine du Vivacia après son éveil, Kyle décide d’exclure Althéa de son équipage. Il sait pourtant qu’après l’éveil, il faut qu’un membre de la famille de l’ancien capitaine soit à son bord pour que le navire puisse être contrôlé. Ainsi, Kyle décide d’embarquer de force son fils Hiéman afin de respecter cette règle. Exclue, Althéa fait la promesse qu’elle récupérera le Vivacia, à n’importe quel prix.
Kennit, quant à lui, rêve de gloire et de puissance. Mais comment devenir chef des pirates alors que ceux-ci n’en désirent pas et préfèrent fonctionner dans l’anarchie et le chaos ? Il a un plan : développer un commerce avec les navires des marchands en leur proposant de les escorter afin de prévenir toute attaque de pirates ou de serpents de mer.
Une fois encore, après le cycle de l’assassin royal, Robin Hobb réussit à nous envoûter dans un style simple et prenant tout en ramenant le lecteur sur les rivages maudits. Pourtant, ce roman m’a laissé immanquablement sur ma faim : c’est le démarrage d’un nouveau cycle, donc l’action est peu présente car c’est la mise en place d’une nouvelle histoire. L’auteur s’attarde donc davantage à décrire les caractères de chaque protagoniste, à situer l’action en décrivant l’histoire de Terrilville et des pirates et également à expliquer le fonctionnement du bois sorcier et des vivenefs. Le style est vraiment fluide, mais malheureusement, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’elle prolonge, dilue, volontairement son histoire. Pourtant, j’ai senti que les différents personnages vont vivre des aventures palpitantes, mais là, dans ce premier tome, je n’ai fait que l’entrevoir. J’imagine Althéa se démenant pour récupérer son navire et Kyle prêt à tout pour arriver à acquérir la fortune et le pouvoir.
Attention, ce livre n’est pas dénué de qualité : un style efficace, accessible, des personnages charismatiques et un univers envoûtant, empli de magie, de légendes et de mysticisme. Les seules critiques que j’émets sont dues au fait que j’ai déjà lu le cycle de l’assassin royal et je n’ai pu que comparer les deux histoires et malheureusement, le premier tome des aventuriers de la mer est un cran en dessous. Et oui, je n’ai pas eu l’effet de surprise en découvrant un univers que je connaissais. De plus, Ambre, le personnage mystérieux de ce premier tome, ne l’est pas pour ceux qui ont déjà lu l’autre cycle de Robin Hobb. Pour conclure je dirais qu’il s’agit d’un bon roman qui promet une histoire où se mêle l’aventure et la magie, qui peut décevoir pourtant lorsque l’on connaît l’autre cycle de l’auteur.

Florent OLLIVIER


mardi 2 juin 2009

Vieille France de Roger Martin du Gard

Joigneau, le facteur de Maupeyrou petit village d’une centaine d’habitants, part prendre le courrier qui arrive par le train de 55 et commence sa tournée à 8heures.
Dès lors nous faisons connaissance avec les habitants du bourg, leurs soucis, leurs habitudes et leurs combines que Joigneau connaît bien.
Notre facteur possédant déjà un bon bagou aime en plus sentir, renifler et même si nécessaire passer les lettres à la vapeur et ainsi être au courant de tout.
Comme cela, de fil en aiguille, Joigneau fait et défait des intrigues.
Les Belges cherchent une personne pour les aider dans leur vieillesse et bien Joigneau envoie Mauriçotte. Les Bosse et les Querolles, veulent prendre en viager la mère Daigne. Notre facteur y mettra son grain de sel.
Et ainsi de suite avec les Ennberg, les Vernes… Bien entendu cela dans le but dans tirer un bénéfice.
J’ai apprécié cette lecture qui est finalement une chronique ordinaire, d’un jour ordinaire dans un village ordinaire de France pendant l’entre-deux-guerres.
La construction du livre fait penser à une multitude de tableaux qui se succèdent rapidement. Nous passons de la gare, à l’école, au bar-tabac, à l’épicerie, à la boulangerie et ainsi de suite.
Nous survolons la vie des personnages où l’auteur met surtout en valeur l’ambition personnelle ou plutôt l’égoïsme de chacun pour essayer d’avoir plus que son voisin.
D’autres descriptions du livre m’ont plu. L’organisation de la vie politique du village les gens de gauche au bar-tabac des Bosse et les gens de droite chez Mr Ferdinand le coiffeur, la présence de pensionnés de guerre, de veuves de guerre.
La vision de Mr des Navières sur l’argent et le rôle de l’Etat est intéressante et d’actualité.
Pour finir Roger Martin Du Gard nous montre que déjà les jeunes veulent quitter la campagne pour les grandes villes.
Un reflet au vitriol de la campagne française des années 30, mais un reflet très authentique.

Edouard RODRIGUEZ

vendredi 29 mai 2009

Terre des hommes de Antoine De Saint Exupéry

Dans « Terre des hommes » Antoine de Saint-Exupéry commence par nous parler de sa profession d'aviateur
pour vols postaux telle qu'elle existait dans les années vingt. A cette époque, la navigation aérienne se faisait à vue. Les voyageurs se repéraient aux paysages. A travers plusieurs anecdotes personnelles ou de ses confrères, Saint-Exupéry nous présente la Terre vue pendant le vol. Entre les repères visuels qui le guident vivent les hommes. Ces hommes, qui peuplent les différentes contrées, l'auteur ne nous les décrit pas comme une masse mais comme un addition d'individus. Chaque individu a sa vérité propre dans sa relation à lui-même et aux autres. Et lors de ses voyages, Antoine de Saint-Exupéry a pu collecter une foule de personnalités. Il y a : le citadin qui prend le bus, l'aviateur explorateur, le colon guerrier du désert, son opposant l'insurgé, l'esclave qui devient affranchi, le combattant espagnol républicain... tous vivent sur cette même planète et portent dans leurs idéaux, leur noblesse.
Pour commencer, le lecteur est confronté à l'appréhension du jeune pilote avant son premier vol. Ce sentiment n'est pas dû à l'avion qu'il va piloter ou la ligne qu'il va parcourir, il vient des disparitions de ses collègues plus chevronnés. Juste avant le vol, le débutant est instruit par le pilote aguerri et cette leçon transforme la géographie des cartes en géographie des hommes : les traits sans importance s'effacent et c'est la vie qui s'impose: la ville espagnole de Guadix n'est pas signalée par de grandes lettres couchées au sol mais par des orangers qui bordent un champ, un champ se change en piste d'atterrissage, une petite rivière se révèle être un piège sournois camouflé dans les herbes et un coin raisonnable pour servir de base. Mais quand les limites habituelles sont dépassées et que l'avion se retrouve par dessus l'océan avec une réserve de carburant limitée, alors ce sont les aventuriers qui s'élèvent et qui sont seuls responsables de l'arrivée du courrier à bon port. Cette charge, si importante, s'accompagne d'une mise en jeu encore plus grande : leur propre vie. Saint Exupéry conte des voyages dont l'issue est incertaine : parce que l'aviateur a perdu sa route et s'égare au dessus de l'océan, ou encore parce que le vent a mis l'avion à terre en plein désert.
Ce sont tous ces risques qui sont pris pour transmettre des nouvelles d'hommes à d'autres hommes. D'en haut le narrateur voit donc les hommes qui vivent ensemble et passent le temps en fraternisant, en s'aimant et en se combattant. Dans ces différents rapports entre eux, ils apprennent peu à peu, ils se rapprochent de leur propre vérité et si possible vivent leur vocation. Enfin l'auteur nous parle de l'humanité des hommes. Car les hommes ne deviennent humains que quand leur esprit les élèvent et qu'ils se mettent à créer. Ils peuvent créer du savoir, de la musique, des histoires, … Et ce sont ces instants qui les font heureux.
Pour finir « Terres des hommes » est un livre qui décrit la réalité au lecteur pour qu'il y trouve les trésors de l'humanité. Les histoires qui y sont contées sont uniques, mais les situations qui y prennent place exacerbent ces trésors. Ceux-ci aideront sans doute un jour les hommes à peupler ensemble leur terre pour qu'elle soit complètement une Terre des hommes.
Pris au fil des pages, le lecteur reçoit le message de l'aviateur, sa vision. Dans cette vision du monde, il existe des hommes.

Laetitia MENS

mercredi 27 mai 2009

Les livres magiques de Xanth Tome III : Château-Roogna de Piers Anthony

Xanth est un royaume magique. Outre les nombreux êtres féeriques, chaque humain y est doté d’un pouvoir unique. Seuls les pouvoirs les plus utiles et puissants donnent droit au titre de Magicien, et seul un Magicien peut régner sur Xanth. A 12 ans, Dor, qui est capable de parler avec les objets inanimés, est le seul Magicien de sa génération. Pour le préparer à ses futures responsabilités, mais aussi pour distraire ce garçon solitaire, le roi lui confie une quête : Ramener à la vie un zombi dont est amoureuse la belle Millie, une ex-fantôme. Pour cela, il va devoir aller chercher un élixir 800 ans dans le passé, à une époque où deux puissants magiciens s’affrontaient pour le trône…

L’idée de départ de l’univers créé par l’auteur est très intéressante : à chaque humain son pouvoir magique, différent pour chacun ; ils sont plus ou moins insolites et cela ouvre le champ à de nombreuses possibilités. D’autant que tout le royaume est bourré de magie et on ne peut pas y faire trois pas sans croiser sur son chemin de multiples créatures invraisemblables, animales ou végétales. La vie n’y est jamais monotone ! Comme en plus le livre est bourré d’action, nos héros se mettant dans des situations potentiellement mortelles à chaque instant, le lecteur ne s’ennuie pas non plus bien que les péripéties soient souvent assez prévisibles. Dor est plutôt attachant, et ses compatriotes aussi, mais le personnage le plus original est celui qui l’aide dans sa mission : Dudule, une araignée qui a été entraînée dans le passé avec Dor par mégarde et qui souhaite retrouver son époque… et sa taille habituelle, car son volume a augmenté au passage ! Dudule est vraiment extra, apportant le parfait contrepoint à la fougue de Dor, elle m’a beaucoup plu.

Cependant, ce qui tient le lecteur captivé de bout en bout dans ce roman, c’est l’humour. Il s’agit en effet d’un livre hilarant, où les jeux de mots se succèdent à un rythme infernal : au moins un par page, quand ce n’est pas une douzaine dans un unique paragraphe… Le traducteur, Dominique Haas, mériterait une médaille pour avoir réussi à rendre tout cela compréhensible, d’autant que je le soupçonne d’avoir réécrit lui-même une bonne partie des jeux de mots français.
Une lecture très très distrayante, pour faire travailler les zygomatiques !

Marie-Soleil WIENIN

lundi 25 mai 2009

Le peuple du vent de Viviane Moore

L'histoire se déroule aux confins du Château de Pirou et de la lande de Lessay, au 12ème Siècle, non loin de Coutances, en Normandie.
Le maître des lieux, Sirlon de Pirou, y accueille Muriel de l'Epine, sa soeur qui se meurt, accompagnée de son époux Ranulphe et de ses deux enfants, Mauger et Clotilde.
De nuit, éclairés par la lune, arrivent deux orientaux, Hugues de Tarse, versé dans l'art des plantes et autres mystères , et Tancrède, son disciple. Ils sont des accointances avec les Normands de Sicile et ils sont écoutés du baron normand, désespéré d'avoir perdu son unique héritier mâle et qui ne plaisante pas avec les privilèges des nobles, la justice qu'il rend est expéditive.
L'atmosphère s'alourdit quand Muriel de l'Epine trépasse, ses obsèques réveillent les jalousies et les vieilles querelles.
Hugues de Tarse enquête et découvre que Muriel a été empoisonnée par son mari par l'entremise de sa vieille nourrice au moyen de mandragore fermentée.
D'autres morts adviennent, dont celle de Ranulphe ainsi qu'une tentative d'assassinat sur la personne de Sirlon.
Il faudra lire l'ouvrage pour en apprendre plus. Si le décor est bien planté et les personnages entiers, j'ai eu du mal à croire à ces histoires sentimentales. La technique de construction est presque théâtrale par l'ambition de réunir tant de gens différents en un seul lieu et en un temps imparti si succinct. On se croirait dans une pièce de Beaumarchais avec des soubrettes, des Seigneurs, et des gens humbles qui se lamentent de l'esprit de classe. La description de la lande sinistre fait penser à celle des Dartmoors où sévisait le chien des Baskerville, entre autres. La raison incarnée par Hugues de Tarse donnera la leçon finale en un cours magistral.
D'aucuns préféreraient relire le Roman de la Rose, le Chien des Baskerville, ou Macbeth.

Gwenael CONAN

vendredi 15 mai 2009

Pas un mot... de Andrew Klavan

Nathan Conrad, docteur en psychiatrie à Central Park Ouest, mène une vie tranquille avec sa femme Agatha et sa fille de 5 ans Jessica, jusqu'au jour où l'un de ses confrères lui confie une jeune patiente atteinte de schizophrénie. Il s’agit d’Elizabeth Burrows, 18 ans, actuellement en détention hospitalière depuis le jour où elle a tué pour la seconde fois un homme, et cette fois-ci en l’égorgeant et en le découpant en morceaux. Elle semble posséder une force surhumaine inexplicable, car il avait fallu plusieurs hommes pour parvenir à l’immobiliser. Pourtant, elle reste calme et sereine lors des séances avec le psychiatre, du moins pour l’instant…
Dans le même temps, le Dr Conrad endure des problèmes sérieux et graves dans sa vie privée. En effet, des individus cruels et sans scrupules s’attaquent à lui-même et à sa famille. Jour et nuit, ces hommes les observent, les écoutent, les harcèlent,… et la police ne doit pas être prévenue, sinon…
Andrew Klavan nous fait découvrir ici un très bon thriller, on s’angoisse constamment pour la famille Conrad soumis aux ordres des ravisseurs. Comment pourraient-ils se sortir de cette terrible situation ? Pourquoi s’en prend-on à eux ? Nous saurons en lisant ce livre que ces pauvres victimes n’ont pas été choisies au hasard.
Par ailleurs, la présence d’une malade schizophrène apporte un élément de suspense en plus dans ce récit. En effet, on est continuellement sur ses gardes et on s’attend à tout moment à ce qu’Elizabeth se montre violente et dangereuse étant donné qu’elle a déjà commis des homicides. Et puis, on est un peu dérouté de l’entendre raconter des histoires invraisemblables ; on se demande alors ce qui est vrai là-dedans et ce qui représente simplement des hallucinations, notamment lorsqu’elle parle de ses amis secrets que visiblement elle seule peut voir et entendre ; elle nous brouille un peu l’esprit… En tout cas, Elizabeth croit dur comme fer à ses récits. Quoi qu’il en soit, il faut bien suivre ses souvenirs car c’est là justement que se trouve finalement la clé de l’énigme.
J’ai bien apprécié cet ouvrage « Pas un mot… », je le trouve très intéressant, en revanche, je regrette qu’il traîne parfois en longueur à cause d’un peu trop de descriptions dont l’auteur aurait pu s’en abstenir. Mais grâce à l’originalité du roman et au suspense qu’elle suscite, cela compense largement et on a envie d’avancer rapidement dans la lecture afin de découvrir le dénouement.

Ngan Dai BUI

mercredi 13 mai 2009

Le carrefour des écrasés de Claude Izner

Ce livre est un roman policier, de Claude Izner, qui est en fait, le pseudonyme de deux sœurs.
L’originalité de ce livre (et des autres qu’elles ont écrits dans le même style) est que les intrigues se passent toujours dans le Paris du XIXe siècle.
Dans celui-ci, un cadavre est découvert au « Carrefour des écrasés » pas loin de la rue Montmartre. Il s’agit d’une femme qui ne porte pas de chaussures. Ce jour-là, on apporte à Victor Legris (libraire rue des St Pères, une chaussure rouge contenant un papier à en tête de sa librairie. Fort de cette découverte suspecte, il va se lancer, comme à son habitude, dans l’enquête de ce crime.
J’ai adoré ce livre pour le lieu et l’époque auxquels il se situe, car j’adore Paris et le 19e siècle, mais aussi pour les descriptions qui nous replongent dans cette période et l’intrigue plus originale que dans d’autres romans policiers. De plus, à la fin, il y a une postface historique et réelle, de la vie des Parisiens à cette époque.
Un seul petit reproche, par moment, je trouve que l’auteur s’éparpille un peu en développement inutile. Mais l’ensemble reste très intéressant pour ceux qui aiment le 19e siècle.
Qui a commis ce crime et pour quelle raison ? A vous de le découvrir en lisant ce roman passionnant.

Hélène SALVETAT

mardi 12 mai 2009

Goodbye Columbus de Philip Roth

Ce livre est composé de six nouvelles qui se déroulent toutes aux Etats-Unis et sont en lien direct avec la religion juive.
La nouvelle principale Goodbye Columbus qui donne son titre au livre narre un amour d’été entre Brenda Patimkin, étudiante et Neil bibliothécaire qui vit chez sa tante à Newark.
Après plusieurs rendez-vous avec Brenda, Neil est invité à déjeuner chez les Patimkin et ainsi fait connaissance avec l’ensemble de la famille.
Puis de fil en aiguille Brenda se permet d’inviter Neil une semaine chez eux ce que Mme Patimkin apprécie peu. Un beau jour Neil veut que Brenda achète un diaphragme. Celle-ci réticente dans un premier temps, cède et va voir un médecin à New-York mais ignore que ce diaphragme causera la fin de leur histoire d’amour.
Les autres nouvelles sont plus courtes mais toutes très intéressantes. Y sont évoqués des sujets tels que les incohérences de la religion vues par un enfant perspicace, l’interdiction du vestimentaire religieux dans un quartier résidentiel et d’autres points en relation avec la religion.
Ce livre que j’ai trouvé agréable à lire nous apprend quantité de choses sur la religion juive et aussi sur la nature humaine. L’auteur ne fait pas qu’évoquer la religion (heureusement !) il y a surtout les relations humaines homme/femme, enfant entre eux et adulte avec enfant.
Derrière chaque nouvelle on s’aperçoit que la génération qui arrive demande toujours plus de tolérance à la génération précédente et que cette dernière a du mal à céder sur des principes religieux. Mais quasiment à chaque fois elle devra voir craqueler sa manière de vivre face à la jeunesse. Une des forces de ce livre est de montrer cette poussée mais avec humour et des fins de nouvelles jamais tristes.
Pour en finir l’auteur insère des personnages- des seconds dirait-on au cinéma-dans certaines nouvelles qui les rendent encore plus vivantes et croustillantes.

Edouard RODRIGUEZ