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vendredi 28 mars 2008

Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Harley Lewis

Edward est un génial inventeur de la préhistoire. Il vit en Afrique Orientale avec sa horde. Il n’a qu’une idée : faire évoluer son espèce à tout prix ! Pour lui, c’est une question de temps. Sa tribu doit évoluer ou disparaître. Il pousse donc ses fils à utiliser au maximum leur cerveau et se désespère de les voir réagir comme des… pithécanthropes. Il se heurte aussi à son frère Vania qui voit dans le progrès une arme terrible capable de tout détruire. « Back to the trees! » répète-t-il à court d’arguments.
Certains actes manqués d’Edward lui donnent raison, notamment le jour où il incendie la forêt en jouant avec le feu mais les innovations d’Edward permettent à sa tribu une nette avancée. C’est ainsi qu’il conseille à ses fils de chercher des femmes ailleurs que dans la tribu. S’ensuit une folle et harassante course-poursuite entre Ernest, un de ses fils, et la belle Griselda à travers le pays. Ernest (et le lecteur !) se rend compte qu’il a été mené par le bout du nez par une Griselda très féministe et qui savait exactement ce qu’elle voulait, en l’occurrence « épouser » Ernest. C’est là tout l’intérêt de ce roman très facile et agréable à lire, qui, tout en étant très documenté, repose sur un humour léger et décalé. L’auteur joue sur les anachronismes aussi bien de situations que de langage : ainsi il a choisi de faire parler l’homo erectus dans une langue châtiée. Ce livre aussi soulève des questions universelles que se posent Edward et sa tribu, mais aussi l’homme moderne : doit-on diffuser ou non les grandes découvertes, la technologie doit-elle servir les plus forts ou aider ceux qui en ont besoin ? Bien sûr, je n’ai pas hurlé de rire à la lecture de ce roman, comme l’a fait Théodore Monod, mais j’ai passé un agréable moment, d’autant plus que ce n’est qu’à la fin de l’histoire qu’Ernest, le narrateur, nous révèle à nous lecteurs mais aussi à ses fils pourquoi il a mangé son père.
Delphine Le Perf

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