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vendredi 7 novembre 2008

Des lendemains de fête de Pascal Sevran

Le décès de Stéphane, compagnon de pascal SEVRAN, est l’occasion pour l’auteur de « résumer » sa vie. Jour après jour, SEVRAN nous décrit sa vie, mais surtout ses relations avec autrui. Le journal débute le 23 décembre 1999. Pascal est entouré de beaucoup de femmes qui le respectent et fréquentent sa villégiature : François lit des études « scientifiques signées par des gourous, ou encore Christiane sa sœur, Lily, Dalida, Françoise Giroud.Il est entouré de grands personnages : François Mitterrand, Bertrand Delanoë, Charles Trenet, Roger Hanin, Jean Claude Brialy. D’ailleurs Delanoë n’est pas encore maire de Paris. La perte de Stéphane est pour SEVRAN, la fin d’une étape ; mais il conçoit que c’est son malheur à lui : « Tout le monde ne peut pas être malheureux à la même heure que moi ». Il souhaite tourner un peu la page, pas totalement. « Je ne suis pas obsédé par le passé, je ne me tiens pas à sa disposition ». Lorsque les souvenirs lui remontent à la surface en des lieux précis, il précise d’ailleurs « Stéphane est partout de toute façon. Je ne veux pas m’abîmer à le fuir, ni courir derrière lui. Pour ne pas perdre l’équilibre, j’avance prudemment ». SEVRAN est réaliste : la vie continue. Il reprend son testament rédigé et signé. Il tente une seconde aventure avec Laurent T, timide et prudent. Celui-ci quitte sa ville de Genèvre pour se rapprocher de Pascal : il abandonne son métier de paso-doble pour devenir taxi boy à Paris. Le journal se termine momentanément le 1er novembre 2000. Certes, tous nous nous sommes fixés une image de Pascal SEVRAN : pédant et imbu de sa personne, éloigné du quotidien des Français moyens. Mais à travers ce livre, on découvre un tout autre personnage : c’était un être d’une exceptionnelle culture qui est attiré par la simplicité des pensées. Le lecteur, à travers les lignes, verra que l’auteur est assagi par les mêmes doutes que nous tous : la vie, la place de la mort, le rôle des relations humaines, la solitude. On s’exalte à lire des phrases telles que « L’âme, c’est ce qui reste de nous quand il ne reste rien. Elle nous survivrait. C’est la version officielle ». « Des lendemains de fête » est plus un roman qu’un journal. En effet, il est écrit de telle façon que le lecteur ne peut s’épuiser à le parcourir. Les dates sont uniquement indiquées pour ne pas perdre le fil des pensées. Mais on pourrait les effacer, que le livre n’y perdrait aucun intérêt. « Écrire c’est aimer. Écrire c’est être aimé »dit Pascal SEVRAN. Cet être a disparu de la même manière que d’autres : « Des hommes et des femmes qui occupaient hier encore une place considérable dans ma vie, s’en sont allés, s’en vont comme des voleurs ». Un livre à lire et à relire.
Christine Sophie BELLOT

jeudi 10 avril 2008

Paris est une fête d'Ernest Hemingway

« Paris est une fête » nous raconte le Paris de la « génération perdue », le Paris que Hemingway connut entre 1921 et 1926. Alors jeune écrivain marié à Hadley, Hemingway écrit des articles pour un journal, puis des nouvelles, attablé aux cafés parisiens avec l'alcool pour illustre compagnon. Hemingway nous livre ici ses errances désargentées, ses égarements dans les méandres du jeu, la faim qui le hantait, et les processus mêmes de son écriture, ou encore comment il chassa un futur critique raté de son café à lui et comment il rassura un ami sur sa virilité. Suivez-le, vous croiserez Joyce et Fitzgerald, et puis des femmes, Zelda la jalouse dépressive ou Gertrude Stein. Jamais vous ne quitterez ce Paris bouillonnant d'odeurs, de personnages et de sons, qui « valait toujours la peine » et où l'on parlait américain à la Closerie des Lilas, le Paris de toute une époque qui surgit si nettement au fil de l'écriture. Car le style clair d'Hemingway, tout de juxtapositions expressives, ses longues phrases cadencées de virgules et de « et », s'emploient à vous envelopper dans son temps, à vous plonger tout entier dans l'ambiance si singulière d'un Paris effervescent. On aime être ainsi comme bercé par une mer d'une limpidité sans détour, régulièrement agitée de détails pittoresques qui surprennent et tiennent en éveil tous les sens : bribes de dialogues lancées à la volée, anecdotes pleines d'humour, le tout sur un ton parfaitement naturel qui cache un style savamment travaillé.
Laurie BAYET

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