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mercredi 16 juillet 2008

Sourires de Loup de Zadie Smith

En ce 1er Janvier 1975, Archie Jones, en faillite et en plein divorce, décide de se suicider. Mais interrompu dans sa tentative, il y voit un signe du destin : la vie lui offre une deuxième chance.
Ivre de joie, partant fêter la nouvelle année, il rencontre alors Clara, une jeune jamaïcaine de la moitié de son âge, désireuse d'échapper à une mère fanatique, témoin de Jéhovah. Très vite, ils se marient et ont une petite fille, Irie. Samad, quant à lui, est le meilleur ami d'Archie. Ils ont servi ensemble pendant la seconde guerre mondiale. D'origine Banghladi, il a émigré en Grande-Bretagne avec sa femme. Ils ont des jumeaux, Magid et Millat, du même âge qu'Irie. Mais pris dans un conflit moral entre sa foi musulmane et son éducation et un mode de vie occidentalisé qu'il perçoit comme une menace pour son intégrité morale, Samad a bien du mal à concilier les deux... Ce roman est difficile à résumer : très dense, il est divisé en plusieurs parties centrées sur un ou plusieurs protagonistes à des périodes différentes, de 1975 à 2000. Dans un style extrêmement agréable et unique, hyper réaliste et plein d'humour, l'auteur alterne les points de vue, les flash backs, les dialogues, ces différents récits se mêlant pour n'en former qu'un. C'est un livre drôle, accessible, bourré de références érudites ou de clins d'œil à la culture populaire. On se laisse embarquer dans cette saga familiale fine mais nerveuse, qui aborde une multitude de sujets, de l'immigration à l'eugénisme en passant par le fanatisme, l'amitié ou le conflit des générations. J'ai adoré ce roman, accessible et prenant malgré une complexité et une richesse rares. La variété des sujets abordés est impressionnante, et tous le sont avec une égale pertinence. Au-delà de ça, j'ai apprécié la galerie de personnages, attachants et complexes, que l'auteur a mis en scène, dans un Londres multi-ethnique vivant et coloré. Ce récit aurait pu être noir et pesant : il est en fait plein d'un humour pince-sans-rire qui donne à ce tableau des origines, des espoirs et des difficultés de communautés cosmopolites, une légèreté et un sel qui font tout son charme. Un roman divertissant, enrichissant, passionnant, à ne pas rater !
Fanny LOMBARD

vendredi 4 juillet 2008

Le dernier train du Katanga de Wilbur A. Smith

La population de Port Rivière, au Katanga, est menacée par des Baloubas en révolte. Pour les secourir, le gouvernement missionne un groupe de mercenaires commandés par Bruce Curry.
C’est à bord d’un vieux train qu’ils doivent mener à bien leur tache : traverser le pays sous la menace des sauvages et sauver les habitants de la ville en danger, parmi lesquels, une ravissante jeune femme Shermaine. Or, une fois arrivé, il faudra aussi qu’ils récupèrent le stock de diamants de la compagnie minière. Ce qui ne sera pas une mince affaire entre les attaques des sauvages, les antagonismes des mercenaires entre eux et la convoitise… Nous voilà embarqué dans une grande aventure en Afrique, une région que l’auteur connaît bien et sait si bien nous raconter. Ici en l’occurrence, nous sommes au Katanga, une province du Congo Belge au moment où ce pays vient d’acquérir son indépendance. Inutile de dire que les choses ne se passent pas très bien pour les blancs encore sur place. Les rivalités entre tribus pour la conquête du pouvoir commencent en effet et les blancs en font les frais. Cela peut paraître un sujet sérieux mais je n’ai absolument pas eu ce sentiment grâce au talent de conteur de l’auteur qui sait très bien susciter notre intérêt. Les paysages, la chaleur, les pluies torrentielles, les sentiments des uns et des autres, sont admirablement bien retranscrits par une écriture simple mais très « parlante » : Phrases courtes, dialogues nombreux, pas de temps perdu pour des longues descriptions et pourtant on a l’impression d’y être. Du coup, bien que le roman ne soit pas très long (312 pages), on apprend plein de choses sur le pays et ses habitants, sur la corruption des fonctionnaires, sur la paresse et le besoin d’alcool des gendarmes noirs, sur les dangers encourus par les colons blancs et surtout sur les mercenaires…En effet pourquoi choisit-on d’en devenir un et est-on toujours aussi dur que l’on veut bien le laisser paraître ? Quatre nous sont présentés dans cette histoire et leur évolution est différente ce qui ajoute à la richesse du récit. Et puis, il y aussi de l’amour dans ce monde de brutes et de violence, alors on a de l’espoir, cela contrebalance la sauvagerie et l’angoisse ambiante ! Pour être franche, ce n’est pas le roman le plus réussi de Wilbur Smith, il faut dire qu’il fait partie de ses premiers, les suivants sont plus aboutis, plus profonds. Mais je me suis quand même régalée. J’ai trouvé à travers cette lecture un dépaysement total, de l’action, du suspense et de l’amour. Que demander de plus ??
Nicole VOUGNY

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