A St Andrews, en Ecosse, une froide nuit de décembre 1978, à quatre heures du matin, quatre jeunes hommes éméchés découvrent le corps de Rosie DUFF, in articulo mortis. Elle a été violée,
poignardée et laissée agonisante dans un antique cimetière celte. Les jeunes hommes alertent immédiatement la police, mais tout les accuse, ils n'échappent pas aux soupçons des enquêteurs, de la presse et de ses articles au vitriol, à la vindicte populaire. Faute de preuves, ils sont laissés en liberté après des interrogatoires éprouvants.
Trente ans plus tard, la police décide de rouvrir le dossier, confortée par les nouvelles possibilités de la recherche médico-légale. L'enquête patauge toujours, l'un des protagonistes décide, malgré les risques, de forcer le destin pour connaître la vérité et confondre le coupable. Le résultat sera saisissant.
La romancière, Val McDermid, ancienne journaliste, nous prend aux tripes par sa maîtrise des arcanes de l'âme et de l'esprit, des multiples connexions de la chair et du sang. Elle traite sa matière dans toute son ampleur et sa profondeur, psychologique et sociologique. Cette auteure est vraiment impressionnante, il n'est pas possible de passer à côté. Personne n'est vraiment innocent, chacun a ses préjugés, ses forces et ses faiblesses. Elle décrit avec science et subtilité les tourments de la psyché au moyen d'un camaïeu qui s'étale du gris anthracite au gris clair. Val McDermid domine son sujet, à lire absolument.
Gwenael CONAN
Affichage des articles dont le libellé est nuit. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nuit. Afficher tous les articles
jeudi 9 juillet 2009
lundi 28 avril 2008
Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu
Mathias, la trentaine, est extrêmement affecté par la disparition de sa mère. Comment surmonter cette peine ? Comment combler ce vide qui s’instaure peu à peu ? Comment accepter que l’être aimé ne sera plus jamais là ? Heureusement, en sortant de l’hôpital, sur
le parking, il fait la connaissance d’un géant de 4,5 mètres prénommé Jack et expert en « ombrologie ». Celui-ci, à travers un voyage au pays des morts, va l’accompagner dans cette difficile épreuve, l’aider à soulager sa terrible souffrance et à faire ainsi son deuil.
Matthias Malzieu, pour ceux qui ne le connaissent pas, est le chanteur complètement survolté de Dionysos. Appréciant tout particulièrement ce groupe, c’est donc tout naturellement que je me suis procuré cet ouvrage. Cependant, étant donné le thème abordé, à savoir la perte d’un parent proche, j’appréhendais quelque peu ma lecture. J’avais peur que ce soit triste, larmoyant, que l’auteur s’apitoie sempiternellement sur son sort. D’ailleurs, j’ai longtemps hésité avant d’ouvrir le livre et de m’y plonger. Je trouvais toujours une excuse pour repousser à croire qu’inconsciemment je craignais sans doute d’affronter la mort. C’est dire à quel point dans notre civilisation, la mort est vraiment un sujet tabou ancré au plus profond de nous-même. Et puis, une fois lancée, je me suis laissé agréablement emporter par l’univers onirique, poétique et décalé de Mathias Malzieu que l’on trouvait déjà dans ses différentes chansons. Ce texte court, merveilleux conte initiatique, où l’auteur relate sa douloureuse expérience et qui, soit dit en passant, fait beaucoup penser aux œuvres de Tim Burton, de Lewis Carroll ou encore de Roald Dahl, vous aide finalement à considérer la mort autrement.
Je conseille évidemment de le lire avec en fond sonore « Giant Jack is on my back » disponible sur l’album « Monsters in love ».
Marlène EVEN
mercredi 26 mars 2008
La nuit du forain de Dean Ray Koontz
Mardi 16 août 1955. Ellen Straker, vingt ans, se plonge une fois de plus dans son whisky, tentant désespérément d’y noyer son chagrin. Son fils qu’elle a eu avec Conrad, forain de son état, ne lui inspire pas confiance, malgré ses six semaines seulement
d’existence. Ce n’est pas tant sa laideur que le côté maléfique de son bébé qui la tourmente. Elle est persuadée que celui-ci veut la tuer : elle va donc l’assassiner au cours d’une soirée très mouvementée… Conrad ne lui pardonnera jamais. Après l’avoir mise à la porte, il lui jure qu’il passera sa vie à la traquer dans le but de se venger de ce meurtre.
Vingt ans plus tard. Ellen est remariée, a deux enfants, Joey et Amy. Elle est toujours alcoolique et sa famille ne sait rien de son passé tumultueux. Comment expliquer à sa fille Amy qui est enceinte, qu’elle doit non seulement se faire avorter mais surtout ne jamais avoir d’enfant ? De son côté, Conrad est toujours forain et voyage de ville en ville avec ses manèges dans le seul but de retrouver son ex-femme et de lui faire payer très cher le crime commis vingt ans auparavant.
A la lecture de ce roman, j’ai ressenti l’atmosphère très pesante que l’auteur a sans aucun doute voulu exprimer à travers les personnages de Conrad, Ellen, Joey, Amy et son amie Liz. Le suspense est omniprésent dès les premières lignes et ne fait qu’augmenter pas à pas jusqu’au point final de la dernière page. Avec ce livre, Dean Koontz a réussi à me captiver comme pourrait le faire Stephen King au meilleur de sa forme. Il m’a été très difficile de lâcher le livre et j’ai même eu par moments l’impression très réaliste de regarder un très bon film d’épouvante à la télévision. J’ai également eu le sentiment de lire beaucoup plus vite que d’habitude, comme pris dans le tourbillon des manèges du forain. Le roman se termine en apothéose avec une troisième partie d’une intensité incroyable, et je pense qu’il n’est pas exagéré de dire que l’on peut enfin recommencer à respirer normalement en refermant cet ouvrage.
Je conseillerais ce roman à toutes les personnes aimant le suspense insoutenable avec un brin de fantastique, ainsi qu’aux amateurs de films à sensations. Ce n’est pas le premier livre de Dean Koontz que je lisais, mais « La nuit du forain » est pour l’instant celui que je qualifierais comme étant le meilleur.
Laurent ENGLE
jeudi 14 juin 2007
Les nuits blanches du chat botté de Jean-Christophe Duchon-Doris
Voilà un livre qui ressemble à une recette de cuisine. Tous les ingrédients y sont: le charme du passé (l'histoire se déroule en 1700), du mystère (c'est une enquête policière), des crimes (un peu gores), du sexe (un peu hard), des héros qui ne s'aiment pas d'abord mais qui s'aimeront à la fin. Donc, cela devrait faire un bon mets.
L'intrigue bien menée soutenue par des évènements nouveaux qui rythment régulièrement le récit, entraîne le lecteur toujours plus loin. On comprend toute
fois assez vite de quoi il s'agit surtout si l'on a la curiosité de s'attarder sur le titre! Une partie seulement du mystère est alors dévoilée. Reste l'auteur des crimes…
Quant à l'idée de départ, on y sent une forte "inspiration" de la sombre histoire du Gévaudan sous Louis XV.
L'auteur met beaucoup d'application à décrire la Nature des Alpes. Les détails y sont très travaillés même s'il est un peu surprenant de voir un personnage chasser une guêpe importune alors qu'il a les deux pieds dans la neige !
Pourquoi ce livre, malgré le bon moment que j'ai passé à le parcourir m'a-t-il laissé une impression de frustration chagrine ?
Tout simplement parce que les personnages n'ont aucune dimension émotionnelle, aucune consistance psychologique. Par conséquent, aucune possibilité de s'attacher aux héros.
On a donc à faire à un roman d'aventures uniquement descriptif, excellent scénario pour un téléfilm mais de littérature, point.
C'est toutefois un bon compagnon pour un voyage en train ou une longue attente chez le dentiste !
Florence TOUZET
fois assez vite de quoi il s'agit surtout si l'on a la curiosité de s'attarder sur le titre! Une partie seulement du mystère est alors dévoilée. Reste l'auteur des crimes…
Quant à l'idée de départ, on y sent une forte "inspiration" de la sombre histoire du Gévaudan sous Louis XV.
L'auteur met beaucoup d'application à décrire la Nature des Alpes. Les détails y sont très travaillés même s'il est un peu surprenant de voir un personnage chasser une guêpe importune alors qu'il a les deux pieds dans la neige !
Pourquoi ce livre, malgré le bon moment que j'ai passé à le parcourir m'a-t-il laissé une impression de frustration chagrine ?
Tout simplement parce que les personnages n'ont aucune dimension émotionnelle, aucune consistance psychologique. Par conséquent, aucune possibilité de s'attacher aux héros.
On a donc à faire à un roman d'aventures uniquement descriptif, excellent scénario pour un téléfilm mais de littérature, point.
C'est toutefois un bon compagnon pour un voyage en train ou une longue attente chez le dentiste !
Florence TOUZET
Inscription à :
Articles (Atom)