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vendredi 2 mai 2008

Le secret des enfants rouges de Claude Izner

27 Mars 1892. Une explosion secoue le quartier de la rue de Clichy. A sa table de travail, un homme couche sur le papier la mission divine qu'il se doit d'accomplir. Quelques temps plus tard, un assassinat en Ecosse et le cambriolage de l'appartement de Kenji Mori à Paris sont perpétrés. Lors de ce cambriolage, les voleurs n'ont emporté qu'une coupe exotique sans grande valeur. Les rapports entre ces trois évènements nous sont dévoilés au cours de ce roman. Le personnage central de ce livre est Victor Legris. Aidé de son père adoptif, Kenji Mori, de Joseph Pignot son commis à la librairie Elzevir sise rue des Saints Pères, il nous entraîne dans le Paris de la fin du XIX siècle. Sur fonds d'attentats terroristes dus aux groupuscules anarchistes de l'époque, Victor Legris se lance dans une enquête où tous les faits s'imbriquent les uns dans les autres. A travers les quartiers et les rues de Paris décrits dans ce roman, nous suivons une certaine évolution de la société parisienne de cette période avec ses quartiers bourgeois et populaires, ses fiacres et ses premières automobiles, son opulence et sa misère. Ce livre s'attache plus particulièrement au milieu des chiffonniers parisiens et au quartier des Enfants-Rouges. Nous y faisons la connaissance de personnages typiques et haut en couleur avec leurs expressions argotiques du Paris miséreux de l'époque. Nous jouons au jeu des "Maléfices" (jeu de rôle de cette période), nous découvrons les théories du chaînon manquant prôné par Ernst Haeckel et Eugène Dubois. Nous croisons la route de Toulouse-Lautrec, Paul Verlaine, Paul Fort et bien d'autres. Je n'avais jamais lu d'ouvrages de Claude Izner (écrivain à quatre mains), mais j'ai été enchantée par cette lecture. L'intrigue policière permet de découvrir une période de l'histoire de Paris que je ne connaissais pas et cela m'a beaucoup plu.
Dominique BLANCHO

vendredi 18 janvier 2008

Un secret de Philippe Grimbert

Le narrateur est chétif, malade. De par son état, il se retrouve isolé des autres enfants. En outre, ses parents sont très déçus de ne pas avoir un garçon vigoureux et sportif comme eux-mêmes le sont. En effet, la mère est une nageuse hors pair. Le père est un athlète sans concurrent. Pour faire face à cette situation, l’enfant s’invente un frère. Bien sûr, ce frère est fort, domine tout le monde ; bref il est le meilleur sans aucun doute. Ce frère imaginatif lui permet de « supporter » la vie quotidienne mais aussi la vie d’après guerre. En effet, l’histoire se déroule en France après la seconde guerre mondiale. La vie pourrait continuer ainsi sur ce mensonge. Si ce n’est… qu’un jour, il découvre, grâce à l’amie de ses parents (Louise), que ce frère imaginatif a réellement existé. La vie du narrateur s’écroule alors… cette vie qu’il dirigeait dans son monde intérieur doit surmonter la vérité… cette vérité qui se déroulait durant l’holocauste. Abasourdi, il découvre que ses parents, avant de se marier, étaient beau-frère et belle-sœur. Il apprend ce que fut la vie durant la guerre : la fuite devant l’ennemi, le port de l’étoile, le passage en zone libre, les trains partant pour les camps de concentration. Tout se bouscule dans sa tête. Mais heureusement, le narrateur gardera la tête froide et aidera ses parents en fin de vie à supporter ce terrible secret.
En ouvrant les premières pages de ce livre, on pourrait croire que l’auteur se contentera de raconter ce frère inventé. Or, il n’en est rien. A travers la découverte du lourd secret familial, le lecteur découvre la vie durant la guerre. Cette vie n’est pas vécue par un enfant, mais par un adulte. La transmission du secret est parfaitement rédigé : les yeux de l’adulte ont vu, mais il est raconté de telle façon que l’enfant puisse comprendre la détresse psychologique de l’époque. Il n’y a aucun jargon historique, aucun parler historien… Le récit est écrit de façon simple et surtout très limpide. Bref c’est un véritable roman que vous avez entre les mains. Ce n’est pas ici un énième livre sur la seconde guerre. C’est une histoire vécue d’un autre genre, d’une autre dimension. Face au secret, l’enfant réagit en menant une réflexion de son âge : « doit il parler ouvertement à ses parents ou au contraire se taire et aggraver alors sa détresse personnelle ? » On voit très bien aussi dans ce roman, le rôle crucial de l’amitié qui ne faillit à aucun moment. Louise, l’amie des parents, est la clef qui ouvre la porte à la vie… C’est un livre à lire et à relire pour ne pas oublier les affres de la seconde guerre.
Christine BELLOT

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