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lundi 23 mai 2011

Soie de Alessandro Baricco


L’histoire débute dans les années 1860. Nous sommes dans le village de Lavilledieu (situé dans le sud de la France) qui connaît à ce moment là un essor mirobolant grâce à l’industrie du vers à soie.
Malheureusement, au moment où débute le récit, une épidémie menace cette belle ascension économique et une solution doit être trouvée pour éviter la contamination des vers à soie.
Hervé Joncour, éleveur de son état, est alors désigné pour effectuer ce sauvetage et ramener pour les industries de Lavilledieu, des vers sains. Pour cela, il va devoir entreprendre au total quatre expéditions qui le mèneront dans un pays considéré alors comme le bout du monde : le Japon.
Commence alors un voyage pour le lecteur qui comme Hervé Joncour se retrouve transporté dans un pays inconnu.
Au fil des pages nous découvrons les hauts et les bas de la vie industrielle de ce petit village ardéchois et de quelques-uns de ses habitants ; puis nous sommes amenés à découvrir ce Japon qui se développe et s’ouvre à peine vers l’extérieur en cette seconde moitié du XIXème siècle.

Nous partageons également les émotions d’Hervé Joncour, qui sera à jamais différent de celui qu’il était avant ces expéditions.
L’amour, la passion, la découverte, le désir, l’amitié, l’attente, la perte, la déception, la dévotion sont autant de sentiments décrits au fil des pages de ce livre et qui nous transporte tout comme l’ensemble des personnages.

Ce roman est tissé comme une fable, comme une légende à laquelle on veut croire. C’est une très belle histoire.
Les paragraphes n’excèdent pas deux pages, ce qui rend la lecture fluide et agréable. Le livre peut se lire d’une traite, il est court et prenant, peut-être un peu trop court car je pense que certains passages et certains sentiments auraient mérités d’être un peu plus approfondis. Cependant, cela reste un avis personnel et je pense que l’auteur a voulu justement laisser une grande place à l’imagination et aux émotions du lecteur.
J’aime beaucoup comparer mes premières impressions de lectrice ou l’image que je peux me faire des personnages avec les films issus de ce genre de livre ; c’est pourquoi je vous conseille de visionner après votre lecture « Soie » du réalisateur François GIRARD avec Keira KNIGHTLEY et Michael PITT, pour le coup, les sentiments y sont très bien retranscris, le scénario est assez fidèle à l’œuvre et les paysages sont magnifiques.


Emeline MICHAUT

lundi 14 janvier 2008

L'Impératrice de la soie Tome II - Les yeux de Bouddha de José Frèches

"Cinq défenses", jeune moine intègre et dynamique, envoyé par son Supérieur "Pureté du vide" au monastère tibétain de Samyé pour lui ramener le sûtra de la "Logique de la vacuité pure", ne sait pas vers quels dangers son maître l'a précipité à son insu. Sur sa route il rencontre Umara, la fille d'Addai Aggai dirigeant de l'église Nestorienne, dont il tombe éperdument amoureux en dépit des vœux de chasteté qu'il a prononcé. Ensemble ils vont tenter de sauver les jumeaux célestes devenus les protégés de l'impératrice au grand dam de la police impériale. Parachutés au carrefour d'un inextricable imbroglio de trafic de soie, de reliques religieuses essentielles à la stabilité de la paix entre les différents courants du Bouddhisme, de massacres perpétrés par les Turcs et de "Nuage fou" alias Rahula indien adepte du tantrisme, drogué et assassin, prêt à tout pour s'octroyer le pouvoir religieux jusqu'à se mettre lui aussi sous la protection et au service de l'Impératrice Wuzhao, leur amour sera durement mis à l'épreuve.
Dans ce second tome de "L'Impératrice de la soie", la fresque continue, les situations s'enchaînent sans répit, les histoires parallèles se suivent et se percutent violemment dans une parfaite cohérence où l'inédit n'a d'égal que l'incroyable voyage dans le temps et l'espace qu'offre "Les yeux de bouddha", suite du premier tome "Le toit du monde". C'est la succession du bras de fer entre divers courants religieux qui pour satisfaire le prosélytisme nécessaire à leurs expansions, n'hésitent pas à enfreindre les lois et à défier l'empereur de Chine. Les moines et adeptes de base ne sont que les abeilles de ruches bouillonnantes que les Supérieurs manipulent au gré de leurs intérêts, sujets-cautions des puissants et éléments négligeables. José Frèches avec ce second tome ne fait pas tomber la pression, le suspens et l'imprévu. Comme dans un tourbillon facétieux, les personnages liés par des intérêts communs, des liens familiaux ou religieux, sont ballottés jusqu'à se remettre en question et à redéfinir leurs idéaux. Là encore l'auteur nous montre que rien n'est jamais acquis et figé, que les événements sont plus forts que les projets que nous formulons, et sans cesse ils nous forcent au renoncement, pour rebondir dans ce que la vie a de plus intime, l'instinct d'aller de l'avant pour mieux s'aimer. On ne peut attendre au milieu de cette trilogie la révélation finale que l'auteur sait faire monter en puissance pour nous tenir en haleine. Tels les mets d'un même repas les chapitres et au-delà les trois volumes attisent notre gourmandise et se dévorent goulûment, sans même étancher la soif de connaître la suite que la fin saura peut-être calmer et avec elle cette faim.
Frédéric MOLLICA

mardi 20 novembre 2007

L'Impératrice de la soie Tome I - Le Toit du monde de José Freches

Un viol dans un monastère, une concubine de cinquième rang propulsée au rang d'Impératrice, un moine rompu aux arts martiaux affublé d'une mission très délicate, et d'autres situations encore, sans rapport entre elles à priori, vont se rejoindre magistralement dès le début de ce premier tome au style clair, enchaîné, palpitant et de plus très didactique sur le Bouddhisme. Entre la Chine, l'Inde et le Tibet se trame sous fond de concurrences religieuses pacifiques, un trafic de fabrication de soie clandestine qui s'oppose à la toute puissante Chine impériale. Malgré le monopole exclusif de cette denrée imposé par l'Empire chinois, l'argent généré par son commerce attise les convoitises des différentes obédiences pour servir de moteur à leurs expansions et ainsi chacune espère devenir la religion principale de l'Asie et surtout de la Chine. La technique d'élevage des chenilles du Bombyx, l'exploitation du fil précieux extrait du dévidage des cocons, les procédés de teinture des tissus de soie, sont des secrets qu'il va falloir découvrir au mépris de tous les dangers en défiant les services de polices de l'Empereur au péril de la vie et surtout de la ruine des puissances commanditaires.
Ce premier tome d'une trilogie nous laisse sur notre faim, et un désir irrépressible s'empare de nous de lire la suite. Les personnages bien campés et hauts en couleurs gardent une humanité pleine de sensibilité, de compassion et souvent de cruauté. Les premiers chapitres dédiés à la mise en scène des différents protagonistes peuvent dérouter une lecture trop linéaire de l'histoire. Ils apparaissent comme les couches successives d'un mille-feuilles aux multiples textures, pour ensuite se fondre les unes dans les autres et fusionner comme les affluents font naître les grands fleuves. L'impératrice de la soie avec ce premier tome : Le Toit du monde, surprend déjà par le nom de l'auteur à consonnance occidentale, et pourtant si on ose sa lecture on est dès le début happé par un fort courant d'aventure et de dépaysement qui transporte aux temps anciens de l'Asie où la route de la soie drainait non seulement cette dernière mais aussi tout un cortège de drames et de bonheurs pour que la cupidité de beaucoup et l'amour de certains s'équilibrent afin que le monde humain perdure toujours et encore. Wuzaho saura-t-elle à force de séduction amoureuse et de vilenies, parvenir à sa destiné prophétique et remplacer son mari Gaozong, esclave de ses charmes, sur le trône de l'Empire ? Cinq défenses, moine intègre du grand véhicule bouddhique sauvera-t-il les jumeaux célestes qu'un marché de dupe a mis dans ses bras ? L'éléphant blanc sacré est-il mort dans le froid du Tibet abandonné par Bouddhabadra dont le sort final n'a rien d'enviable ? ... et mille autres questions auront-elles leurs réponses dans le second ou le troisième tome ? A vous de les lire. Frédéric MOLLICA

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