lundi 20 octobre 2008

Le conte de la novice de Margaret Frazer

C'est en Angleterre en 1431 dans un monastère de moniales bénédictines, Sainte-Frideswide. En ce début de septembre, Thomasine, une jeune novice de 17 ans attend la fête de la Saint-Michel pour prononcer ses voeux perpétuels. En présence de la Mère abbesse, Mère Edith et de la Mère Hôtelière, Mère Frevisse, elle rencontre Maître Chaucer, érudit apparenté à Mère Frevisse et qui a été membre du Conseil du Roi. Tous les trois devisent de leurs familles et des affaires du Royaume. L'arrivée en grand équipage de la grand-tante de Thomasine, Lady Ermentrude, vient troubler la paix bénédictine. Accompagnée de Sir John et de Lady Isobel, Ermentrude, irascible et portée sur la dive bouteille, veut imposer sa volonté à Thomasine et la détourner de sa vocation pour contracter mariage et rehausser le blason de la famille. Entre deux échanges verbaux orageux la cuisinière de Lady Ermentrude, Martha, périt empoisonnée, puis c'est le tour de sa maîtresse. L'enquêteur de la Couronne pour le Comté d'Oxford, Maître Montfort, s'entremêt et veut des résultats rapides. Il lui faut vite un coupable et s'acharne sur Thomasine qui, selon lui, avait une raison de vouloir la mort de Lady Ermentrude. Il faut toute la sagacité de Mère Frevisse et le prestige de Maître Chaucer pour protéger Thomasine du magistrat obtus et manifester la vérité. L'auteur prend son temps pour poser le décor et s'attarde sur les descriptions des lieux et l'analyse psychologique des personnages.Il faut bien attendre la moitié de l'ouvrage pour qu'il y ait un peu d'action et de tension dramatique, sans doute est-ce beaucoup. Le suspense est bien géré et l'auteur, avec finesse, nous dirige sur des fausses pistes. La romancière a de la sympathie pour les personnages et l'on est loin de l'ironie sardonique du Roman de la Rose d'Umberto Eco et des caricatures grossières de Jean-Jacques Annaud dans son film éponyme. Les faiblesses du livre sont son manque de rythme et d'action même si le suspense de la fin rachète les longueurs du début. Ses forces sont la finesse psychologique et la précision historique. C'est de la fine dentelle pas un thriller haletant.
Gwenael CONAN

1 commentaire:

Anonyme a dit…

j'aime beaucoup cette serie 10/18 que je lis un peu dans le desordre mais cela ne ma gène pas
j'ai commencé par la 3° avant de lire celui -ci et j'ai tout de suite aimé l'ambiance historique et policière très bien mené.

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