vendredi 10 avril 2009

Le messager des sables de Anthony Audouard

A peine rentré d’un voyage en Egypte, Vincent apprend la mort de son meilleur ami. A la sortie de son enterrement, il se fait renverser par une voiture. Il s’évanouit et nous le retrouvons quelque 200 ans plut tôt, en 1798, se réveillant d’un choc avec la voiture du savant Vivant Denon qui le prend sous sa protection. Quelque temps plus tard, ils voguent vers l’Egypte en compagnie de Bonaparte, participant au passage à la prise de Malte où un vieux chevalier offre à Vincent une croix d’argent qui semble recéler bien des mystères comme il va s’en apercevoir dès son arrivée à Alexandrie… Nous voila donc partis avec Vincent sur les traces de Bonaparte partant conquérir l’Egypte. Sont bien sûr évoqués les comportements peu glorieux des soldats qu’ils soient vainqueurs ou vaincus, les difficultés liées au climat et à l’hostilité de la population, mais l’accent est surtout mis sur le travail de recherche mené par les savants parallèlement à cette conquête. J’ai trouvé cette orientation de l’histoire vers leur rôle de compréhension et de découverte des splendeurs de la civilisation égyptienne, particulièrement intéressant. Les auteurs se sont notamment documentés dans le livre de Vivant Denon, « voyage dans la basse et la haute Egypte », ce qui fait que du point de vue historique, rien à dire, le sujet est plutôt bien traité. Par contre ce qui m’a « perturbé », c’est que notre personnage principal se fasse renverser par une voiture dans les années 2000 et qu’on se retrouve à son réveil en 1798…Alors, est ce vraiment le même ou pas ? Il semble bien que oui, tout en ne l’étant pas tout à fait parce qu’il a son propre vécu dans le XVIIIe siècle…Un peu confus n’est ce pas ? De plus, comme les personnages évoqués dans les chapitres du début apparaissent au fur et à mesure du récit qui se passe en 1798, je me suis demandé tout au long de ma lecture où les auteurs voulaient en venir. Et je pense que du coup cela a « pollué » ma vision des choses et ma compréhension de l’histoire. Est-ce un rêve, un voyage dans le temps, sorte de retour vers le futur ? J’ai un peu honte de le dire mais je ne le sais toujours pas... Pourtant habituellement je suis plutôt bon public pour ce genre de roman mêlant le passé et le présent, mais là, j’ai eu beaucoup de mal à y croire…Il est d’ailleurs à noter que les quatrièmes de couverture des éditions que j’ai pu voir ne font aucunement mention de cette particularité comme si ce n’était pas important…Or pour moi cela a tout changé. En outre, il manque dans l’écriture ce je ne sais quoi qui fait que l’on se laisse emporter par une histoire…J’ai trouvé la narration d’un rythme inégal, les personnages ternes auxquels on ne s’attache pas, malgré les efforts des auteurs à nous faire partager leurs états d’âme…Bref à la fin, un sentiment de perplexité et de déception. Mais peut-être suffit-il d’avoir envie d’y croire pour pouvoir apprécier ce roman… Nicole VOUGNY

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