Mary Crow Dog, née Brave Bird, nous relate sa vie de femme sioux engagée.
Elle évoque son enfance misérable, sa scolarisation forcée, l'attitude condescendante et franchement hostile des Blancs à l'endroit des Amérindiens.
Les forces de l'ordre et les corps constitués marinent dans la mauvaise foi et la partialité lorsqu'il
s'agit de traiter les différends entre Primonatifs et Blancs. Que de meurtres, de viols, de spoliations impunis, que de traités bafoués! Les Sioux marginalisés sombrent dans l'alcoolisme et la violence domestique.
A l'exemple des Noirs Américains, les Indiens créent leur mouvement revendicatif: l' « American Indian Movement ».
Mary Crow Dog a participé en 1972 à l'occupation du bâtiment du Bureau des Affaires Indiennes et en 1973 au siège de Wounded Knee où elle mit au monde son fils Pedro. En 1977, c'était « la plus longue marche » jusqu'à Washington DC.
Concomitamment à cette lutte légitime pour les droits civiques de ceux qui ont été dépouillés de tout, notre guerrière Lakota nous présente sa démarche spirituelle identitaire. Elle s'approprie la religion de ses ancêtres et leurs cérémonies: la danse du soleil, la tente de sudation, les sacrifices corporels, les transes, le payotl.
Le surnom de Mary Crow Dog est « Ohitika Win », Femme Brave, et elle a eu beaucoup de courage pour traverser tant d'épreuves. De façon sincère et très personnelle, Mary nous présente son point de vue et celui de ses frères et soeurs Amérindiens, le constat est accablant. Il n'y a pas de pathos, juste l'exposition des faits, à charge et à décharge. C'est un témoignage pas une étude ethnologique universitaire. Les Occidentaux rationalistes, positivistes, scientistes et de mauvaise foi pourraient dire: « Qu'est-ce- qu'elle cherche? », la justice et qu'on la laisse vivre à sa guise.
Ce livre est un « must », pour ceux qui n'ont pas peur d'être secoués.
Gwenael CONAN
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mardi 17 février 2009
vendredi 11 avril 2008
Clair de femmes de Romain Gary
En cet après-midi, Michel Folain, commandant de bord, rentre en taxi dans son quartier, suite à un vol qu’il n’a pas voulu prendre. En ouvrant la porte du taxi, il percute Lydia Towarski qui renverse
son sac de commission. Pour s’excuser Michel l’invite à boire un verre dans un bar. Après le départ de Lydia, au comptoir, Michel fait la connaissance d’un artiste le Senor Galba qui fait un numéro de dressage au Clapsy’s. Ce dernier lui propose de venir voir son numéro à 23 heures précises le soir même.
A peine sorti du café, Michel va chez Lydia qui se rend compte qu’il a, tout comme elle, un problème mais elle le reconduit poliment. Alors il décide d’aller à l’aéroport pour prendre un avion mais une fois arrivé, il fait demi-tour et retourne chez Lydia.
Après avoir fait l’amour, celle-ci lui apprend qu’elle a perdu sa fille de six ans dans un accident de voiture que conduisait son mari.
Alors commence pour eux, une nuit qui va les emmener au Clapsy’s, chez Sonia la belle-mère de Lydia, mais surtout au cœur du terrible secret de l’autre. Ainsi Michel va rencontrer Alain, le mari de Lydia et cette dernière « connaître » Yannik la femme de Michel et comprendre pourquoi il n’a pas voulu rentrer chez lui cette nuit.
J’ai beaucoup aimé ce livre, car il m’a emmené, dans une histoire dans laquelle amour, mort et amitié se côtoient. Ecrit de façon simple, ce roman qui se déroule à peine sur une journée, est mené à un rythme rapide fait de va-et-vient incessant. Cette façon de faire nous donne l’impression d’« être » Michel.
Dans ce cas là, réagirions-nous comme lui devant une mourante qui demande à celui qui reste, d’aimer encore mais une autre personne pour justement vaincre la mort et vivre au travers de ce nouvel embryon d’amour ?
Comme d’habitude de la part de Romain Gary, il évoque, également mais cette fois-ci de manière courte, la seconde guerre mondiale.
Mais le thème essentiel que l’auteur nous laisse sur les bras, est de nos jours, un sujet d’actualité : a-t-on le droit de se donner la mort pour éviter les souffrances et mourir dignement ?
Edouard RODRIGUEZ
mercredi 28 novembre 2007
La femme en vert d'Arnaldur Indridason
Sur un chantier de construction à Reykjavík dans le quartier de Thushold des ossements sont mis au jour. Le squelette est selon les premières constatations vieux d’au moins une cinquantaine d’années. Et la question qui se pose évidemment est : de
qui peut-il donc bien s’agir ? Serait-ce la fiancée d’un certain Benjamin, riche commerçant ? Tout le monde racontait à l’époque qu’elle s’était suicidée en se jetant dans la mer. Mais peut-être que finalement la vérité est toute autre. Ou bien serait-ce un de ces soldats américains vivant sur la base militaire pendant la seconde guerre mondiale ? Et qui donc est cette mystérieuse femme en vert qui vient se recueillir près des groseilliers. C’est ce que va tenter de découvrir l’inspecteur Erlendur et ses co-équipiers Elinborg et Sigurdur Oli. Cependant, en déterrant ce corps, il va également exhumer tout un passé, non seulement celui de cet endroit mais aussi malheureusement le sien.
qui peut-il donc bien s’agir ? Serait-ce la fiancée d’un certain Benjamin, riche commerçant ? Tout le monde racontait à l’époque qu’elle s’était suicidée en se jetant dans la mer. Mais peut-être que finalement la vérité est toute autre. Ou bien serait-ce un de ces soldats américains vivant sur la base militaire pendant la seconde guerre mondiale ? Et qui donc est cette mystérieuse femme en vert qui vient se recueillir près des groseilliers. C’est ce que va tenter de découvrir l’inspecteur Erlendur et ses co-équipiers Elinborg et Sigurdur Oli. Cependant, en déterrant ce corps, il va également exhumer tout un passé, non seulement celui de cet endroit mais aussi malheureusement le sien.
Tout le talent d’Arnaldur Indridason réside justement dans cette manière de faire remonter doucement à la surface les souvenirs et les souffrances psychologiques des personnages au fur et à mesure que les archéologues enlèvent délicatement les couches de terre autour du cadavre. Ce qui est prodigieux aussi, c’est sa façon de jongler constamment avec le présent et le passé sans que ces allers retours ne gênent la compréhension de l’histoire. Et l’enquête actuellement menée va ainsi progressivement rejoindre le récit que fait en parallèle l’auteur sur cette famille qui a vécu là pendant la seconde guerre mondiale. Evidemment on se doute bien dès le départ que tout est étroitement lié et on se prend alors à spéculer sur le dénouement éventuel. L’écriture d’Indridason est parfois d’une dureté et d’une noirceur saisissante mais en même temps d’un incroyable réalisme. J’y ai été très sensible notamment lorsqu’il décrit le calvaire physique et surtout moral que subit cette femme à travers des actes de violence conjugale ou encore la descente aux enfers de la fille d’Erlendur et sa plongée dans le coma qui va raviver chez lui le souvenir de la mort accidentelle de son frère enfant. Au-delà de l’intrigue policière qui m’a beaucoup plu, j’ai trouvé que c’était un livre vraiment très poignant et qu’Arnaldur Indridason avait l’art de creuser l’âme humaine au plus profond.
Marlène EVEN
mercredi 3 octobre 2007
La cinquième femme de Henning Mankell
Algérie, 1993. Des intégristes musulmans pénètrent en pleine nuit dans une maison occupée par des religieuses françaises, et les égorgent. Découvrant une cinquième femme, ils la tuent également. Quelques mois après, une Suédoise reçoit une lettre l'informant du sort de cette cinquième victime, sa mère... Un an plus tard, en Suède, un octog
énaire, ornithologue et poète amateur, est retrouvé empalé dans un fossé sur des pieux acérés. Le commissaire Wallander est chargé de l'enquête. Mais il n'est pas au bout de ses peines : alors qu'il est déjà difficile de cerner la personnalité de la première victime, un homme est retrouvé étranglé, ligoté à un arbre après avoir été affamé... Pour le commissaire Wallander, aucun doute : la cruauté sadique et la perversité de ces deux meurtres indiquent qu'il s'agit d'un seul et même tueur. Mais pourquoi une telle violence ? Quel est le mobile ? Et surtout, comment l'arrêter ?
Ce roman policier est remarquable, et il n'y a aucun temps mort au fil des 600 pages. Dans un style clair et direct, l'auteur nous conduit à travers l'enquête aux côtés du commissaire Wallander. Il y a peu de place pour la vie privée du héros, reléguée au second plan face à l'urgence de l'investigation. On est pris par le récit, et on ressent l'ambiance d'une enquête de police vue de l'intérieur. Le prologue du roman et quelques intermèdes nous donnent des indications sur la personnalité du meurtrier sans que tout ne soit révélé, et ce roman s'apparente un peu à un puzzle : Henning Mankell nous en livre petit à petit les pièces, mais jusqu'au dernier moment, il est difficile de les emboîter les unes dans les autres et d'avoir une vue d'ensemble. Pas une ligne de trop dans ce roman, le dernier chapitre levant le voile sur les motivations d'un assassin particulièrement cruel.
En conclusion, j'ai beaucoup aimé ce livre pour la narration elle-même, mais surtout pour l'ambiance que l'auteur installe en ancrant son récit géographiquement, historiquement et socialement, sans pour autant accumuler les clichés. Les couleurs sont ternes, il fait froid, l'ambiance est plombée, et le cadre est d'autant plus déprimant que la société suédoise part à vau-l'eau, loin du fameux "modèle" cité en exemple... Si cette critique reflète le point de vue de l'auteur, elle m'a néanmoins permis d'entrevoir une réalité suédoise bien éloignée des stéréotypes. Tout cela fait d'un roman policier déjà excellent un récit aux accents inédits, intéressant à bien des niveaux.
Fanny LOMBARD
énaire, ornithologue et poète amateur, est retrouvé empalé dans un fossé sur des pieux acérés. Le commissaire Wallander est chargé de l'enquête. Mais il n'est pas au bout de ses peines : alors qu'il est déjà difficile de cerner la personnalité de la première victime, un homme est retrouvé étranglé, ligoté à un arbre après avoir été affamé... Pour le commissaire Wallander, aucun doute : la cruauté sadique et la perversité de ces deux meurtres indiquent qu'il s'agit d'un seul et même tueur. Mais pourquoi une telle violence ? Quel est le mobile ? Et surtout, comment l'arrêter ?
Ce roman policier est remarquable, et il n'y a aucun temps mort au fil des 600 pages. Dans un style clair et direct, l'auteur nous conduit à travers l'enquête aux côtés du commissaire Wallander. Il y a peu de place pour la vie privée du héros, reléguée au second plan face à l'urgence de l'investigation. On est pris par le récit, et on ressent l'ambiance d'une enquête de police vue de l'intérieur. Le prologue du roman et quelques intermèdes nous donnent des indications sur la personnalité du meurtrier sans que tout ne soit révélé, et ce roman s'apparente un peu à un puzzle : Henning Mankell nous en livre petit à petit les pièces, mais jusqu'au dernier moment, il est difficile de les emboîter les unes dans les autres et d'avoir une vue d'ensemble. Pas une ligne de trop dans ce roman, le dernier chapitre levant le voile sur les motivations d'un assassin particulièrement cruel.
En conclusion, j'ai beaucoup aimé ce livre pour la narration elle-même, mais surtout pour l'ambiance que l'auteur installe en ancrant son récit géographiquement, historiquement et socialement, sans pour autant accumuler les clichés. Les couleurs sont ternes, il fait froid, l'ambiance est plombée, et le cadre est d'autant plus déprimant que la société suédoise part à vau-l'eau, loin du fameux "modèle" cité en exemple... Si cette critique reflète le point de vue de l'auteur, elle m'a néanmoins permis d'entrevoir une réalité suédoise bien éloignée des stéréotypes. Tout cela fait d'un roman policier déjà excellent un récit aux accents inédits, intéressant à bien des niveaux.
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