mardi 29 mai 2007

L'étranger d'Albert Camus

Camus. Chaque ancien élève de notre belle école de la République a forcément lu au moins un livre de Camus. Cet auteur, rangé parmi les incontournables de la littérature française, fait tellement partie de la culture collective que l'on a tous le sentiment de bien connaître ses héros. "L’étranger" par exemple; mais si bien sûr! Voyons, de quoi cela parlait déjà? Avec un tel titre, sûrement de racisme, de différence, d'exclusion. Et de replonger mon nez dans les premières pages, persuadée que l'histoire va me sauter à la mémoire! Surprise! Qui est donc ce personnage seul ou presque derrière le cercueil de sa mère, plombé par un soleil écrasant? Pas une larme, il fait trop chaud peut-être. Après tout, chacun sa douleur. Non, décidément je n'ai pas lu ce livre. Une telle atmosphère m'aurait marquée. Je tourne les pages. J'essaie de rentrer dans son univers. Pourquoi est-il si difficile de pénétrer dans le cœur de ce héros, de partager ses sentiments –il n'exprime rien-, de crever cette carapace d'indifférence. De différence, en fait. Car ce qui le rend impersonnel c'est justement son universalité. Il vit sa vie et les évènements qui la traversent avec la plus grande authenticité sans chercher un seul instant à correspondre à des comportements sociaux convenus. Il ne pleure pas sa mère, il n'aime pas forcément d'amour la femme qu'il désire. Bref, il met mal à l'aise. Cette attitude va le perdre. Cet homme ne sera pas condamné parce qu'il est coupable d'un crime mais parce qu'il n'est pas repentant. Quelqu'un qui ne laisse transparaître aucun état d'âme est un étranger à l'espèce humaine donc capable du pire. Paradoxalement, ce livre dérange et réconforte à la fois. Il dérange dans le sens où l'on a assez souvent envie, au fil des pages, d'attraper le héros par les épaules et de le secouer violemment pour qu'il sorte enfin ce qu'il a dans le cœur. Mais il réconforte aussi. En effet, ne pas vivre une situation donnée selon les critères moraux de la société, chacun en a fait un jour ou l'autre l'expérience. Il ne serait pas sinon si difficile pour les avocats de trouver des excuses à l'inexcusable dans toutes les formes de dérives humaines. On ne sort donc pas de cette lecture indemne. Mais peut-être n'est-ce dû qu'au violent contraste entre l'accablante et lumineuse chaleur de l'Algérie et la sombre profondeur de la prison de l"étranger". Florence TOUZET

2 commentaires:

Nanne a dit…

J'ai lu "L'étranger" de Camus, comme tout le monde, contrainte et forcée au lycée. Une horreur, tout simplement. Un dégoût pour Camus que j'ai longtemps cru irréversible. Heureusement, cet auteur nous a laissé des livres magnifiques et inoubliables comme "La peste", "Les justes", "Le mythe de Sisyphe", "L'homme révolté" et tant d'autres encore. Pour notre bonheur ...

Anonyme a dit…

"Une étrange histoire et surtout un étrange personnage,je connais pas encor la fin parceque je viens de commencer la lecture du roman,et puis c'est vrai que Meursault n'est pas facile à comprendre ..."
Rhizlaine Ben.

Publicité