lundi 10 décembre 2007

Camilo de Régine Deforges

Camilo Cienfuegos est considéré comme la troisième figure marquante de la révolution cubaine, avec Che Guevara et Fidel Castro. Né en 1932 dans une famille pauvre de la Havane, Camilo émigre jeune aux Etats-Unis où, travailleur clandestin, il enchaîne les petits boulots. Opposant au dictateur Batista, il rejoint Castro au Mexique et fait partie des guérilléros débarqués à Cuba en 1956. Commandant de la deuxième colonne de l'armée révolutionnaire, c'est un combattant intrépide, enjoué et chaleureux, adoré par ses hommes et la population. Au terme de mois de lutte acharnée, il fait partie des hommes entrant victorieux à La Havane, et promu chef d'Etat Major, il continue de servir la Révolution jusqu'à sa disparition en 1959, lors d'un trajet en avion. Accident ? Complot de la CIA ? Assassinat commandité par Fidel, jaloux de sa popularité grandissante ? Le mystère restera toujours entier.
Si ce livre retrace la vie de Camilo Cienfuegos, ce n'est pas uniquement une biographie car il mêle lettres, témoignages et anecdotes sur le guérilléro à des digressions de l'auteur sur la rédaction de son livre et sur sa fascination pour son personnage. Cette relation, virtuelle et fantasmée entre l'auteur et Camilo donne un ton particulier et intimiste. Séduite par ce bel homme drôle, désinvolte et pourtant passionné et idéaliste, Régine Déforge raconte pourquoi elle a écrit ce texte, ses doutes sur sa capacité et sur sa légitimité à mener à bien ce projet. C'est un aspect déconcertant : on peut être rebuté, ou au contraire séduit par la démarche. Je me suis toujours intéressée à la Révolution cubaine, et j'ai été attirée par ce livre qui met en lumière une figure peu connue du grand public, mais chère au peuple cubain. La partie biographique est riche, mais j'ai parfois été un peu frustrée : ainsi, sur la disparition de Camilo, l'auteur lance quelques pistes intéressantes, mais n'en exploite aucune... Certains aspects auraient donc pu être étoffés. Néanmoins, j'ai été enchantée par la touche "personnelle" du livre. Ce lien, cette relation qui existe entre elle et le "fantôme" de Camilo m'a profondément émue, et elle parvient magnifiquement à faire partager sa fascination pour le guérilléro. Il y a des pages superbes, qui m'ont serré le coeur. C'est, plus qu'un hommage, une déclaration d'amour parfois adressée directement à cet homme qu'elle n'a pas connu, mais qui la touche pour des raisons qui la dépassent. Et cet aspect du livre, qui le rend si spécial, lui donne une dimension unique aux yeux de l'amoureuse de Cuba que je suis.
Fanny LOMBARD

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je suis allé à Cuba et nombre d'"anciens" vous diront que Camillo Cienfuegos est plus grand que Ché et Fidel...

Fanyoun a dit…

Je n'ai suivi l'acutalité littéraire de Régine Deforges et ne savait même pas qu'elle avait publié un livre sur Camilo Cienfuegos. Je devais être sur une autre planète !!! Merci pour l'info et ton commentaire. Bonnes fêtes.

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