jeudi 6 décembre 2007

La lionne du boulevard d' Alexandra Lapierre

Un beau matin de mars 1842, la jeune Céleste Vainart se fait renvoyer de son emploi de couturière. Elle se met alors en tête de sortir de la vie de misère qui lui est promise. Aussi lorsque deux ans plus tard, elle se fait une renommée comme danseuse de polka et devient la fameuse « Céleste mandragore », elle croit avoir atteint son but. Seulement dans ce milieu, les choses peuvent être très éphémères et la chute ne s’en trouver que plus dure…
« La lionne du boulevard » nous raconte l’histoire d’une petite grisette de Paris qui cherche à s’élever au dessus de sa condition dans le milieu du XIXe siècle. A travers sa vie, c’est toute une époque que l’on découvre : une époque agitée politiquement (révolution de 1848, puis le deuxième empire, puis la guerre de 1870 contre les prussiens…), une époque riche pour les arts (sculpture, peinture, littérature…), une époque impitoyable pour ceux qui sont dans la misère et où les mœurs sont quelques peu dissolus, les grandes courtisanes faisant la pluie et le beau temps. Dans un style limpide et simple, l’auteur nous fait partager la solitude, les doutes, les craintes, les souffrances, les maladresses ainsi que la stratégie du personnage principal dont les sentiments sont parfaitement analysés. On se surprend même parfois à lui donner des conseils de prudence devant son courage excessif ou son orgueil mal placé…Ce que j’ai trouvé de particulièrement réussi, c’est de raconter cette vie sans prendre parti , sans excuser les côtés dérangeants utilisés pour arriver au but recherché… « Jamais plus, je ne serais celle que le monde rejette… ». Cette phrase, la jeune Céleste en fait sa devise et grâce à une volonté implacable arrive à se sortir d’une situation bien compromise. Mais à quel prix ? N’a-t-elle pas perdue de son humanité ? On ne peut s’empêcher de se poser la question à la fin de la lecture...N’est elle pas allée trop loin ? Le jeu en valait il vraiment la chandelle ? Il n’empêche que j’ai beaucoup aimé ce roman, parce que je l’ai trouvé dépaysant, enrichissant, remarquablement documenté et très bien écrit : on a envie de rire dans les moments gais et de pleurer dans les moments tristes… De plus, notre héroïne côtoie des personnages hauts en couleurs tels Théophile Gautier, Alexandre Dumas, Charles Baudelaire…en nous faisant connaître d’eux des aspects plutôt sympathiques, amusants, voire surprenants… Mené tambour battant, ce roman est vraiment une réussite dans le genre, même si on ressent un sentiment de tristesse à la fin… Nicole VOUGNY

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