vendredi 21 décembre 2007

Regard oblique de Dean Ray Koontz

1965, au cœur de l’Orégon, un jeune couple se promène en forêt. Grimpés au sommet d’une tour de surveillance des incendies, les tourtereaux admirent, émerveillés, la splendeur de cette mer de pins et d’épicéas à perte de vue. D’un coup brusque, l’homme pousse la femme qui vient s’écraser dix mètres plus bas. Poussé par une pulsion inconnue, Junior Cain vient de tuer sa jeune épouse Naomi et découvre qu’il y a pris plaisir !
Le même jour, deux bébés voient le jour. Le premier est une petite fille prénommée Ange, douée de pouvoirs hors du commun et dont la mère vient de mourir en couche. Le second, Bartholomé, est un petit garçon miraculeusement rescapé d’un accident de voiture dans lequel son père a laissé la vie. Ils ne le savent pas encore mais leur avenir est étroitement lié à celui du tueur.
Dean Ray Koontz, au cœur d’un roman haletant, nous entraîne dans une course poursuite effreinée entre le Bien et le Mal. On suit donc en parallèle les destins d’Ange et de Bartholomé qui grandissent chacun dans un environnement où le mot d’ordre est l’amour du prochain et de l’autre côté, la chasse impitoyable dans laquelle se lance Junior Cain, ce tueur cruel atteint de troubles mystérieux (après chaque meurtre, il est atteint de problèmes gastriques et cutanés aigus) et Thomas Vanadium, un détective au passé obscur. J’ai trouvé la première partie du livre formidable. L’auteur nous glisse dans la peau de Junior Cain et nous entraîne avec lui aux confins de la folie. On le découvre tour à tour froid et méthodique puis d’un seul coup, hystérique et irréfléchi. Coup de maître de Koontz, l’écriture est adaptée aux sentiments de son personnage : à de longues phrases déscriptives succèdent un style beaucoup plus haché, percutant… Dans un deuxième temps, l’histoire tend toutefois à s’éterniser et on ne sait plus sur quel pied danser ! « Est-on en train de lire un thriller ou un roman fantastique ? » Heureusement, le dernier tiers du roman regagne en vigueur et permet de finir sur une bonne impression. En sorte, un roman de bonne facture mais qui aurait gagné à être un petit peu moins long (800 pages, ce n’est pas « Les Misérables » ou « Guerre et Paix », mais quand même !). Enfin, je donne une mention spéciale à deux personnages du roman, Edom et Jacob, les oncles de Barthol, dont je laisse au futur lecteur le soin de découvrir leur étonnante particularité. Pierre LUCAS

1 commentaire:

nicolas a dit…

J'ai remarqué ce roman mais au vu de son épaisseur je ne me suis pas lancé. Au vu de ton commentaire et du thème proposé, je ne vais pas me décourager.

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