Affichage des articles dont le libellé est thriller. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est thriller. Afficher tous les articles

vendredi 18 avril 2008

Birdman de Mo Hayder

Cinq cadavres mutilés et décomposés de jeunes femmes ont été successivement retrouvés dans un terrain vague à North Greenwich (banlieue de Londres). Toutes ces victimes sont des prostituées avec cette particularité des plus morbides, celle d’avoir un oiseau logé dans leur cage thoracique. Certaines d’entre elles avaient même été infligées d’une chirurgie très élémentaire des seins, avec de grossiers points de suture. Les indices dont dispose la police sur ce dossier suggèrent l’état mental dépravé du tueur. Ce dernier est non seulement un vrai psychopathe, mais surtout un sadique absolu. Les premiers soupçons se portent bientôt sur un riche héritier. Afin de mener à bien cette affaire criminelle, Jack Caffery, inspecteur principal chargé de cette enquête, y consacre vraiment tout son temps, de jour comme de nuit. Il s’y implique d’autant plus que sa vie privée ne le motive guère. En effet, il estime que sa petite amie se montre trop envahissante... En outre, un autre problème le fait ruminer depuis des années et c’est à propos de son mystérieux voisin. Je suis ravie de découvrir ce premier roman de Mo Hayder que je ne connaissais que de nom, et j’admets que je ne suis point déçue par « Birdman ». C’est un thriller plutôt sombre et cruel, l’auteure a imaginé un assassin hors du commun, un être déviant, malfaisant et barbare, qui n’écoute que ses pulsions perverses. Un seul mot pour résumer l’ouvrage : nécrophilie. On ressent des frissons lorsque l’on s’imagine être à la place de la victime et lorsque l’on se représente ce qu’elle avait enduré. On comprend donc parfaitement sa frayeur et sa panique. Par ailleurs, il est à noter que le suspense est entretenu jusqu’au dénouement, et les lecteurs sont très sensibles à cet aspect. On remarque aussi qu’il n’existe pas de descriptions inutiles et superflues, cela permet de poursuivre la lecture sans se lasser et d’apprécier l’avancement de cette enquête criminelle passionnante. Cette nouvelle romancière anglaise est en train de devenir célèbre.
Dai BUI

mardi 8 avril 2008

Meurtres à Pékin de Peter May

A peine Li Yan vient-il d’être promu commissaire à Pékin que trois cadavres sont découverts. Sur chaque lieu du crime, un mégot de cigarette de marque américaine a été déposé bien en vue à côté du corps. Doit-on y entrevoir la signature d’un meurtrier en série ? Margaret Campbell, médecin légiste aux Etats-Unis venue à Pékin pour donner une série de conférences et spécialiste en corps carbonisés se voit entraînée involontairement dans cette enquête car le cadavre retrouvé dans le parc est complètement brûlé et l’on réclame ses compétences pour permettre son identification. La rencontre entre ces deux personnages ne va pas être des plus faciles. Margaret Campbell est en effet une jeune femme à l’allure plutôt désinvolte et assez irrespectueuse des bienséances locales. Et pourtant s’ils veulent que la vérité éclate au grand jour, ils devront mettre de côté leurs différences et unir leurs efforts. Le lecteur suit pas à pas les héros à travers une Chine aux multiples visages. D’un côté on sent un pays toujours empreint du poids écrasant des traditions archaïques et encore très fortement marqué par toutes ces années de communisme, la Révolution culturelle et de l’autre, on découvre une nation résolument tournée vers le capitalisme et la modernité. Le choc des cultures entre l’Occident et l’Orient est lui aussi mis en avant : ainsi face à face nous avons une Américaine, le symbole suprême de l’impérialisme tout puissant et un Chinois soumis à ses supérieurs donc beaucoup plus modeste et tempéré dans ses propos et sa façon d’être. D’aucuns pourront y voir là une représentation un peu trop manichéenne du monde. J’ai trouvé ce livre vraiment très bien documenté et personnellement, j’ai beaucoup appris sur ce pays qu’est la Chine. L’histoire est bien menée, dans un style clair et un rythme enlevé. Toutefois je suis restée légèrement sur ma faim concernant le dénouement un peu trop alarmiste à mon goût. Dommage ! Marlène EVEN

mardi 1 avril 2008

Comme une tombe de Peter James

Michael Harrisson doit se marier dans quelques jours. Et qui dit mariage dit forcément enterrement de vie de garçons. Ce sont ses amis Josh, Robbo, Luke et Pete qui sont chargés de l’organiser. Tout commence alors par une classique tournée des bars mais les quatre compères ont envisagé une petite surprise. Robbo a emprunté à son oncle un corbillard et un cercueil. Eh oui, eh oui, vous avez bien deviné : ils ont décidé d’enterrer Michael vivant en plein milieu de la forêt. Mais rassurez-vous, pas de panique ! Evidemment il n’est pas question de le laisser enseveli indéfiniment, c’est juste pour quelques heures histoire de... Après tout Michael leur a suffisamment joué de tours pendables que maintenant c’est à eux de profiter de cette occasion pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Sauf que la petite plaisanterie va tourner au cauchemar lorsque les jeunes hommes sont victimes d’un accident de la route dans lequel ils perdent la vie. Pendant ce temps-là, Ashley Harper s’inquiète de la disparition de son fiancé mais refuse obstinément d’annuler le mariage. Bizarre se dit Roy Grace l’inspecteur chargé de l’enquête. Encore plus bizarre lorsque Mark Warren le témoin, qui n’a pas pu participer à la petite fête car son avion avait été retardé, avoue ne pas connaître le programme de la soirée.
J’ai trouvé l’idée de départ très originale et en même temps très angoissante, surtout quand on est un peu claustrophobe. Non vraiment, rien que de penser à ce type enfermé dans un cercueil, j’en frissonne encore ! Mais après tout n’est-ce pas l’essence même du thriller ? De rebondissement en rebondissement, de fausses pistes en fausses pistes, Peter James tisse machiavéliquement son intrigue et réussit habilement à tenir en haleine le lecteur jusqu’au bout avec en prime à la fin une infernale course poursuite, véritablement digne d’un film d’action hollywoodien. L’histoire, je le précise au passage, se déroule en Grande-Bretagne, mais on pourrait tout à fait la transposer aux Etats-Unis. De là à croire que ce livre a été écrit dans l’intention d’une éventuelle adaptation cinématographique, il n’y a qu’un pas. Après tout, Peter James n’a-t-il pas été scénariste dans une autre vie ? On pourrait d’ailleurs regretter ce côté un peu trop formaté pour le 7ème art. Mais au final c’est un livre vraiment haletant, passionnant et je ne me suis pas une seule fois ennuyée.
Marlène EVEN

mardi 18 mars 2008

Gone, baby, gone de Dennis Lehane

J’avoue que j’ai été poussée à lire ce roman par la sortie du film et la critique très positive qu’il a provoquée. On dit toujours que les films sont moins bons que les livres, donc, je me suis laissé glisser dans l’histoire. Il s’agit du quatrième volet des investigations de Patrick Kenzie et Angela Gennaro, détectives privés qui nous font côtoyer la face la plus décadente de la société américaine.
Amanda, quatre ans et demi, disparaît de son lit pendant que sa mère est partie regarder la télé chez une amie, sans verrouiller la porte. La petite fille n’a pas de père connu ; sa mère, une jeune femme paumée qui avait déjà avorté trois fois avant de donner naissance à Amanda, boit et se drogue, et surtout se montre plutôt insensible à la disparition de son enfant dont elle parle comme si c’était un animal de compagnie égaré.
Au fil de l’enquête, il s’avère que la jeune femme « travaillait » pour le compte d’un grand bandit qui se trouve en prison et aussi qu’elle a détourné de l’argent lors de la dernière livraison. Lorsque le truand a connaissance de cette arnaque, il commence à manipuler les cordes afin de récupérer son pécule, mais… jusqu’où peut-il aller pour arriver à ses fins ?
Pas à pas on se dirige vers l’horreur absolue. Il s’agit d’une vraie descente aux enfers. Malgré tout, il est légitime de se demander si les apparences ne sont pas trompeuses et les méchants sont bien ceux que l’on croit. Dès le début on est happé par l’histoire et par ses personnages fragiles, attachants, déchirés et meurtris, néanmoins ils sont plein d’humour caustique face à la précarité quotidienne à laquelle ils sont confrontés. Plusieurs fois pendant la lecture, on retrouve la même question : peut-on faire justice soi même ? Doit-on se croire meilleurs juges et exécuteurs que ceux imposés par le système judiciaire ? La fin, justifie-t-elle les moyens et ceci dans tous les cas ? J’ai beaucoup aimé cet ouvrage car l’intrigue est très bien construite jusqu’au dénouement final sombre et surprenant. Une fois refermé on peut dire qu’il persiste en nous un sentiment d’injustice et de tristesse. C’est un livre qui ne nous laisse pas indifférents. Je le recommande à tous les amateurs des romans noirs, très noirs.
Marie LEVEZIEL

jeudi 13 mars 2008

Innocent de Harlan Coben

Il y a quelques années Matt Hunter a purgé une peine de prison pour avoir accidentellement tué un jeune lors d’une bagarre …Il travaille maintenant comme juriste dans un cabinet d’avocat, il est marié avec Olivia qui lui a récemment appris sa grossesse…Tout semble aller pour le mieux sauf qu’un jour il reçoit sur son portable une photo de sa femme dans des poses suggestives avec un autre homme… Il s’aperçoit aussi qu’il est suivi, mais compte tenu de son passé, il ne veut pas s’adresser à la police…Or voilà que la police s’intéresse à lui au cours d’une enquête sur le meurtre d’une religieuse… Le début du roman fait penser à une devinette. Au fil des premiers chapitres, on découvre trois personnages : Matt Hunter, puis une jeune fille à la recherche de sa mère rendant visite à une strip-teaseuse et enfin Loren Muse enquêtrice au bureau du procureur… Ces trois existences sont forcément liées. Mais comment ? Et tout le plaisir de la lecture consiste à découvrir ce lien. Je trouve ce procédé d’écriture très réussi, la lecture devenant ainsi un jeu passionnant. De plus les dialogues fréquents, les phrases courtes et incisives font que l’on est complètement immergé dans le roman et que l’on a du mal à ne pas le lire d’une traite. Parce que, outre une écriture et une construction très efficace, l’histoire est très prenante, d’autant plus que dans le prologue l’auteur nous met complètement dans la peau de son personnage… Cette implication est accentuée par le fait que sa vie est plutôt banale, comme peut l’être la notre… J’ai trouvé intéressant aussi le personnage de Matt, ce jeune homme qui est en fait plus victime que bourreau : il paye encore à travers ses remords le fait de s’être trouvé au mauvais moment au mauvais endroit. Une sorte de fatalité qui a bouleversé sa vie à tout jamais. Sans en avoir l’air à travers ce personnage, l’auteur aborde une réflexion sur le changement que procure un passage en prison sur un être humain…non seulement sur son caractère mais aussi sur la façon dont les gens le perçoivent…Ainsi que sur la peur de la police même si vous êtes innocent, non sans raison puisque celle-ci a quand même tendance à se focaliser sur ceux qui ont fait de la prison. En tout cas, pour moi c’est un bon thriller, même si ce n’est peut être pas le plus réussi de Harlan Coben. On peut toutefois trouver à redire sur le fait que les nombreux rebondissements sont plus ou moins crédibles, que la méconnaissance de l’être aimé est un thème qui revient un peu trop souvent dans l’œuvre de l’auteur, mais il n’empêche que l’on se laisse totalement prendre par le suspense, ce qui est l’essentiel, reconnaissons le…
Nicole VOUGNY

vendredi 29 février 2008

La souris bleue de Kate Atkinson

Ce roman débute par la narration de trois anciens crimes non résolus : Olivia, petite fille de sept ans disparue un soir d’été dans le jardin de ses parents, Laura assassinée au cabinet de son père par un mystérieux « pull jaune » et Keith assassiné à coups de hache, semble-t-il par sa jeune épouse. Jackson Brodie, un détective privé atypique de Cambridge se voit confier ces trois affaires criminelles, sans lien apparent. Cet ancien flic, un peu paumé depuis son divorce, se sent dépassé par l’évolution de la société. Papa poule d’une petite Marlee, il s’inquiète de la voir grandir.
La trame policière n’est qu’un heureux prétexte pour l’auteur. Ce n’est pas la résolution des énigmes et les indices qui sont au cœur de l’intrigue. Le sujet de ce roman est bien notre société et ses travers, une société qui transforme les petites filles de huit ans en véritables Lolita, qui encense la néfaste food et encourage la télé poubelle. A travers son roman, Kate Atkinson décrit avec justesse des personnages réalistes hauts en couleur, qui se mêlent et se rencontrent comme au hasard de la vie et non au hasard de l’écriture. Son écriture vive et exubérante nous fait découvrir des situations évidemment dramatiques mais aussi cocasses comme les incessantes disputes des deux sœurs Land. Les apparences sont souvent trompeuses et Kate Atkinson s’amuse à nous faire dévider un fil qui ne mène à rien, ou plutôt à un autre. En plus d’alterner présent et passé, elle propose pour chacun de ces chapitres un personnage narrateur différent qui ne nous livre que sa version de l’histoire, version tronquée donc, que le lecteur reconstitue plus ou moins habilement. Cette narration non linéaire m’a au départ un peu déroutée, tout comme les trois premiers chapitres qui racontent trois faits divers comme de petites nouvelles à l’intérieur de l’histoire principale. Et l’on se demande véritablement où l’auteur veut nous mener. C’est le premier roman de Kate Atkinson que je lisais et il m’avait été recommandé par une amie. Je ne regrette absolument pas ce choix. Delphine LE PERF

mardi 22 janvier 2008

Piège pour un élu de Ian Rankin

Un jeune et brillant député, Gregor Jack, est surpris dans une maison close d'Edimbourg lors d'une descente de police. La presse, bizarrement avertie de l'opération, est prompte à faire éclater le scandale, menaçant la carrière de l'homme politique. Heureusement pour lui, il est soutenu par quelques amis d'enfance, restés très liés. Mais son épouse, fantasque héritière à la vie dissolue, est injoignable... jusqu'à ce qu'on la retrouve assassinée, de la même manière qu'une autre femme peu de temps auparavant. L'inspecteur John Rebus flaire le complot : mais qui en est l'instigateur ? Qui veut la peau du député ? Occupé par une affaire de vol de livres rares, Rebus décide néanmoins de mettre son nez dans cette affaire, au grand dam de ses supérieurs...
C'est un roman qui se lit d'une traite, écrit de façon très agréable, où le récit à proprement dit se mêle à des dialogues qui rendent le tout très vivant. De nombreuses pistes s'offrent à l'inspecteur Rebus au fil des rebondissements, et si l'enquête est facile à suivre, le dénouement n'est pas évident à deviner. On se laisse prendre par l'histoire, et les personnages sont suffisamment complexes pour ménager quelques surprises car on ne sait jamais vraiment ce qui se cache derrière les apparences. On n'est pas dans un suspense haletant, comme dans d'autres enquêtes de Rebus, mais dans une histoire aux paramètres complexes, et dont une investigation minutieuse parviendra à dénouer les fils. Voilà un roman que j'ai beaucoup apprécié, sans doute l'un des meilleurs mettant en scène le héros de Ian Rankin. Bien qu'il s'agisse de la quatrième enquête de Rebus et que sa vie privée soit évoquée, elle tient une place secondaire, qui n'entrave pas la compréhension si on ne connaît pas les précédents ouvrages. Comme toujours, le cadre - ici, la campagne écossaise - donne un plus au roman, et on est vraiment dans une ambiance particulière. J'ai aimé cette plongée dans un univers de faux-semblants, mais où le vernis se craquelle pour peu qu'on se donne la peine de gratter. Enfin, je me suis régalée dans les rapports entre le héros et sa hiérarchie, évidemment nerveuse face à l'obstination de l'inspecteur dans cette enquête sensible : il est jubilatoire de voir Rebus faire face à ses supérieurs, et ce conflit larvé apporte encore une dimension passionnante à cet excellent roman policier. Fanny LOMBARD

lundi 7 janvier 2008

L'aliéniste de Caleb Carr

New York, 1896. Des garçons adolescents travestis sont retrouvés morts avec des mutilations morbides sur leur corps. Le pouvoir public ne se préoccupe guère de ces assassinats étant donné que les victimes sont pauvres et d’origine immigrée. Théodore Roosevelt, alors Préfet de Police, souhaite que justice soit faite. Il constitue une petite équipe composée entre autres de deux de ses meilleurs amis : John Moore, journaliste et Laszlo Kreizler, médecin des maladies mentales qu’on appelle à l’époque « aliéniste ». Leur mission est d’enquêter sur ces crimes sauvages, et de préférence de manière discrète, car tout porte à croire que certains individus peu scrupuleux ne désirent nullement que ces meurtres soient élucidés.
Il est tout à fait fascinant d’assister à cette recherche d’information effectuée par le Dr Kreizler et ses coéquipiers : ils réalisent un travail de déduction fort remarquable à partir des indices récoltés pour établir l’identité du tueur d’une part et élaborer son profil psychologique d’autre part. Les hommes de Roosevelt s’efforcent également de remonter dans le passé du criminel pour comprendre les conditions dans lesquelles ce dernier vivait afin d’anticiper son futur homicide. J’ai passé un excellent moment avec ce roman policier dont le suspense demeure constant tout au long du récit et j’ai bien aimé aussi découvrir la naissance de nouvelles techniques d’investigation comme le relevé des empreintes digitales ou l’étude du contexte psychologique de l’assassin. Caleb Carr nous a permis de voyager dans le temps et de connaître New York à la fin du 19ème siècle avec la présence de cet homme honorable qui deviendra le futur 26ème Président des Etats-Unis d’Amérique. Je me suis attachée aux personnages tels que le Dr Kreizler, John Moore ou encore Sara, des gens volontaires et respectables dans cette société pourtant très corrompue. Ngan Dai BUI

vendredi 21 décembre 2007

Regard oblique de Dean Ray Koontz

1965, au cœur de l’Orégon, un jeune couple se promène en forêt. Grimpés au sommet d’une tour de surveillance des incendies, les tourtereaux admirent, émerveillés, la splendeur de cette mer de pins et d’épicéas à perte de vue. D’un coup brusque, l’homme pousse la femme qui vient s’écraser dix mètres plus bas. Poussé par une pulsion inconnue, Junior Cain vient de tuer sa jeune épouse Naomi et découvre qu’il y a pris plaisir !
Le même jour, deux bébés voient le jour. Le premier est une petite fille prénommée Ange, douée de pouvoirs hors du commun et dont la mère vient de mourir en couche. Le second, Bartholomé, est un petit garçon miraculeusement rescapé d’un accident de voiture dans lequel son père a laissé la vie. Ils ne le savent pas encore mais leur avenir est étroitement lié à celui du tueur.
Dean Ray Koontz, au cœur d’un roman haletant, nous entraîne dans une course poursuite effreinée entre le Bien et le Mal. On suit donc en parallèle les destins d’Ange et de Bartholomé qui grandissent chacun dans un environnement où le mot d’ordre est l’amour du prochain et de l’autre côté, la chasse impitoyable dans laquelle se lance Junior Cain, ce tueur cruel atteint de troubles mystérieux (après chaque meurtre, il est atteint de problèmes gastriques et cutanés aigus) et Thomas Vanadium, un détective au passé obscur. J’ai trouvé la première partie du livre formidable. L’auteur nous glisse dans la peau de Junior Cain et nous entraîne avec lui aux confins de la folie. On le découvre tour à tour froid et méthodique puis d’un seul coup, hystérique et irréfléchi. Coup de maître de Koontz, l’écriture est adaptée aux sentiments de son personnage : à de longues phrases déscriptives succèdent un style beaucoup plus haché, percutant… Dans un deuxième temps, l’histoire tend toutefois à s’éterniser et on ne sait plus sur quel pied danser ! « Est-on en train de lire un thriller ou un roman fantastique ? » Heureusement, le dernier tiers du roman regagne en vigueur et permet de finir sur une bonne impression. En sorte, un roman de bonne facture mais qui aurait gagné à être un petit peu moins long (800 pages, ce n’est pas « Les Misérables » ou « Guerre et Paix », mais quand même !). Enfin, je donne une mention spéciale à deux personnages du roman, Edom et Jacob, les oncles de Barthol, dont je laisse au futur lecteur le soin de découvrir leur étonnante particularité. Pierre LUCAS

lundi 5 novembre 2007

Meurtres en soutane de P.D James

Le commandant Dalgliesh de New Scotland Yard est envoyé au collège de théologie St Anselm pour enquêter sur la mort de Ronald Treeves, un des vingt séminaristes. Ce dernier a été retrouvé mort enseveli sous le sable au pied d’une falaise. La police locale a conclu pour une mort accidentelle, mais le père de Ronald a de sérieux doutes sur ce verdict. Si on a chargé Dalgliesh de cette affaire, c’est parce qu’il avait connu St Alnselm pour y avoir séjourné quelquefois lorsqu’il était adolescent, et aussi parce qu’il avait prévu de profiter d’une semaine de congés dans les alentours. Une fois sur les lieux, il découvre rapidement qu’il y règne une certaine tension et hostilité parmi certains résidents du collège et leurs invités.
Je trouve que l’auteure a choisi un décor très ingénieux pour ce thriller : un collège de théologie situé sur un promontoire de la côte sud-est de l’Angleterre, un endroit isolé, sombre, froid, venteux et orageux. Généralement, un tel cadre ne présage rien de bon. J’ai bien aimé cette sensation d’étouffement et d’enfermement qui émane de ce roman. On découvre ce monde reclus, cet univers silencieux, ce lieu mystique, qui provoquent une angoisse permanente. Plus on avance dans la lecture, plus on devine que derrière cette apparence paisible des ecclésiastiques, des secrets sont tus et dissimulés. L’intrigue de ce thriller est bien ficelée et subtile à la fois… Le suspense est omniprésent avec des événements graves qui se produisent dans un endroit pourtant si pieux. Il a vraiment fallu terminer l’histoire pour comprendre certains faits. Par contre, je regrette qu’il y ait trop de descriptions et de détails qui occasionnent un ralentissement de l’action. Cela n’enlève nullement la qualité de ce thriller. Ngan Dai BUI

mardi 4 septembre 2007

Passage mortel de Kathy Reich

Une nouvelle enquête de Temperance Brennan, anthropologue judiciaire américaine qui partage son temps entre l’état de Caroline du Nord et le Québec.
Un incendie d’origine criminelle provoque la mort de plusieurs personnes. Après analyse de tous les indices laissés sur les lieux, il s’avère que les personnes présentes étaient déjà mortes lorsque le feu a été allumé. Ce n’est que le début d’une enquête où plusieurs meurtres, plus horribles les uns que les autres, égorgements, prélèvement de cœurs sur des bébés, jeunes femmes torturées dont les cadavres ont été cachés…, mènent à penser à des crimes rituels liés de près ou de loin à des sectes sataniques. J’ai beaucoup aimé ce roman parce qu’il nous montre que la médecine légale a un côté humain et ceux qui la pratiquent ont aussi des sentiments, chose qu’on a un peu oublié face à des séries télé où les légistes font leur métier avec la même désinvolture qu’ils font leurs courses. Ceux qui exercent des métiers liés à la médecine légale considèrent la mort comme une chose abstraite, leur logique est chirurgicale, ils ne matérialisent jamais les corps, mais … quand il s’agit de bébés… Suite à ces meurtres toute l’enquête va tourner autour des communautés et des sectes, dont le danger est réel. Kathy Reichs s’est très bien documentée pour écrire ce roman. Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, ils existent actuellement entre 3000 et 5000 sectes. Ces communautés sont dirigées par un leader, une personne charismatique qui détient le pouvoir absolu. Ce roman, au travers de certains de ses personnages, met en évidence cette domination qui provoque l’anéantissement personnel des adeptes. Dans certains cas, des sectes sans importance recrutent pour d’autres bien plus dangereuses en leur servant d’écran. Kathy Reichs dénonce ce pouvoir qui prend de plus en plus de place dans la société actuelle. Pour tout vous dire j’ai déjà sur ma table de nuit un nouveau roman de Kathy Reichs et de son héroïne Tempérance Brennan. Marie LEVEZIEL

lundi 3 septembre 2007

Tôkyô mirage d'Anne Rambach

A la réception du roman «Tôkyô mirage», surprise ! Il s’agissait du troisième volet d’une trilogie de thrillers dont l’action se situe au Japon. Bien qu'indépendants entre eux, je préférais donc commencer par le début et commandais dans la foulée, les deux premiers volets que sont «Tôkyô chaos» et «Tôkyô atomic». Bien m’en a pris tant je suis tombé sous le charme de l’inspectrice Junko Go, américaine d’origine japonaise, en stage au sein de la police de Tôkyô. Tout m’a plu dans ces trois romans : le style clair et percutant, l’intrigue passionnante, le charisme des personnages, les prises de position fortes sur l’homosexualité féminine…
Dans «Tôkyô chaos», Junko Go, jeune et brillante flic de Washington passionnée par les armes à feu... et les jolies femmes revient dans son pays d'origine pour une mission de coopération entre services de sécurité. Elle y retrouve son père Isobe, chef de la police de Tokyo, se lie d’amitié avec son équipier, le fringant Masayuki Nakamura, et se lance à la poursuite d’un tueur psychopathe. Dans «Tôkyô atomic», Junko, suite à la découverte du cadavre d’un ingénieur sans histoire travaillant dans une centrale nucléaire, est envoyée enquêter sur l’île d’Hokkaido. Des mafias japonaises et chinoises jusqu’aux activistes anti-nucléaires, ses investigations l’entraîne alors au plus profond du monde obscur de l’industrie nippone. Mais cette enquête lui permet aussi de trouver l’âme sœur en la personne de Fumiko Harada, une très séduisante journaliste d’investigation. Dans «Tôkyô mirage», sûrement le meilleur des trois tomes, Junko, mutée injustement aux archives par le chef de la police, le cynique Honda, doit laisser son coéquipier Masayuki enquêter seul sur le meurtre d'un sokaiya, ces maîtres chanteurs spécialisés dans l’extorsion de fonds auprès des grandes entreprises nippones. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Anne Rambach est née dans les Côtes-d’Armor et non au pays du soleil levant. Pourtant sa connaissance de ce pays est impressionnante. Au travers de ces trois livres, elle nous dépeint un Japon bien sinistre où libéralisme économique, respect des traditions et nostalgie d’un passé révolu s’entremêlent étroitement. Tout y passe : la corruption des pouvoirs politiques et financiers, l’emprise des yakuzas, la gangrène du monde des sectes, l’errance d’une jeunesse sans repère, la déshumanisation et la robotisation de l’homme de la rue japonais… Malgré cette noirceur, Anne Rambach réussit le tour de force de toujours laisser la porte ouverte à l’espoir. Portée par l’amour de son amie Fumiko, par l’amitié de son coéquipier Masayuki, par le respect de son père Isobe et de son chef Honda, son héroïne Junko est, dans son genre, un modèle d’optimisme car jamais, même aux pires moments, elle ne baisse les bras. Au terme de la lecture de cette trilogie, je n’ai qu’une hâte : courir chez mon libraire et découvrir le nouveau livre de cette jeune romancière, « Bombyx ». Pierre LUCAS

mardi 14 août 2007

La ligne noire de Jean-Christophe Grangé

Au fin fond de la Malaisie, un ancien champion d’apnée, Jacques Reverdi est arrêté pour avoir sauvagement assassiné à coup de couteau une jeune fille. Or quelques années auparavant il avait été mis en cause par la justice cambodgienne pour des faits similaires mais avait été relaxé faute de preuve. Il n’en faut pas plus pour qu’un journaliste français, Marc Dupeyrat, soit persuadé d’avoir affaire à un tueur en série. Il commence alors son enquête d’abord à distance puis sur les lieux mêmes, utilisant pour entrer en contact avec Jacques Reverdi un subterfuge qui à la longue va se révéler terriblement dangereux non seulement pour lui mais aussi pour une belle jeune fille. Après avoir lu avec grand délice Le concile de pierre et L’empire des loups, je me faisais une joie de découvrir le nouveau thriller de Jean-Christophe Grangé. Mais il m’a bien vite fallu me rendre à l’évidence : ce roman n’était vraiment pas à la hauteur de mes espérances…Quelle déception ! Pas vraiment au niveau de l’histoire en elle-même, bien que quelquefois j’ai trouvé certaines scènes ou paroles pas très crédibles, voire invraisemblables. C’est plutôt dans l’écriture qu’il y a une certaine faiblesse. Non dans le style qui est plutôt agréable mais plus dans le rythme de narration. En effet, plusieurs fois, au fil des pages, je me suis surprise à trouver le temps long, ce qui est un comble quand on lit un thriller…et puis j’ai très vite deviné ce qui allait se passer… Même la violence dans les mots, dans les descriptions de scènes de meurtres ne m’a pas paru crédible parce que trop stéréotypée, trop excessive. La personnalité très tourmentée des protagonistes, qui cachent des blessures d’enfance, crée un climat malsain, ainsi que la fascination à la limite de l’admiration du journaliste pour le tueur. A cet égard, on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement avec Hannibal Lecter de Thomas Harris (le silence des agneaux) ce qui laisse un sentiment de déjà vu… Pourtant la démarche était intéressante, comprendre les motivations d’un tueur en série et ce qui a bien pu le pousser à en arriver là, mais j’ai trouvé que l’aspect psychologique des personnages prenait trop le pas sur l’action et se faisait donc au détriment du suspense. En fait ce n’est qu’au bout de 500 pages (le livre en compte environ 600) que l’on commence à être passionné par la lecture, même si la fin est comme le reste prévisible. En tout cas, à mon avis ce n’est pas la meilleure production de l’auteur. Ce livre devant faire partie d’une trilogie consacrée au mal et à ses origines, espérons que les prochains romans seront meilleurs. Je ne voudrais toutefois pas décourager les lecteurs, peut-être suis-je un peu sévère dans mon commentaire, ayant beaucoup lu de thrillers dignes de ce nom… Nicole VOUGNY

mercredi 27 juin 2007

Ce cher Dexter de Jeff Lindsay

Dexter Morgan travaille pour la police de Miami : il est spécialisé dans les analyses des prélèvements sanguins. C'est un homme apparemment comme les autres, voire d'une ennuyeuse banalité. A un détail près : Dexter est un tueur en série... de tueurs en série ! Certains soirs, il n'est plus vraiment lui-même et une force irrésistible s'empare de lui. Il l'appelle "Le Passager noir", et ce sombre compagnon le pousse à découper des gens en morceaux. Son père adoptif, lui-même policier, avait bien compris ce qui existait en Dexter, et avait mis au point une sorte de "code d'honneur" avec lui : ne s'en prendre qu'à ceux qui le méritent, qu'il s'agisse de violeurs, de pédophiles, ou d'autres tueurs en série. Et Dexter exerce donc cette "justice" d'un genre particulier, tout en tentant de paraître le plus normal possible - ce qui, de son propre aveu, n'est pas toujours évident lorsqu'on est dénué d'émotion et de conscience. Mais il y parvient plutôt bien... Jusqu'au jour où il est confronté à un tueur en série aux méthodes comparables aux siennes, qui semble le narguer, et dont il se sent étrangemment proche... "Ce Cher Dexter" est un excellent roman, écrit à la première personne, plein d'humour et mené tambour battant. L'auteur joue en permanence sur la double personnalité de Dexter. Cette dualité serial killer/justicier se double d'un autre paradoxe : Dexter est un assassin, mais n'est-il pas lui-même la victime de "l'autre" tapi au fond de lui ? Le plus dérangeant, c'est qu'on ne peut pas s'empêcher de trouver ce personnage sympathique et touchant... C'est un anti-héros d'une complexité psychologique fascinante. L'intrigue est extrêmement solide: qui est le tueur ? Quelqu'un qui connait Dexter ? Qui est au courant de ses "activités" ? Ou Dexter lui-même commet-il ces crimes dans un état second ? Parviendra-t-il à se maîtriser, ou le Passager noir prendra-t-il le contrôle ? Le dénouement est bluffant, et on ne voit rien venir ! Ce thriller est un petit bijou, à la fois glaçant et jubilatoire - à l'instar des sentiments que provoque Dexter chez le lecteur... Fanny LOMBARD

vendredi 22 juin 2007

La chambre écarlate de Nicci French

Une amie m’a fortement conseillé les romans de ce couple de journalistes londoniens qui écrivent sous le pseudonyme Nicci French, et qui sont particulièrement réputés pour les thrillers psychologiques. Katherine Quinn, dit Kit, médecin-psychiatre, partage son temps entre un hôpital pour délinquants psychopathes et une clinique dans laquelle on y soigne la moyenne bourgeoisie en détresse. Par ailleurs, elle aide occasionnellement la police en qualité de consultante pour diagnostiquer, évaluer la santé mentale des (présumés) meurtriers. C’est à ce titre que l’inspecteur Furth de Stretton Green fait appel à ses compétences professionnelles pour interroger un certain Michael Doll, considéré autant par la police que par les parents d’élèves comme un dangereux pervers. A la fin de cet entretien, Michael Doll s’est effectivement montré très violent. Quelques temps plus tard, ce même Michael Doll est de nouveau appréhendé par la police de Stretton Green qui le soupçonne d’être l’auteur du meurtre de Lianne, une jeune fille sans domicile fixe de 17 ans, retrouvée morte à Rengent’s Canal (Londres), dont le corps est lardé de coups de couteau. Kit est une fois de plus sollicitée pour une collaboration active dans le but de déterminer un portrait psychologique du suspect. Très rapidement, d’autres homicides et agressions sont commis sur des jeunes femmes dans des quartiers de Londres, et Michael Doll se trouve encore à proximité du lieu du crime. Pour la police, le coupable se trouve sous leurs yeux, mais les preuves manquent cruellement. Autres complications de l’enquête : le modus operandi est différent dans chaque cas et il n’existe aucune similitude entre les victimes. Pourtant, Kit est persuadée qu’il existe un lien entre ces différents assassinats et elle compte bien le découvrir. L’investigation devient délicate quand la psychiatre ne partage pas le même avis que la police et s’entête à mener sa recherche comme elle l’entend. Pourquoi Kit s’implique-t-elle à ce point dans cette enquête policière ? Michael Doll est-il bien le tueur de Londres ? Il y a pas mal de personnages dans cette fiction et certains d’entre eux peuvent représenter un suspect potentiel, soupçonner tout le monde est l’aspect principal d’un roman policier. Certains vous inspireront de la compassion, d’autres de l’antipathie ou répulsion, et parfois apparaît une touche d’humour dans ce thriller avec Julie Wiseman, une amie de Kit complètement sans gêne. On s’attache bien entendu à l’héroïne, courageuse et déterminée, elle possède des qualités humaines, elle est sensible, juste et on ne peut que l’apprécier. L’histoire avance à un rythme relativement lent, la cadence est parfois longue à cause des descriptions détaillées qui sont pourtant indispensables pour entraîner les lecteurs dans ce passionnant récit psychologique. Il est aussi intéressant de voir la méthode qu’utilise Kit pour enquêter, car en tant que médecin-psychiatre, elle ne suit pas la procédure habituelle de la police. J’ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir, et je compte découvrir d’autres romans de Nicci French. Ngan Dai BUI

lundi 11 juin 2007

Sphinx de Robin Cook

Le roman commence par un flash back sur la première profanation de la tombe de Toutankhamon à l’époque de Séthi Ier. Inspiré par les voleurs, l’architecte Nénephta affirme avoir trouvé la façon de protéger pour l’éternité la tombe de son Pharaon. Erica, jeune archéologue américaine, qui ne connaît de l’Egypte que son histoire ancienne, arrive au Caire, bien décidée à étudier les hiéroglyphes et les monuments mais ses projets vont être un peu chamboulés. Lors de sa première visite au bazar de Khan el Khalili, elle est témoin du meurtre d’un antiquaire qui lui avait montré une statue de Sethi Ier sur laquelle figurait le nom de Toutankhamon et qui lui semblait authentique. Les meurtriers font disparaître le corps ainsi que la statue. Erica comprend très vite que cette sculpture est convoitée par plusieurs personnages : Yvon de Margeau, acheteur d’antiquités, Stéphanos Markoulis gérant une agence de voyage à Athènes, intéressé aussi de très près aux antiquités, Ahmed Khazzan, Directeur des services d’antiquités et évidemment les assassins du pauvre antiquaire. A l’insu d’Erica, Yvon l’utilise comme appât pour démasquer les assassins et arriver jusqu’à la statue mais très vite Yvon tombe sous son charme, mais ce n’est pas le seul, Khazzan aussi est envoûté par l’archéologue. Le roman se déroule sur une période de 8 jours pendant lesquels les événements s’enchaînent à une grande rapidité. Suivie par des assassins et protégée par un assassin encore plus dangereux, Erica nous fait entrer dans le monde sinistre du marché noir d’antiquités. La même Erica qui au début du livre trouve le musée du Caire « poussiéreux » et les rues de cette ville dangereuses va affronter des assassins sans scrupules, des momies, des chauves-souris et va même jouer les Indiana Jones féminins. Mais en fait, quel était le secret de Nénephta, architecte de Séthi Ier ? Il faudra attendre les dernières pages pour découvrir la ruse. J’ai aimé ce livre car le lire a été aussi plaisant que regarder un bon film d’aventures. En effet, il est plus proche de « A la recherche du diamant vert » que des thrillers scientifiques auxquels nous sommes habitués de la part de Robin Cook. Franklin J. Schaffner, réalisateur de « Papillon », mena ce roman au grand écran. Ce n’est pas étonnant car le livre est très visuel, on se croirait au Caire, pris dans le bruit, embaumés par les odeurs… Les dialogues sont fluides les descriptions rapides. Lorsqu’on veut passer un bon moment on devrait toujours avoir sur la main un livre comme Sphinx. Marie LEVEZIEL

vendredi 1 juin 2007

Faux rebond de Harlan Coben

A cause d’une grave blessure au genou, Myron Bolitar a du prématurément mettre un terme à sa carrière de basketteur pro. Après avoir travaillé brièvement pour le FBI, il s’est tout naturellement reconverti en agent sportif. Un jour, Clip Arnstein, le manager des célèbres Dragons du New Jersey, lui offre un poste de remplaçant dans l’équipe à condition qu’il mène une enquête discrète sur la mystérieuse disparition de Greg Downing, leur joueur vedette. Ce qui peut sembler au début n’être qu’un caprice de star qui a juste envie de se mettre au vert quelques temps s’avère finalement une affaire beaucoup plus sérieuse. En effet, une certaine Carla est retrouvée assassinée. Or celle-ci est l’une des dernières personnes à avoir eu un contact avec la star. Doit-on alors soupçonner Greg Downing de l’avoir tuée - d’autant plus que d’énormes taches de sang tapissent les murs de son sous-sol - et de s’être ensuite enfui ? Avec Win son associé et Esperanza sa secrétaire, Myron Bolitar va tenter de le savoir. Cependant la tâche ne va pas être facile car ces investigations vont raviver chez lui de douloureux souvenirs. Dans un style très lapidaire voire scénarisé, Harlan Coben nous entraîne dans le monde du sport de haut niveau où tous les coups bas semblent permis. Tout comme dans un match, l’histoire démarre à un rythme effréné, haletant avec son flot d’actions et donc presque pas de temps mort. Malheureusement, je trouve qu’elle s’essouffle un peu vers la fin, que les personnages tournent en rond, peut-être à force de courir un peu dans tous les sens au lieu d’aller droit au but (enfin au panier). Mais peut-être que cette temporisation n’est qu’une stratégie de la part de Harlan Coben pour mieux mettre en place son offensive, contrer les adversaires et faire gagner la partie à son héros grâce à un superbe retournement de situation à la dernière minute. Et dans ce cas je dis bien joué. Après tout, ce qui est essentiel dans un match c’est le résultat et peu importe la manière employée pour y arriver. Sauf que, moi, j’aime bien quand le spectacle est beau et ici, je dois dire que, dans l’ensemble, la prestation est plutôt moyenne. Et si ce thriller reste toutefois plaisant à lire, si finalement j’ai résisté à l’envie d’abandonner la partie avant le coup de sifflet final, c’est surtout grâce à l’humour corrosif et décalé de Myron Bolitar et de ses excentriques collaborateurs qui rehausse un peu l’ambiance et le niveau de jeu. Marlène EVEN

Publicité