dimanche 26 septembre 2010

Le rocher de Tanios de Amin Maalouf

Dans un village chrétien libanais, Kfayabda, au XIXème siècle, règne le Cheikh Francis, grand séducteur de femmes. Marié et père d’un fils Raad, il tombe amoureux de la femme de son intendant, Lamia. Une troublante relation s’installe alors entre ces deux êtres, sous le silence de Gérios, le mari bafoué. Quelques mois plus tard, naît Tanios dont la destinée si particulière s’explique sans doute par son origine  restée secrète.  Sa mère ne lui révèlera jamais l’identité réelle de son père et ce secret forgera son être tout entier.
Elève érudit, Tanios devient un jeune homme intelligent, engagé dans une lutte politique et un amour contrarié qui le conduisent à fuir son pays suite, notamment à l’assassinat du patriarche par Gérios. En exil, il découvre alors l’amour, le sentiment de révolte et de justice et revient au pays, comme un véritable héros.
Alors que l’Empire ottoman, l’Egypte et l’Angleterre s’affrontent pour prendre possession du Liban, Tanios se présente comme le digne descendant du Cheikh Francis…
Véritable roman d’apprentissage, ce récit captive. Tanios est un personnage attachant dont on suit l’évolution avec un véritable enchantement. On croirait parfois lire un vrai conte oriental, empreint de mystère et d’exotisme.
Néanmoins, le récit recouvre également un caractère historique assez complexe qui nuit un peu à la fluidité du roman. Le contexte politique de l’époque, souvent méconnu du lecteur français, est évoqué avec (trop ?)de précisions et de détails par l’auteur et ôte alors l’effet spontané et magique du roman d’initiation. Le charme, s’il n’est plus immédiat demeure malgré tout.


Cécile PELLERIN

1 commentaire:

latrace a dit…

L'univers maaloufien me passionne ♥

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