jeudi 18 septembre 2008

La fraternité de la rose de David Morrell

Virginie : Andrew Sage, un magnat du pétrole et conseiller du Président des Etats-Unis en matière d’énergie meurt dans l’explosion de sa propriété alors qu’il s’apprêtait à négocier des contrats avantageux avec certains pays arabes en contrepartie d’une diminution du soutien américain à Israël. Derrière cet attentat, un homme de l’ombre, Saul Grisman, nom de code « Romulus »,agissant en secret aux ordres d’un certain Eliot, l’un des cadres majeurs de la CIA. Bangkok : un agent de la CIA, Chris Kilmoonie, nom de code « Remus », viole la sacro sainte règle des sanctuaires « Abélard », lieux de repos pour agents secrets de tous bords, véritable non-man’s land où les conflits sont mis de côté, en tuant le colonel Malenov, un agent du KGB réputé pour ses actes de Barbarie. Désormais, pour tous les services d’espionnage du monde, Chris devient un paria, un homme à abattre. Or Saul et Chris sont liés. Orphelins dès le plus jeune âge et confiés aux bons soins de l’Académie pour garçons de Franklin. Bien que sans lien de parenté, les deux enfants se sont trouvés et ont grandi ensemble, unis comme des frères. Remarqués pour leur capacité par Eliot, qu’ils considèrent comme aussi leur père adoptif et leur maître, ils sont devenus au fil du temps de véritables machines à tuer pour la CIA. Mais aujourd’hui, ce sont eux les proies face à un prédateur qu’ils n’auraient pu imaginer, leur père adoptif Eliot. David Morrell arrive avec ce roman à nous plonger au cœur d’une extraordinaire histoire d’espionnage. Dès le prologue, on est subjugué par l’ingéniosité de l’auteur qui nous relate d’une manière si réaliste et convaincante la création des sanctuaires « Abélard » qu’on pourrait y croire vraiment. Le rythme d'enfer nous balance, à coups de rebondissements multiples, entre les destins croisés des deux « frères » jusqu’à qu’ils se retrouvent pour assumer leur vengeance. On regrettera toutefois la fin, un peu trop rocambolesque pour être crédible… N’est quand même pas Ludlum qui veut !
Pierre LUCAS

mercredi 17 septembre 2008

Un mariage d'amour de Françoise Bourdin

Victor Cazals, complètement déboussolé et anéanti, décide finalement de s’installer aux Roques, la grande demeure familiale qui est restée inhabitée depuis une trentaine d’années qu’il vient de racheter à son père (Martial). En effet, il souhaite à tout prix s’isoler afin de tenter d’oublier Laura, sa femme, qu’il aime encore et qui l’a brutalement quitté pour son demi-frère Nils. Jusqu’à présent, ce dernier était le protégé de la famille, mais suite à sa trahison, il est devenu du jour au lendemain le paria : il est rejeté autant par son père qui pourtant l’adorait, que par sa mère adoptive (Blanche) qui l’avait accepté et cajolé, même s’il est le fruit d’une infidélité du père. Quant à Maxime, le frère aîné de Victor, il épaule celui-ci de tout son cœur pour lui apporter du réconfort et soutien dans cette terrible épreuve émotionnelle et sentimentale qui l’accable.
Seulement, vivre dans le domaine des Roques ne sera pas de tout repos. Mise à part l’importante rénovation du lieu qui occupe plutôt bien ses esprits, Victor va malheureusement découvrir des éléments bien inquiétants qui laissent suggérer qu’un événement terrifiant y était survenu ; mais de quoi s’agit-il exactement ? Victor ignore encore qu’un effroyable secret a été dissimulé ici-même, et si jamais il réussissait à le trouver, pire encore s’il le faisait ressurgir du passé, une tragédie pourrait secouer chaque membre de sa famille. J’ai adoré ce roman de Françoise Bourdin avec cette affaire de secret de famille qui maintient un véritable suspense tout au long de la lecture. L’intrigue est vraiment captivante et il devient très difficile de lâcher le livre tant qu’on ne l’a pas parcouru jusqu’au dénouement. Effectivement, l’histoire est passionnante, on est pressé de découvrir et impatient de comprendre quel mystère a pu se murer derrière cette ancienne bâtisse « Les Roques » tellement cela attise notre curiosité. Qu’est-il arrivé trente années plus tôt ? Par ailleurs, j’ai bien apprécié la manière dont l’auteure a pris soin de brosser cet éventail de portraits, aussi intéressants les uns que les autres. Chaque personnage possède une personnalité propre, comme par exemple Martial et sa fermeté, Nils et sa fragilité, Blanche et sa soumission ou résignation, ou encore l’adorable Victor, homme de valeur et héros du roman à qui le lecteur s’identifie et s’attache tout particulièrement. C’est la première fois que je lis Françoise Bourdin et je suis totalement conquise, je ne la connaissais que de nom, et « un mariage d’amour » m’a fait passer un moment délicieux. De plus, la façon dont cette auteure écrit me fait rappeler vaguement un de ses confrères qui s’exprime dans le même genre de chroniques, je cite Douglas Kennedy, que j’aime beaucoup et qui a l’art de décrire avec énormément d’aise et de talent la passion humaine.
Ngan Dai BUI

lundi 15 septembre 2008

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

Barcelone 1945. Daniel Sempere, le narrateur alors âgé de onze ans, est emmené par son père, un librairie, dans un lieu absolument insolite, une vraie caverne d’Ali Baba réservée à quelques initiés où sont enfermés des milliers de livres. Là il adopte un livre « L’Ombre du Vent » de Julian Carax et c’est la révélation, le Livre que Daniel attendait. Daniel se prend de passion pour le livre mais aussi pour son mystérieux auteur. Il cherche coûte que coûte à savoir qui il est. Seulement il ouvre les portes du passé et s’approche de secrets bien enfouis qu’il mettra dix ans à déterrer. Ce roman très fascinant a le don de vous immerger dans la Barcelone de l’après-guerre, celle où les fascistes et les anarchistes se disputent le pouvoir et où les habitants espèrent des jours meilleurs. La ville est omniprésente, personnage à part entière du roman que l’on découvre fasciné à travers ses rues et ses quartiers. Aux côtés de Daniel, le lecteur mène l’enquête. Au moment où il croit tenir une piste sérieuse, Carlos Ruiz Zafon s’arrange pour la brouiller. Qui est donc ce mystérieux homme au visage ravagé, tout droit sorti du roman de Julian Carax ? Serait-ce le Diable ? Les personnages hauts en couleur sont attachants et plein de complexité : le lecteur ressent les premiers émois de Daniel pour la belle mais distante Clara et découvre un allié inattendu en la personne de Fermin Romero de Torres, un baroudeur au cœur d’or mais au passé trouble, poursuivi par l’effroyable inspecteur Fumero. Ce qui fait également sa forcé c’est que l’auteur a placé le livre au centre de son roman : on y découvre un libraire de livres anciens, une secrétaire de maison d’édition, un vieil et énigmatique bibliothécaire, gardien du Cimetière des Livres Oubliés, mais c’est avant tout l’histoire d’un livre et de son auteur, un livre qu’il faut préserver. Et le lecteur de s’imaginer lui aussi dans ce Cimetière des Livres Oubliés à se demander quel livre il adopterait. Un récit magnifique qui mêle à la fois l’amour, l’aventure, les mensonges, les trahisons, les histoires tragiques qui s’imbriquent les unes dans les autres pour former la trame du récit. Un livre à lire absolument. Delphine LE PERF

jeudi 11 septembre 2008

Fais-moi confiance de James Hadley Chase

DAWSON dirige depuis quatre ans les bureaux de Rome du New York Western Telegram qui appartient à Sherwin CHALMERS, multimillionnaire des medias. Ce dernier demande au premier de prendre en charge sa fille Helen qui arrive à Rome pour entreprendre des études d'architecture. C'est avec crainte révérencielle qu'il s'acquitte de sa tâche, Helen parvient à dégeler DAWSON et réussit même à l'inviter à Sorrente où elle loue une villa. Notre journaliste l'y retrouve mais trépassée, dès lors il tente d'éviter les soupçons et est chargé de mener l'enquête par le père de la défunte. L'investigation privée révèle les relations troubles de la jeune fille et le chantage qu'elle exerçait sur la dernière femme de son père. DAWSON lui-même n'y échappe pas et met tout en oeuvre pour se dégager du lacs. JH CHASE impose un rythme vif, alerte où l'action ne manque pas. Femmes fatales et gros bras s'entrecroisent et se manipulent. Les dialogues, sans doute trop nombreux, marquent la cadence nerveuse. Si l'on est bon lecteur, on peut se laisser bercer sans trop se poser de questions. Si l'on est plus exigeant tout cela semble un peu facile, les coïncidences sourient trop au héros qui se voit la tâche facilitée par des intervenants pas très madrés. Est- ce vraiment réaliste? Un plumitif qui doit se muscler uniquement le bras droit au moment où il lève le coude pour s'abreuver de whisky parvient à terrasser un mafiosi, hum! A la fin, la vérité est manifestée et l'argent préserve la vie privée des fortunés. Merci aux deus-ex-machina. Gwenael CONAN

mardi 9 septembre 2008

La dentellière de Pascal Lainé

Pomme est petite fille du nord de la France, « issue » d’une mère serveuse dans un bar qui montait dans la chambre du haut toutes les fois qu’un Monsieur lui demandait et d’un père qui a mis les bouts quand Pomme était encore enfant. Nous les retrouvons habitant un petit appartement, un deux pièces dans la banlieue parisienne. Tandis que sa mère est désormais crémière, Pomme qui a maintenant dix-huit ans et travaille dans un salon de coiffure va se lier d’amitié avec Marylène, sa collègue de travail âgée d’ une trentaine d’années. Cette dernière, après avoir rompu avec son amant, un homme d’une cinquantaine d’années propose à Pomme d’aller en vacances à Cabourg. Une fois sur place, Marylène rencontre des gens d’un certain milieu et se met à ignorer Pomme. Pomme, qui se retrouve donc seule, va rencontrer Aimery de Béligné, parisien en villégiature et vivre une histoire d’amour. Ce roman est l’histoire banale d’une fille et de sa mère que l’auteur nous fait vivre avec des mots simples, comme leurs vies et leurs histoires. Boulot, maison, dodo, vacances, petite histoire d’amour, une vie monotone mais tellement authentique, voila pourquoi ce livre m’a plu car il relate des pages de vies de tous les jours que de nombreux êtres humains vivent de par le monde. Pomme, une fille pas trop belle, mais qui à le droit de connaître la beauté des sentiments, même si le prix à payer est lourd. Marylène toujours à la recherche d’amants plutôt BCBG et qui vît surtout pour elle-même. La mère de Pomme, qui se laisse toujours porter par les événements routiniers du quotidien. D’autres personnages apportent également une petite touche pittoresque à ce livre. Cette histoire est touchante car chacun y retrouvera un peu de lui-même.
Edouard RODRIGUEZ

lundi 8 septembre 2008

La Déesse hippopotame de Elizabeth Peters

Cette nouvelle aventure de la famille Emerson se passe en Egypte en 1900. Elle constitue la suite des péripéties racontées sous forme de journal par Amélia Peabody, passionnée d’Egypte et mariée à un célèbre égyptologue, Radcliffe Emerson, qui repartent en Egypte pour une saison de fouilles et découvrent cette fois une tombe inviolée. Mais, comme d’habitude, rien ne se passe comme prévu et des pilleurs de tombes essaient de leur mettre des bâtons dans les roues. Principal obstacle à leurs plans machiavéliques : Amélia Peabody qui, sans fausse modestie, nous expose ses déductions, sans oublier de prendre soin de sa petite famille pour le moins originale… Les romans d’Elizabeth Peters sont tous écrits dans la même veine, sous la forme d’un journal. Les héros en sont un couple d’Anglais qui passent leurs hivers en Egypte et tentent de protéger le patrimoine culturel de ce pays à la fin du XIXe, début du XXe siècle, alors que les objets égyptiens sont très recherchés par les collectionneurs européens et que les marchés parallèles permettant de se procurer ce genre d’objets sont en plein essor. Les Emerson ont donc de nombreux ennemis, mais la plupart des histoires se finissent bien, et les gentils l’emportent généralement sur les méchants. Même si la trame de l’histoire n’est pas, avouons-le, très originale ou surprenante, je dois dire que le choix du style narratif et surtout le sens de l’humour pince-sans-rire de l’auteur de ces journaux, Amélia, m’ont séduite dès la première histoire, et je ne m’en lasse pas. Comme tous ses autres ouvrages, j’ai beaucoup apprécié La Déesse hippopotame, qui est une lecture idéale pour se changer les idées, légère et rapide à lire mais en même temps intéressante et reposant sur des recherches sérieuses concernant l’ancienne Egypte. Seul bémol : il vaut mieux découvrir ces livres dans l’ordre dans lequel ils ont été écrits, puisque l’histoire des personnages évolue. Or, cet ordre n’est pas facile à retrouver car il n’est pas identique à celui présenté en début d’ouvrage, dans la liste des parutions… Pour une fois, ce volume contient, en introduction, un bref historique de la vie et carrière d’Amélia, donnant ainsi quelques indications précieuses sur l’ordre à suivre. Si, comme moi, vous tombez sous le charme de cette famille et de cet écrivain, il serait dommage de ne pas suivre l’ordre chronologique de leurs aventures. Anne ALBERT

mercredi 3 septembre 2008

Je vous écris de Hisashi Inoué

Une jeune fille devenue la maîtresse de son patron, attend qu'il quitte femme et enfant ; une jeune mariée dont l'époux travaille à l'étranger découvre que sa voisine est séquestrée et maltraitée par sa fille ; une employée de bureau recherche un correspondant qui lui servirait de guide lors d'un voyage à Hokkaïdo; un sans domicile fixe mutique mais dessinateur de génie disparait d'un centre d'hébergement ; un homme écrit à son amour de jeunesse, aujourd'hui trompée par un mari dont elle refuse de divorcer; un auteur est contacté par une admiratrice qui souhaite connaître son avis sur une de ses œuvres... Voilà quelques uns des personnages que l'on croise au fil des chapitres qui composent ce roman, comme autant de nouvelles sans rapport entre elles... jusqu'aux dernières pages, où les destins des protagonistes se rejoignent dans un dénouement surprenant. Ce roman est étonnant à plus d'un titre. Tout d'abord, les chapitres ne semblent avoir aucun lien entre eux : sans l'épilogue, qui réunit tous les personnages lors d'une prise d'otages, ils tiendraient davantage de nouvelles indépendantes, mais néanmoins passionnantes. Ensuite, il n'est composé que de lettres, actes administratifs, articles de journaux, extraits de livres... Si ce procédé peut déconcerter de prime abord, il s'avère redoutable car il créé une distanciation, un style froid hors de tout parti pris, mettant en relief l'ironie souvent cruelle des situations, et permettant à l'auteur de manipuler le lecteur, chaque chapitre offrant un dénouement totalement inattendu. Et si la conclusion parait un peu forcée, elle donne au roman une forme de boucle non dénuée d'intérêt. Ce livre m'a beaucoup intéressée par sa forme et son fond. Une fois habituée au style épistolaire, je me suis laissée prendre au jeu. La neutralité de l'auteur tranche avec l'attachement que l'on ressent pour certains personnages, tous au centre de destins tragiques, qu'ils en soient les victimes ou les acteurs. Les déceptions amoureuses, la folie, la mort sont autant de thèmes récurrents qui créent une atmosphère assez lourde, néanmoins teintée d'humour noir et d'une impitoyable ironie. Mais j'ai surtout été bluffée par la chute des chapitres : j'ai été "baladée" de bout en bout par l'auteur, qui se joue de son lecteur comme de ses personnages, de façon machiavélique, sans que l'on voit rien venir ! Un regret, cependant : la suppression de deux des chapitres japonais, trop difficiles à traduire... Dommage d'avoir dû amputer ce roman enthousiasmant.
Fanny LOMBARD

lundi 1 septembre 2008

Total Kheops de Jean-Claude Izzo

Fabio Montale, flic marseillais, désabusé, sorti des quartiers pauvres de la ville et paumé en amour, enquête sur l’assassinat par ses collègues d’un de ses copains d’enfance ainsi que la disparition d’une amie arabe, Leïla, qui apparaît violée et tuée sauvagement quelques jours plus tard.
Montale, qui s’occupe du maintien de l’ordre dans les quartiers nord de Marseille, nous raconte son enfance et sa jeunesse parmi les émigrés arabes, italiens, espagnols, arméniens…Il décrit les quartiers nord d’une façon plutôt noirâtre, rien que délinquance, drogue, alcool et prostitution. En se faisant le narrateur de ses souvenirs, il nous fait découvrir les personnages de l’histoire et il passe en revue tous les acteurs de la pègre marseillaise : les grands mafiosi, les dealers, les bandits, les proxénètes. Il nous parle souvent de gastronomie, il nous décrit ses recettes favorites. Il n’est pas rare de trouver ce type de flic gastronome dans les romans noir, qui en préparant leurs repas nous font frétiller les papilles au rythme de jazz. Au fil de l’enquête, Montale se rend compte qu’il est mêlé à une affaire qui se corse de plus en plus et qui met en scène de très gros poissons, ce qui va mettre en danger même sa propre intégrité. Le racisme est très présent dans ce roman, mais critiqué et sanctionné par l’écrivain. Il s’agit d’un racisme violent, comme Marseille, elle-même. Total Khéops, chante le groupe de rap marseillais IAM, un « bourbier immense » et Montale est bien au centre, afin d’éclaircir les meurtres de ses amis. Jean-Claude Izzo a un style très particulier. Il nous fait passer des faits réels directement aux souvenirs sans nous avertir, ce qui dévient parfois un peu difficile à suivre mais reste néanmoins un moment de lecture exceptionnel, avec des descriptions assez particulières comme quand il parle de Marseille et nous dit : « Marseille n’est pas une ville pour touristes. Il n’y a rien à voir. Sa beauté ne se photographie pas. Elle se partage ». C’est la passion qui ressort de ces mots, une passion qui semble sortie directement de la tragédie grecque !! Total Khéops est le premier volet d’une trilogie que Jean-Claude Izzo a dédié à Marseille, sa ville natale, dont les deuxième et troisième épisodes sont Chourmo et Solea.
Marie LEVEZIEL

mercredi 27 août 2008

Sauve-moi de Guillaume Musso

Juliette est une jeune française venue à New York pour tenter sa chance dans le cinéma. Mais au bout de trois ans, force lui est de reconnaître qu’elle a échouée. Aussi est-elle décidée à rentrer chez ses parents en France. Sam Galloway, veuf trentenaire dont la femme s’est suicidée un an plus tôt, essaye d’oublier son chagrin en s’investissant à fond dans son métier de médecin. Or un soir, le docteur manque d’écraser Juliette. Et c’est aussitôt le coup de foudre entre ces deux êtres...Ils passent un week-end idyllique…Mais voilà, le problème c’est que l’avion de Juliette s’envole sans que Sam ait réussi à trouver les mots pour lui dire de rester, et que, comble de malchance, l’avion s’écrase peu après le décollage… Contrairement aux apparences, ce roman n’appartient pas au genre scénario catastrophe mais est plutôt une belle histoire d’amour et d’espoir, dans laquelle l’imaginaire à la part belle. Guillaume Musso, a choisi pour thème l’importance que le hasard peut avoir sur une vie, ce hasard qu’il compare à un grain de sable qui peut faire basculer des existences d’un coté comme de l’autre. Attention toutefois à ne pas confondre hasard et prédestination, même s’il y a des choses auxquelles on ne peut pas échapper…Là, vous allez dire que mes propos ne sont pas très clairs, mais je ne peux pas apporter d’explications complémentaires sans altérer l’intérêt et le plaisir de la lecture, ce qui serait vraiment dommage ! Car ce qui contribue au charme de ce roman, c’est son écriture sobre sans être simpliste, sensible mais sans sentimentalisme excessif. Nous éprouvons bon nombre de sentiments tels que la tristesse, l’émotion, la colère, la peur tout en étant confronté à des questions existentielles que nous nous sommes tous posées un jour ou l’autre. D’autre part de nombreux rebondissements donnent du rythme au récit …Résultat : on dévore littéralement ce roman ! Il faut dire que le cadre dans lequel l’auteur fait évoluer ses personnages est en lui-même passionnant et riche en couleur : New York, ville pluriethnique et culturelle par excellence. Ajouter à cela des personnages sympathiques, de l’amour, juste ce qu’il faut de souvenirs traumatisants, une bonne dose de surnaturel auquel on ne demande qu’à croire, une construction à la thriller, tout cela pour illustrer une réflexion sur la vie, la mort, la complexité des relations humaines et vous avez un roman très plaisant. La seule petite chose que je pourrais trouver à redire, c’est qu’il me semble que certains passages auraient gagnés à être un peu plus approfondi. Il n’empêche que je recommande grandement ce livre, qui m’a donné envie de découvrir les autres écrits de l’auteur.
Nicole VOUGNY

lundi 25 août 2008

Vice de fond de Jean-Paul Carminati

« Vice de Fond » nous entraîne dans le monde de la justice, notamment dans le quotidien de Me Jean-Paul Bergamo, avocat commis d'office en matière criminelle. Ce dernier est appelé pour défendre les plus démunis, ceux qui ne peuvent pas financièrement faire appel par eux mêmes à leurs propres avocats. Seulement, la majorité des dossiers dont s’occupe Me Bergamo concernent des crimes sexuels souvent aggravés. Jusqu’à présent tout allait bien dans sa vie privée, jusqu’au jour où sa femme Maggy regarde une émission à la télévision sur les témoignages concernant les abus sexuels et découvre plus en détails le travail de son mari. Des tensions naissent alors dans le couple, elle s’éloigne progressivement de lui. Comment comprendre que l'homme qu'on aime tente de faire libérer des violeurs et/ou des pédophiles ? En effet, Me Bergamo se charge des affaires comme "Viol sur mineur en réunion avec séquestration", "Viol en réunion sur mineur par ascendant", ou encore "Viol sur mineur en réunion par ascendant avec actes de barbarie ayant entraîné la mort"… Même si "Vice de Fond" reste un roman, Jean-Paul Carminati, avocat de métier, a su manier comme une main de maître l'humour noir pour nous relater de manière un peu décalée quelques affreux dossiers de crimes sur le plan sexuel, qui hélas, sont assez répandus pour les citer ainsi comme « exemples types » dans son ouvrage. Certaines scènes de viol, souvent décrits avec des mots assez directs et crus, peuvent heurter notre sensibilité. J’ai bien aimé ce roman qui m’a permise de mieux saisir l’atmosphère, souvent morose et amer, du travail des avocats commis d’office qui doivent défendre des pervers sexuels, car c’est plutôt dur psychologiquement, et il est nécessaire d’être doté d’une santé mentale de fer. Et on constate bien que Me Bergamo dort très mal la nuit, qu’il a constamment des cauchemars à causes de ces sinistres affaires et qu’il a énormément de difficultés à prendre de la distance par rapport à son quotidien professionnel. J'ai bien apprécié le personnage principal avec ses mésaventures, ses va-et-vient entre les tribunaux, je donnerais bien un autre titre à ce roman : « les tribulations d’un avocat ». Me Bergamo est très attachant et drôle, l’auteur nous donne souvent l’occasion de lire dans ses pensées qui nous font bien sourire. Par ailleurs, on rigole bien aussi avec les réactions énormes des accusés sexuels, et à les écouter, ils seraient tous innocents et toutes les jeunes femmes victimes son consentantes. Ngan Dai BUI

mercredi 20 août 2008

Chroniques de ma vie de Igor Strawinsky

D'Igor Strawinsky, compositeur russe né en 1882, naturalisé français puis américain, chacun connaît au moins "L'Oiseau de Feu" et "Le Sacre du Printemps".
Ces "chroniques" ne sont pas vraiment une autobiographie : bien que retraçant le parcours de l'auteur sur une période allant de ses premiers cours de piano à la création de "Perséphone" en 1934, en passant par son apprentissage avec Rimky-Korsakov, sa collaboration avec les Ballets Russes ou la composition de ses premiers chefs d'oeuvre, il s'agit avant tout, de l'aveu même de Strawinsky, de "dissiper les malentendus qui se sont accumulés autour de [s]on oeuvre et de [s)a personne". Une mise au point, donc, sur fond de souvenirs écartant volontairement la vie intime pour se concentrer sur la vie professionnelle. Bien que présentant un récit linéaire, ces chroniques sont difficiles à résumer : ainsi, l'auteur n'y raconte pas son enfance ou sa vie privée, et cantonne son propos à la musique, à la création de chacune de ses oeuvres et ses diverses collaborations. Mais ce n'est pas une litanie monotone : à chaque fois, il raconte comment il a procédé, dans quelles conditions ont été composés ballets, opéras, suites, etc., et comment ces oeuvres ont ensuite été montées à Paris, Berlin ou New York, avec le concours de Diaghilev, Nijinsky, Ramuz, Picasso, Cocteau..., donnant lieu à une galerie de portraits des personnalités artistiques les plus marquantes de ce siècle. En parallèlle avec cette rétrospective, Strawinsky précise sa conception de la musique, son évolution personnelle, son regard sur des questions aussi passionnantes que complexes comme le modernisme, les liens entre histoire et art, la place de la technique dans un ballet ou la liberté d'interprétation d'une oeuvre. J'ai vraiment aimé ce livre : au-delà de l'oeuvre d'un grand compositeur, j'ai découvert une personnalité que l'on devine passionnante. J'ai parfois dû m'accrocher pour suivre la pensée de l'auteur, qui mène des réflexions assez complexes sur son art. J'ai également trouvé fascinante la manière dont il évolue en permanence, repoussant les limites de sa créativité par une recherche qui laisse admiratif. Ces chroniques sont un formidable témoignage sur une époque artistique foisonnante, doublé d'une réflexion parfois ardue mais enrichissante sur la musique, même pour une novice comme moi. Et ça m'a donné envie de me plonger dans les oeuvres de ce compositeur, preuve de la qualité de ce livre ! Fanny LOMBARD

mardi 19 août 2008

Marcus Aper chez les rutenes de Anne De Leseleuc

Marcus Aper, le célèbre avocat gaulois, doit être nommé à la fonction de juge à Gergovie. C’est alors que pénètre dans son bureau Floris, le patron d’une grande "usine" de terre cuite de Millau.
Hautain et très vite antipathique, ce dernier apprend à Marcus qu’il est accusé du meurtre de la fille de son ancien potier qui a créé une entreprise concurrente. Entre un client qui n’en fait qu’à sa tête et peu aimé de ses employés et des habitants peu disposés à l’aider et sûrs de détenir le véritable coupable, Marcus doit trouver coûte que coûte la vérité surtout qu’en face de lui, s’oppose en tant que procureur Julius Secundus aidé de son ancien disciple Publius Tacitus. Aidé de son fidèle serviteur Nestor, Marcus devra se rendre jusqu’en Tunisie au gré d’aventures très mouvementées. Dans la lignée du juge Ti ou du moine Cadfaël, Marcus Aper nous entraîne dans la Gaule romanisée : Marcus Aper est avant tout un avocat mais il n’hésite pas à aller sur le terrain, se travestissant et risquant sa vie pour découvrir la vérité. Dans cette affaire Anne de Leseleuc nous fait découvrir de nombreux aspects intéressants de la vie gallo-romaine : l’industrie de la poterie et ses débouchés commerciaux, le fonctionnement de la justice et même les trafics d’esclaves un peu louches. Toutefois ce roman suit trop, à mon goût, les règles du roman policier : un duo enquêteur-assistant qui se complète, un homme que tout accuse, des jeunes filles qui disparaissent, un méchant qui se révèle méchant… .Il manque d’originalité et d’invention ; l’intrigue est un peu légère et les personnages manquent de profondeur. J’ai apprécié la lecture de ce roman mais je préfère les romans d’Ellis Peters ou d’Elena Arseneva qui sont plus complexes au niveau de l’intrigue et des personnages. Delphine LE PERF

jeudi 14 août 2008

Manipulation de Andy McNab

Le Britannique Nick STONE , militaire des Special Air Service, est spécialisé dans la lutte anti-terroriste. Il est envoyé en mission à Gibraltar pour contrer trois membres de l'IRA que ses supérieurs soupçonnent de fomenter un attentat.
Ces derniers tuent un des trois membres et se rendent comptent qu'ils n'étaient pas là pour tuer mais pour négocier avec les corrompus de l'Administration qui ne voulaient plus faire transiter par Gibraltar la drogue dont l'IRA avait besoin pour financer sa lutte armée. Pour lui donner une chance de se racheter, ses patrons l'envoient en mission aux Etats-Unis. Là, il retrouve un de ses frères d'arme qui travaille désormais pour la DEA. Son copain et sa famille sont trucidés juste avant sa rencontre, seule la fille de sept ans de son ami a réchappé à l'exécution. Il la prend sous son aile et a toutes les audaces pour la protéger des tordus qui veulent finir le travail. Ils réussissent à rentrer en Grande- Bretagne et là Nick découvre la dure réalité et règle ses comptes. Le thriller est palpitant, le héros est un vrai dur qui n'a pas peur de tuer si nécessaire mais il sait aussi être tendre. Les faits relatés sont crédibles, nous baignons dans la réalité crue et très loin des clichés de James BOND. Nous avons droit à une formation accélérée d'homme de terrain et de chasseur d'hommes. L'auteur qui est un authentique SAS nous révèle ses recettes de cuisine mais pas toutes. Il décrit la violence réelle, les effets de l'adrénaline, les réactions psychiques d'êtres menacés de mort qui savent rendre la monnaie. Le guerrier professionnel n'oublie pas d'être au petits soins pour sa protégée de sept ans, ce qui rend l'histoire attendrissante au milieu de tant de violences. D'autre part, lorsque l'on a connu des Irlandais membres du Sinn Fein ainsi que des Britanniques bon teint qui ont servi la Reine, ce récit touche de près. On préfèrerait les voir en paix boire une pinte de Guinness.
Gwenael CONAN

mercredi 13 août 2008

Sorcier de Jim Harrison

John LUNDGREN a pour surnom « sorcier » depuis son passage chez les scouts. Depuis qu'il est au chômage, sorcier passe son temps à préparer des petits plats, à manger, boire, dormir, fantasmer sur sa femme ou d'autres. Il a perdu une situation lucrative de responsable d'un fonds d'investissement et traverse une mauvaise passe.
Diana, sa blonde épouse l'admoneste pour qu'il se reprenne et le pousse à suivre une thérapie. Après avoir freiné des quatre fers il obtempère. Son psy lui propose un job de détective privé où il se révèle brillant. Le Dr RABUN lui confie des affaires de plus en plus difficiles où il n'oublie pas de joindre l'utile à l'agréable, culinairement et sexuellement parlant. RABUN l'envoie en Floride défendre ses intérêts, il se fait piéger par la femme d'un mafioso et finit par revenir auprès de sa sylphide. L'histoire pourrait sembler banale sans le talent de Jim HARRISON, que les Amérindiens du Michigan appelle « celui qui va toujours plus loin dans l'obscur et finit toujours par en revenir ». On se demande comment il s'y prend pour nous faire entrer dans son univers naturaliste mais plein d'action et de vie de l'esprit. Il noircit des pages et des pages sur ses gaudrioles, ses extases charnelles, sur la nourriture et ses beuveries mais son humour est assassin. L'on rit toutes les deux pages, tout est naturel chez lui et innocent et il n'oublie jamais l'émotion et les sentiments. Quelles sont ses valeurs? L'amour de la nature et la satisfaction des sens. Ses histoires baignent dans une métaphysique bien à lui et qu'il pourrait nous vendre avec de l'empathie pour ses frères humains. Pour ceux qui s'intéressent à autre chose que le « people et le bling-bling ».
Gwenael CONAN

lundi 11 août 2008

Une poignée de gens de Anne Wiazemski

Après avoir hérité du journal intime - en russe Livre des Destins - du prince Wladimir Belgorodsky , Vladimir Vassiliev entre en contact avec une descendante du prince. Celle-ci, Marie Belgorodsky, est surprise, mais va à contre-cœur au rendez-vous fixé par Vladimir Vassiliev.
Et voilà que l’histoire de sa famille lui est racontée grâce au Livre des Destins. Alors commence un plongeon dans le temps qui va de 1916 au 15 août 1917 et l’assassinat du prince. Ce voyage au cœur de la propriété de Baïgora, nous montre la fin de la douceur de vivre d’une famille de la noblesse russe et la montée, en puissance, des rouges dans cette Russie qui va devenir l’Union Soviétique. J’ai énormément apprécié ce livre qui a un penchant "histoire authentique". L’auteur nous raconte parfaitement cette période. Une noblesse qui vit tranquillement, des soldats russes qui reviennent du front exaspérés par des conditions de vie déplorables, une paysannerie qui en assez d’être déconsidérée et qui est à l’écoute d’agitateurs. Les personnages y sont décrits de manière simple et authentique, sans lourdeur. A la noblesse un caractère cultivé, une vie paisible pleine de candeur et d’innocence, mais plus pour longtemps ; au peuple une rudesse due à la soumission des siècles passés et une envie de renverser le cours de l’histoire et d’aller vers une vie meilleure. Ce livre n’est pas une découverte de la révolution russe mais plutôt une description fine et sensible d’un moment où l’histoire bascule de manière brutale.
Edouard RODRIGUEZ

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