mardi 20 mai 2008

Le rocher aux corbeaux de Peter Robinson

A Swainsdale, petite ville de campagne du Yorkshire, se cotoient trois catégories d’individus : les touristes, qui affluent chaque week-end à la recherche d’un coin de verdure ; les néo-ruraux, qui ont fuit la ville et son stress pour le calme de la campagne anglaise ; et enfin, les gens du cru, qui, pour les uns ne quitteraient pour rien au monde cette terre qui a vu naître leurs ancêtres, et pour les autres, n’ont qu’une idée en tête, fuir ce « trou-à-rats » où rien ne se passe. Harry Steadman, ancien professeur d'université, avait réussit le tour de force, tout en faisant partie de cette deuxième catégorie, de se faire apprécier et respecter par la population locale. Passionné d'archéologie, habitué du pub « The Bridge » où il retrouvait ses amis Barker, l’écrivain, Barnes, le médecin, et Hackett, le chef d’entreprise, Steadman était un fervent défenseur du passé historique de Swainsdale. Quand son corps est retrouvé, le long d’un vieux mur de pierres sèches, au détour d’un chemin de campagne, tout le monde à Swainsdale est sidéré : « Qui a bien pu tuer un homme si bon ? » Pour l'inspecteur divisionnaire Banks, qui lui aussi a quitté Londres pour échapper à son climat de violence, les suspects ne manquent pas. Petit à petit, Banks découvre que le passé de Steadman n’est pas aussi tranquille qu’il n’y paraît… Une enquête à l’ancienne, sans expert, autopsie et traque par ordinateur. Patiemment, par recoupements, l’inspecteur Banks analyse et dissèque les alibis des principaux protagonistes pour nous entraîner progressivement vers le dénouement final. Peter Robinson, dans ce second épisode des enquêtes de l’inspecteur Banks, nous dépeint un homme serein, bien dans sa peau et sûr de ses choix, qu’ils soient professionnels ou familiaux. Pour autant, ce calme apparent contraste fortement avec la plupart de ses confrères littéraires : bien moins tourmenté que l’inspecteur Rébus de l’Ecossais Rankin, moins désabusé que le commissaire Wallander du Suédois Mankell ou moins troublé par des conflits familiaux que l’inspecteur Erlandur de l’Islandais Indridasson, l’inspecteur Banks n’en demeure pas moins un personnage attachant au caractère bien trempé. Bien qu’ayant de très loin préféré d’autres romans de Robinson (« Beau monstre » et surtout « Saison sèche », entres autres), j’ai trouvé ce livre fort plaisant dans un style sans prétention. Un bon polar à l’Anglaise en sorte ! Pierre LUCAS

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