Je suis "LADY KILLER"
On m'appelle comme cela grâce à mes actes. Je suis devenue très populaire, je fais la une des journaux, je tiens une place très importante dans les médias. Partout, on parle de moi ! Insaisissable et invincible, je suis le plus fort, le plus malin des serial killers !
Personne ne m'arrêtera, jamais !
J'adore voir la peur dans leurs yeux terrifiés, les regarder se battre, lutter en vain pour leur survie, puis s'abandonner, enfin, à leur destin. Quel bonheur de les sentir glisser à mes pieds, sans vie ! Elles méritent le sort que je leur donne.
Jessica Crawford, chroniqueuse au San Francisco Hérald couvre l'évènement : La mort de ces femmes célèbres, avocate, biochimiste, psychiatre...commence à semer la panique dans la population.
Jessica, brillante, si sure d'elle, la seule si futée, qui parvient à me cerner.
Il ne me reste plus qu'à la faire taire elle aussi !
Jessica devient alors la cible N°1, et avec elle, son entourage, ses amis sont menacés eux aussi.
J'ai bien aimé ce roman, bien dans notre époque, au style vif, rapide et intense. Les personnages au fort caractère sont attachants. L'auteur, Meryl Sawyer, connue dans le monde entier, pour ses nombreux suspenses arrive là encore à retenir toute notre attention, elle nous place tour à tour dans la peau du tueur et dans celle de Jessica, on se laisse alors entrainer par l'intrigue passionnante, voire captivante. Un livre pour passer un bon moment !
Géraldine MARTINOT
jeudi 13 novembre 2008
vendredi 7 novembre 2008
Des lendemains de fête de Pascal Sevran
Le décès de Stéphane, compagnon de pascal SEVRAN, est l’occasion pour l’auteur de « résumer » sa vie. Jour après jour, SEVRAN nous décrit sa vie, mais surtout ses relations avec autrui. Le journal débute le 23 décembre 1999.
Pascal est entouré de beaucoup de femmes qui le respectent et fréquentent sa villégiature : François lit des études « scientifiques signées par des gourous, ou encore Christiane sa sœur, Lily, Dalida, Françoise Giroud.Il est entouré de grands personnages : François Mitterrand, Bertrand Delanoë, Charles Trenet, Roger Hanin, Jean Claude Brialy. D’ailleurs Delanoë n’est pas encore maire de Paris.
La perte de Stéphane est pour SEVRAN, la fin d’une étape ; mais il conçoit que c’est son malheur à lui : « Tout le monde ne peut pas
être malheureux à la même heure que moi ». Il souhaite tourner un peu la page, pas totalement. « Je ne suis pas obsédé par le passé, je ne me tiens pas à sa disposition ». Lorsque les souvenirs lui remontent à la surface en des lieux précis, il précise d’ailleurs « Stéphane est partout de toute façon. Je ne veux pas m’abîmer à le fuir, ni courir derrière lui. Pour ne pas perdre l’équilibre, j’avance prudemment ». SEVRAN est réaliste : la vie continue. Il reprend son testament rédigé et signé. Il tente une seconde aventure avec Laurent T, timide et prudent. Celui-ci quitte sa ville de Genèvre pour se rapprocher de Pascal : il abandonne son métier de paso-doble pour devenir taxi boy à Paris.
Le journal se termine momentanément le 1er novembre 2000.
Certes, tous nous nous sommes fixés une image de Pascal SEVRAN : pédant et imbu de sa personne, éloigné du quotidien des Français moyens.
Mais à travers ce livre, on découvre un tout autre personnage : c’était un être d’une exceptionnelle culture qui est attiré par la simplicité des pensées. Le lecteur, à travers les lignes, verra que l’auteur est assagi par les mêmes doutes que nous tous : la vie, la place de la mort, le rôle des relations humaines, la solitude. On s’exalte à lire des phrases telles que « L’âme, c’est ce qui reste de nous quand il ne reste rien. Elle nous survivrait. C’est la version officielle ».
« Des lendemains de fête » est plus un roman qu’un journal. En effet, il est écrit de telle façon que le lecteur ne peut s’épuiser à le parcourir. Les dates sont uniquement indiquées pour ne pas perdre le fil des pensées. Mais on pourrait les effacer, que le livre n’y perdrait aucun intérêt.
« Écrire c’est aimer. Écrire c’est être aimé »dit Pascal SEVRAN. Cet être a disparu de la même manière que d’autres : « Des hommes et des femmes qui occupaient hier encore une place considérable dans ma vie, s’en sont allés, s’en vont comme des voleurs ». Un livre à lire et à relire.
Christine Sophie BELLOT
mercredi 5 novembre 2008
Shambleau de Catherine L. Moore
Shambleau est un recueil de nouvelles qui tire son nom de la première d’entre elles. Toutes ces histoires ont pour héros le navigateur de l’espace Northwest Smith, un aventurier sans foi ni loi recherché par les autorités de Mars à Vénus. Dans Shambleau il rencontre une jeune fille poursuivie par une foule en colère. C’est une créature mystérieuse, aux yeux verts de chat et à la peau rouge. Northwest va prendre sa défense et la ramener dans sa chambre d’hôtel. Il comprendra alors ce qu’est véritablement une shambleau… Dans la deuxième histoire, Songe vermeil, Northwest fait l’acquisition d’un châle au motif mystérieux qui va l’entraîner dans une autre dimension, dominée par « La Chose », une créature qui se nourrit des humains…
Dans chacune de ces nouvelles Northwest Smith se retrouve confronté à un mystère qui prend le plus souvent la forme d’une jeune femme aussi attirante que vénéneuse ou d’un dieu ancien et oublié. Pour combattre ces créatures, il ne devra compter que sur son pistolet thermique, et occasionnellement sur l’aide de son comparse Yarol.
Catherine L. Moore reprend de nombreux mythes et légendes tels que les sirènes, les vampires, Méduse, Circé en les réinsérant dans un contexte de science-fiction. Malgré tout, que l’on n’y trompe pas : ces histoires sont avant tout empreintes de fantastique. Les créatures qu’elle décrit et qui proviennent d’anciens âges presque totalement oubliés, tentent de reprendre corps dans notre plan de la réalité pour asservir les humains ; le tout dans des atmosphères angoissantes et surnaturelles. Les éléments de science-fiction ne sont qu’un prétexte pour introduire le récit.
L’auteur aime jouer avec les émotions et les peurs ancestrales, en faisant appel à beaucoup adjectifs tels qu’ « horrible », « inhumain » qui développent des sensations de plus en plus intenses au fur et à mesure que l’on se rapproche du dénouement. De même, les couleurs sont omniprésentes, le rouge associé à la sensualité des femmes et le noir à la mort. En ce qui concerne le récit, le contexte de départ n’est jamais clairement défini, l’auteur insistant particulièrement sur le fait que la vie ou les motivations de Smith importent peu au lecteur. Les explications commencent avec la rencontre que va faire le héros et qui va lancer l’action. Ainsi, les nouvelles ne nous apportent presque aucun indice sur le passé ou une quelconque évolution de Northwest Smith, ce qui contribue à les rendre totalement indépendantes les unes des autres.
Shambleau date des années trente et il est vrai que l’écriture a quelque peu vieilli. Ce recueil possède malgré tout un charme désuet et reste un classique de la science-fiction, par son utilisation originale des mythes et son empreinte fantastique.
V.E.lundi 27 octobre 2008
La nouvelle amie de Emily Perkins
Julia, Rachel et Chicky, trois inséparables amies de 17 ans, viennent de terminer leurs examens de fin d'année. En attendant les résultats, elles vont passer une fois de plus leur été ensemble dans leur village où il n'existe strictement aucune distraction pour les jeunes. Les filles occupent alors leurs journées à ne rien faire d'intéressant ; en résumé, c'est l'oisiveté totale. Julia, la rêveuse, aspire intensément à quitter ce trou perdu pour s'installer dans la grande ville.
L'arrivée inopinée de la ravissante Miranda va ébranler l'existence jusqu'à présent paisible et statique de cette petite bourgade : elle ouvre un club dédié à la connaissance de soi. Julia, Rachel, Chicky et leurs camarades de classe participent à cet atelier dont l'objectif avoué est de permettre à chacun de se révéler à soi-même. Seulement, la mystérieuse jeune femme fait évoluer les séances vers des expériences de plus en plus aventureuses, voire même perverses. Par ailleurs, cette dernière a tendance à s'introduire de manière relativement vicieuse dans la vie privée des familles. Mais qui est réellement Miranda et qu’attend-elle de ce club ?
J'ai bien aimé ce roman d'Emily Perkins, auteur Néo-Zélandaise, qui établit une intrigue autour du personnage de Miranda, belle, intelligente, et très sûre d'elle. J'ai bien apprécié sa présence au début du livre car j'étais persuadée que celle-ci, débarquant de la grande ville avec une mentalité moderne et des idées nouvelles, apporterait certainement un changement positif et constructif chez ces villageois qui stagnent socialement depuis des générations. Mais il en résulte que rien de bon ne va naître. Lorsqu'on lit « la nouvelle amie », on se pose sans cesse des questions sur cette héroïne très énigmatique qui adopte un comportement et une attitude plus qu'étrange vis-à-vis des gens qu’elle rencontre.
J'ai ressenti de la compassion pour la naïve et innocente Julia. A cet âge qu'est l'adolescence, la plupart des jeunes sont très influençables, et Julia fait justement partie de ces personnes. Celle-ci admire Miranda de façon assez inhabituelle et semble complètement subjuguée par son charisme, au point de lui donner sa totale confiance. Mais Miranda mérite-t-elle cette confiance ?
Les chapitres se lisent facilement et d'une traite, avec une écriture relativement fluide. Les évènements, pour leur part, s'enchaînent rapidement pour la moitié du roman, mais concernant l’autre moitié, c'est plutôt l'inverse qui se produit : bien trop de descriptions y figurent et cela ralentit l'action et traîne l'histoire en longueur, ce que j'apprécie moins. Par contre, c’est plaisant que l’auteur utilise des flashs back qui nous permettent de découvrir Miranda petit à petit.
Sinon, je suis restée un peu sur ma faim une fois arrivée au dénouement. J'ai l'impression que le roman se termine assez sommairement.
Ngan Dai BUI
jeudi 23 octobre 2008
La Ritournelle Du Démon de Seishi Yokomizo
A l'approche de la traditionnelle fête des morts, le détective Kindaichi a décidé de prendre quelques jours de repos. Sur les conseils de son ami commissaire, il opte pour le petit village d'Okinobe, coupé du reste du Japon, et qui a été, 28 ans plus tôt, le théâtre d'une sombre affaire : un homme soupçonné d'escroquer les villageois, aurait assassiné celui qui l'avait démasqué...
Mais l'escroc en fuite, l'affaire n'a jamais été élucidée. L'arrivée de Kindaichi suffit à réveiller les vieux démons : c'est d'abord le chef du village qui disparait, peu après le retour de son ex-femme... sensée être décédée un an plus tôt ! Puis, une jeune fille est retrouvée étranglée, dans une mise en scène rappelant étrangement le premier couplet d'une ritournelle chantée autrefois par les enfants du village - chose qu'ignore notre héros... Que s'est-il vraiment passé trois décennies auparavant ? Y a-t-il un rapport avec le meurtre ? Et le détective fera-t-il à temps le lien entre une anodine chansonnette enfantine et les évènements macabres ?
Ce roman est assez déroutant, notamment par sa construction. Dès le départ, le lecteur prend connaissance de la ritournelle et de son importance dans la série de meurtres d'Okinobe, alors que les enquêteurs ne la découvriront que tardivement. Le suspense n'en est que plus grand : les héros s'enlisent sans cette clé essentielle, pourtant si proche d'eux. Et si l'on anticipe la suite des évènements, impossible de dire qui est le meurtrier ou quel est son mobile. D'autant plus que les habitants, enfermés dans les secrets, vont peu à peu craquer tandis que les apparences se désagrègent autour d'eux...
Ce livre m'a fait penser à Agatha Christie et à Edogawa Rampo. Le dénouement, certes un peu précipité, m'a cependant totalement surprise. Reste que j'ai parfois trouvé le style d'écriture un peu lourd, et il m'a fallu des efforts pour "entrer" dans le roman, qui est vraiment long à démarrer. Sans compter que la généalogie de ce village de clans est très complexe à assimiler ! Mais les personnages sont intéressants, notamment par les zones d'ombres qui les unissent, et les paradoxes qui les constituent, à l'instar de ces anciens dont on ne sait jamais s'ils sont joyeusement truculents ou remarquablement inquiétants. Malgré quelques points faibles dans la construction stylistique, ce roman vaut le coup, et je ne regrette pas de l'avoir lu.
Fanny LOMBARD
mercredi 22 octobre 2008
Le demi-solde de Jean Dutourd
Une fois la libération de Paris obtenue et la guerre finie, le commandant Arthur redevient Jean Dutourd père d’un enfant et le mari de Camille.
En cette période d’après guerre difficile, Jean va devoir « naviguer » à vue professionnellement parlant pour loger et nourrir sa petite famille qui va s’agrandir d’une unité avec la naissance de Clara.
Jean qui est issu d’un milieu bourgeois essaie en permanence de travailler dans des journaux à tendance gauchiste mais il est souvent rejeté à cause de ses origines aisées mais aussi par son caractère difficile et entier.
Chemin faisant arrivera t-il durant cette période qui va jusqu’à 1947 à stabiliser la situation de sa famille ? et comment ?
J’ai apprécié ce livre auto- biographique car il relate une période de l’histoire de France peu connu : l’immédiat après-guerre dans Paris. Le début du roman est intéressant du fait qu’on assiste à la libération de la capitale de l’intérieur.
Ensuite l’auteur nous fait bien pénétrer dans cette ambiance où chaque résistant se doit de revenir à une vie civile normale ce qui est loin d’être une sinécure.
Pour Jean le retour à la normale est difficile au niveau travail et à cela s’ajoute les problèmes de nourriture, d’habillement, de logement et de chauffage. Bref la pénurie totale pour des gens qui sont sans le sou.
Ce dénuement qui nous accompagne en filigrane dans ce roman, l’auteur nous le rend palpable et comme nous est également palpable cette force de ne jamais tomber dans un pessimisme primaire.
D’ailleurs si notre couple s’en sort cela est dû en parti à leur courage mais aussi à leur volonté d’aller vers des jours meilleurs.
Edouard RODRIGUEZ
lundi 20 octobre 2008
Le conte de la novice de Margaret Frazer
C'est en Angleterre en 1431 dans un monastère de moniales bénédictines, Sainte-Frideswide. En ce début de septembre, Thomasine, une jeune novice de 17 ans attend la fête de la Saint-Michel pour prononcer ses voeux perpétuels.
En présence de la Mère abbesse, Mère Edith et de la Mère Hôtelière, Mère Frevisse, elle rencontre Maître Chaucer, érudit apparenté à Mère Frevisse et qui a été membre du Conseil du Roi. Tous les trois devisent de leurs familles et des affaires du Royaume.
L'arrivée en grand équipage de la grand-tante de Thomasine, Lady Ermentrude, vient troubler la paix bénédictine. Accompagnée de Sir John et de Lady Isobel, Ermentrude, irascible et portée sur la dive bouteille, veut imposer sa volonté à Thomasine et la détourner de sa vocation pour contracter mariage et rehausser le blason de la famille.
Entre deux échanges verbaux orageux la cuisinière de Lady Ermentrude, Martha, périt empoisonnée, puis c'est le tour de sa maîtresse.
L'enquêteur de la Couronne pour le Comté d'Oxford, Maître Montfort, s'entremêt et veut des résultats rapides. Il lui faut vite un coupable et s'acharne sur Thomasine qui, selon lui, avait une raison de vouloir la mort de Lady Ermentrude.
Il faut toute la sagacité de Mère Frevisse et le prestige de Maître Chaucer pour protéger Thomasine du magistrat obtus et manifester la vérité.
L'auteur prend son temps pour poser le décor et s'attarde sur les descriptions des lieux et l'analyse psychologique des personnages.Il faut bien attendre la moitié de l'ouvrage pour qu'il y ait un peu d'action et de tension dramatique, sans doute est-ce beaucoup. Le suspense est bien géré et l'auteur, avec finesse, nous dirige sur des fausses pistes. La romancière a de la sympathie pour les personnages et l'on est loin de l'ironie sardonique du Roman de la Rose d'Umberto Eco et des caricatures grossières de Jean-Jacques Annaud dans son film éponyme.
Les faiblesses du livre sont son manque de rythme et d'action même si le suspense de la fin rachète les longueurs du début. Ses forces sont la finesse psychologique et la précision historique. C'est de la fine dentelle pas un thriller haletant.
Gwenael CONAN
vendredi 17 octobre 2008
La treizième mort du Chevalier de Daniel Picouly
Nous sommes en 1799. Le chevalier de Saint Georges, escrimeur, homme de guerre et musicien mulâtre est atteint d’une maladie qui le fait beaucoup souffrir. Le temps où il était célèbre et riche est désormais révolu. Sans cesse à court d’argent, il doit faire patienter ses créanciers tout en montant un spectacle musical avec des enfants. Or, voila qu’un beau soir le sieur Beaumarchais mourant le mande à son chevet…Ils ont eu des mots autrefois, notamment parce que le Chevalier a dû laisser gagner la chevalière d’Eon lors d’un duel à Londres… Aussi, quand un mystérieux homme arrive pour tuer le célèbre auteur, le chevalier hésite mais défend quand même son ex-ami…Il est vrai qu’en contrepartie il récupère un coffret à secrets et un prospectus pour une représentation théâtrale spéciale qui va lui réserver bien des surprises…
Dire que ce livre est seulement un roman cape et d’épée me semble un peu réducteur même si la présentation que j’en ai faite le laisse à penser. Il y a certes de l’aventure, des rebondissements, des duels, des questions d’honneur, de l’amour mais il y a aussi beaucoup de profondeur et d’humanité dans les personnages notamment dans celui de notre héros, le chevalier de Saint Georges, homme vieillissant, luttant contre la maladie mais tombant amoureux tel un jeune homme, d’une jeune fille au parfum envoûtant. La vulnérabilité que lui procure cet émoi, la fraternité et la solidarité qui existe entre les hommes de couleur dans une France encore esclavagiste, donne une dimension supplémentaire au roman.
Le rythme du récit est variable en fonction de l’évolution de la souffrance du personnage principal, tantôt en étant vif dans les périodes de rémission tantôt lent lorsque la douleur se manifeste. Nous sommes donc parfois témoins d’états d’âmes tristes : le héros sait qu’il va mourir et il imagine les différentes morts possibles. Et pourtant on n’a pas le sentiment de morbide ni de lugubre pendant la lecture grâce à l’humour et à la dérision de l’écriture. Toutefois certaines tournures de phrases peuvent paraître un peu compliquées, parce qu’on sent que l’auteur a fait le choix d’écrire à la manière des grands feuilletonistes du XIXe siècle. Il en résulte que j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le récit, d’autant plus que l’écriture est souvent plus suggestive qu’explicite. Mais cette impression s’atténue rapidement au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire et arrive même à nous charmer. Je ne dirais pas que c’est un roman que l’on dévore mais il est somme toute assez plaisant. Il faut aussi préciser que l’auteur fait intervenir une pléthore de personnages connus comme la reine Marie-Antoinette, le romancier Beaumarchais, Fulton l’inventeur du Nautilus, le chevalier d’Eon et même les Beatles(si si) !
Il est à noter quand même qu’il y a un lien avec un des précédents romans de Daniel Picouly, « l’enfant Léopard » (que j’ai de beaucoup préféré d’ailleurs) mais que les deux romans peuvent se lire séparément.
Nicole VOUGNY
vendredi 10 octobre 2008
En voiture pour le ciel de Thornton Wilder
George Marvin Brush, notre « héros », représentant des Imprimeries éducatives Caulkins, est très croyant et très puritain. Pour lui boire de l’alcool, voir une femme avec une cigarette ou constater la souffrance des autres sont des situations qu’il ne peut supporter et dans lesquelles il se doit d’intervenir.
Son métier faisant de lui un nomade, George se voit à maintes reprises dans l’obligation de sauver son prochain.
Voilà comment un charmant garçon de 23 ans en 1930 se retrouve au cœur de situations amusantes sans qu’il s’en aperçoive. Dès que George intervient les gens constatent son esprit simple et s’en amusent.
Ainsi notre représentant se retrouve à boire de l’alcool pour se soigner alors qu’il se croit malade, va manger, pense t-il, chez des gens honorables alors qu’il est dans une maison close et finit nombre d’aventures en prison ou au tribunal.
L’expérience de la vie avançant George arrivera t-il à changer son caractère ?
J’ai apprécié ce livre mais sans plus. Les personnages y sont peints à mon goût de manière un peu trop caricaturale et simplistes. Par contre ce qui m’a plu c’est ce voyage au cœur de l’Amérique de la crise des années 30 où l’on peut constater que cette dernière a touché l’américain des villes mais également celui des campagnes.
Par ailleurs George est le représentant parfait de l’humour de cette époque.
Les situations comico-tragiques dans lesquels il se fourre et sa manière de s’en départir m’ont fait penser plusieurs fois à Chaplin et Laurel et Hardy.
Je n’avais jamais lu de livre de Wilder et je trouve son style un peu rustre.
Edouard RODRIGUEZ
mercredi 8 octobre 2008
L'Impératrice de la soie Tome III : L'usurpatrice de José Freches
Obnubilée par le pouvoir suprême, Wuzhao impératrice de chine se sert d'une prophétie qu'elle croit gravée sur des pierres divinatoires immergées au fond de la rivière Lê.
Elle fait extraire ces rochers grâce à la force de l'éléphant blanc sacré devenu la monture de Nuage Fou. Forte de la possession de ces pierres et de l'amour qu'elle porte aux jumeaux célestes, Wuzhao oscille entre la douceur et la dureté qu'elle justifie par l'amour du Bienheureux, providence pour ceux qu'elle protège et bourreau pour les autres.
Parmi ses protégés Umara la fiancée de "Cinq Défenses" précipitamment séparée de
son amant vit une séquestration ignominieuse dont elle ne connaît pas la raison et qui va entraîner un chantage douloureux entre l'Impératrice et "Pureté du vide". L'empereur Gaozong, malade concupiscent n'ayant d'yeux que pour sa nouvelle favorite "Lune de Jade", laisse le pouvoir se déliter, et les intrigues s'emmêler.
"L'usurpatrice", comme les deux premiers tomes de sa trilogie, n'usurpe pas sa
place et offre une apothéose, certes attendue, mais ô combien délectable. Fidèles aux rythmes et
aux cassures de la trilogie, les chapitres passent brutalement d'un lieu à un autre pour nous faire vivre en parallèle les différentes ficelles de l'intrigue. La cohérence de l'histoire ne s'en trouve que renforcée par petites touches successives qui nous font approcher les personnages de façon intime, et leur donnent un charisme individuel. Comme chevauchant les animaux de bois d'un même manège les personnages virevoltent, s'attirent et se repoussent. Les couples se disloquent et se retrouvent après maintes péripéties ou le pire eût été à craindre.
Ce dernier tome bien que suite logique de ses prédécesseurs, a son charme particulier, accentué par les frasques sexuelles de "Lune de Jade", qui n'ont rien à envier à celles de l'Impératrice. Des situations sans cesse nouvelles viennent ajouter leur exotisme à la sensualité débridée de l'histoire dans son ensemble. Le style toujours clair, d'un abord agréable et facile, pousse par un rapport d'ordre addictif à la lecture des chapitres suivants.
Porté par un tourbillon de situations inédites dont l'imagination n'a d'égal que le réalisme et la fraîcheur du style d'écriture de l'auteur, on ne peut que s'extasier sur les rapports intimes qui les lient dans une cohérence parfaite.
La fin prévisible mais surprenante arrive trop rapidement, et on se laisserait à penser que peut-être un quatrième volume n'aurait pas été de trop, puisque trente ans de l'histoire sont passés sous silence et très laconiquement évoqués : Qu'est devenu le muet ?
Et qu'en dit-il ? Serait-on tenté malicieusement de demander.
Frédéric MOLLICA
lundi 6 octobre 2008
Ne te retourne pas de Karin Fossum
Dans un petit village de Norvège, Ragnhild, six ans, a disparu : la police est alertée, des battues sont organisées. Mais au bout de quelques heures, la fillette rentre chez elle et explique qu'elle était simplement partie se promener avec Raymond, le simplet du village. Mais elle raconte également avoir vu une femme nue, endormie près d'un étang.
L'inspecteur Konrad Sejer se rend sur place, et découvre le cadavre de Annie Holland, une adolescente bien connue du village, qu'on a noyée, déshabillée et déposée là, sans violence apparente. Les premiers interrogatoires de la famille et des voisins révèlent qu'Annie était une lycéenne brillante, sportive, et sociable, unanimement appréciée dans ce bourg où tous les habitants se connaissent et se cotoient. Mais depuis quelques mois, la jeune fille avait changé... Pourquoi Annie se renfermait-elle de plus en plus sur elle-même ? Y a-t-il un lien avec son assassinat ? Et qui a bien pu tuer cette adolescente apparemment aimée de tous ?
Si l'on peut mettre quelques pages avant de plonger dans l'histoire, cela tient au fait que l'auteur prend le temps de planter son décor. Dans ce petit village, véritable microcosme, tous se connaissent et on ne livre pas facilement ses secrets ou ceux des voisins. La psychologie tient une grande place dans ce roman, aussi bien en ce qui concerne la victime que ses proches ou les policiers. L'enquête se déroule doucement, et on suit l'investigation pas à pas, en se sentant impliqué, s'interrogeant ou s'étonnant de concert avec l'inspecteur Sejer. Les pistes et les suspects sont nombreux, l'enquête complexe, et le dénouement surprend tout en restant crédible, bien que pesant. Ce n'est pas un roman d'action, mais les introspections et les descriptions alternent avec des dialogues qui rendent le récit plus aéré et plus vivant.
Il m'a fallu quelques pages avant d'être happée par ce roman, mais au final, l'histoire a aiguisé ma curiosité et j'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. Il y a des longueurs, et je n'ai pas trouvé le petit "plus" qui m'aurait complètement enthousiasmée, mais ça reste un bon roman. Quelques allusions au passé de l'inspecteur Sejer, développé dans les précédents ouvrages de l'auteur, m'ont un peu déstabilisée, bien que n'entravant pas la compréhension de l'histoire. Cependant, le personnage est suffisamment attachant pour que j'ai eu envie, justement, de découvrir ses autres enquêtes. Enfin, quelques spécificités culturelles, comme le tutoiement généralisé, apportent une touche particulière, rendant la lecture encore plus intéressante. Ce n'est pas un roman inoubliable, mais on passe un bon moment.
Fanny LOMBARD
vendredi 3 octobre 2008
Chemins de lumière de Sheila
Sheila la chanteuse insouciante et adulée des années 60, a grandi. Elle est devenue une femme réfléchie, qui témoigne dans ce livre de ses expériences spirituelles. Elle a eu la chance de rencontrer, parfois volontairement, parfois par hasard, (mais est-ce vraiment le hasard ?), des personnes particulières (maitres spirituels, médiums, scientifiques etc).
Elle nous explique ses communications avec les morts, la découverte de ses vies antérieures, et ses séances de relaxation et de méditation. Grâce à ses découvertes, elle traverse les problèmes de sa vie avec beaucoup plus de facilité et a trouvé un nouvel équilibre. Elle nous parle du karma, des chakras, elle relate des propos de Camille Flammarion, Allan Kardec…
Elle donne aussi à la fin du livre, des conseils et des prières pour avoir une vie plus facile.
Ce livre m’a beaucoup intéressée au début, surtout, les chapitres consacrés à la communication avec les morts.
Par contre, j’ai trouvé un peu long et ennuyeux, ceux consacrés à ses vies antérieures. J’ai eu du mal à entrer dans ces histoires. Je trouve qu’il manque quelques précisions « techniques » pour mieux comprendre la situation et expliquer pourquoi elle est sure que ce sont ses vies antérieures et non pas une sorte de rêve. Quant aux conseils, ils sont plutôt banals et peuvent être appliqués à tout le monde, dans toutes les situations (avoir une bonne hygiène de vie, être optimiste…).
Cependant l’ensemble du livre reste intéressant et vaut la peine d’être lu.
Hélène SALVETAT
mardi 30 septembre 2008
Paperboy de Pete Dexter
L'histoire se passe au milieu des années 60. Quatre ans après le meurtre du shérif violent et raciste d'un trou perdu de Floride, son assassin, Hillary Van Wetter, attend son exécution dans le couloir de la mort. Mais Charlotte, jolie quadragénaire bizarrement attirée par les assassins, est persuadée de son innocence depuis qu'elle a vu sa photo dans le journal. Autant déterminée à l'épouser qu'à l'innocenter, elle contacte le Miami Times, qui dépêche sur place deux journalistes dont Ward, frère du narrateur. D'emblée, il s'avère que le procès a été baclé, des preuves égarées, des pistes non exploitées. Mais entre un condamné franchement antipathique, sa groupie, un journaliste déterminé dont l'intégrité frise la psychorigidité et un autre dévoré d'ambition, une police et une justice peu enclines à rouvrir le dossier et une opinion publique accrochée à ses certitudes, l'affaire s'annonce complexe...
On est dans un roman noir, dans tous les sens du terme. L'écriture sèche et sans complaisance montre tout, sans rien édulcorer, ni la violence physique, ni la misère sociale, et encore moins la cruauté psychologique et la violence morale d'une société dont tous les protagonistes sont implacablement condamnés par l'auteur. On suit l'investigation des reporters à travers le récit du jeune frère de l'un d'eux, et petit à petit, ce sont les vraies motivations de chacun qui se révèlent : chacun cherche son intéret au mépris de la vérité, de la justice, ou de l'intégrité de ses proches ou de lui-même, et personne n'en sortira indemne. L'auteur promène son lecteur du début à la fin, dans un jeu de faux-semblants et de manipulations à tout-va dont, comme les personnages du roman, on ne s'aperçoit que trop tard.
J'avais eu de nombreux échos positifs de ce roman, et je ne peux que m'y associer. Critique subtile mais néanmoins virulente du journalisme et, au-delà, de l'ensemble de la société elle-même où, pour citer l'auteur, "aucun homme n'est intact", ce roman noir est littéralement époustouflant. Si j'ai pressenti, à chaque fois, les rebondissements quelques pages avant qu'ils n'interviennent, je les ai pris comme autant de coups de poing, et le piège a parfaitement fonctionné ! En plus d'une histoire très forte, les personnages ne tombent pas dans la caricature tout en étant formidablement bien campés, tout comme le décor - routes poussiéreuses, villes moites et marais profonds du coeur de la Floride. Un roman sombre d'une puissance rare, qu'il m'a été impossible de lâcher, et qui vous hantera longtemps après l'avoir refermé.
Fanny LOMBARD
vendredi 26 septembre 2008
Un risque calculé de Katherine Neville
Verity Banks est vice-présidente de la Banque Mondiale à San Francisco et chef du service des transferts électroniques de fonds. Parce que son supérieur ne prend pas au sérieux son projet d’amélioration de la sécurité, elle décide de prouver la vulnérabilité du système en place. Or, c’est justement le moment que choisit son mentor dans la profession, le séduisant docteur Zoltan Tor, pour reprendre contact avec elle et lui proposer un pari audacieux : détourner un milliard de dollars, le faire fructifier pendant trois mois et le restituer sans que personne ne s’en aperçoive. En acceptant, elle se doute que sa vie va quelque peu être perturbée mais non complètement bouleversée…
Dans ce roman Katherine Neville essaye de nous faire comprendre et partager ses connaissances du monde bancaire et informatique. C’était sans doute une bonne intention de vouloir initier les néophytes en la matière mais je n’ai malheureusement pas du tout accroché à l’histoire…Le fait de ne pas tout comprendre les enjeux et les risques encourus par les protagonistes a certainement contribué à cela, mais ce n’est pas la seule raison. Entre autres, je n’ai absolument pas trouvé le pari crédible. Il semble en effet difficilement concevable que l’on puisse accepter les conséquences judiciaires qui en découlent, juste pour prouver que l’on a raison et notamment quand on occupe un poste de cadre bancaire à haute responsabilité comme celui de l’héroïne. D’autre part je ne sais pas du point de vue technique si ce que l’auteur a écrit est possible mais certains points du récit m’ont paru trop « énormes » pour être vrai alors que d’autres semblaient trop faciles pour être réalistes... S’il est effectivement exact que l’on peut faire ce que l’on veut de notre argent sans que personne ne le sache, ce n’est pas vraiment rassurant ! Quant à l’histoire d’amour qui « pimente » le roman, elle est cousue de fil blanc et l’issue en est prévisible dés le début. L’ensemble manque donc de rythme, de cohérence, de séduction, de surprise…Même les personnages sonnent faux, frôlant parfois la caricature. Et que dire de la fin dont on a vraiment l’impression qu’elle est bâclée en plus d’être peu vraisemblable… Pour nous dérouter un peu plus, quelques chapitres consacrés à l’histoire de Nathan Rothschild qui révolutionna les fondements de la banque moderne sont insérés dans le texte sans que l’on saisisse le lien avec l’histoire quoi qu’en dise le quatrième de couverture des éditions Pocket… Bref une grande déception surtout quand on a découvert l’auteur à travers « le Huit », son roman suivant, qui lui est formidable dans l’écriture, le suspense, l’histoire…
Nicole VOUGNY
mardi 23 septembre 2008
L'Affaire Toutankhamon de Christian Jacq
L’Affaire Toutankhamon nous raconte la vie de Howard Carter et du vicomte Porchester, futur Lord Carnavon, deux hommes au destin exceptionnel puisque leur collaboration va aboutir à la découverte de la seule tombe inviolée de la Vallée des Rois, celle de Toutankhamon.
Ce récit romancé nous permet de découvrir la manière dont les fouilles étaient conduites à la fin du XIXe/début du XXe siècle, et introduit une touche de « spiritisme » dans une épopée de longue haleine marquée notamment par des difficultés politiques.
J’ai par exemple été étonnée d’apprendre que les fouilles étaient non seulement financées mais également parfois réalisées par des personnes n’ayant aucune formation et dont le seul but était de trouver des richesses qu’ils pouvaient ensuite en partie conserver à titre de dédommagement pour les dépenses engagées.
J’ai également appris que la tombe de Toutankhamon était une véritable obsession pour Carter, qui l’a recherchée pendant de nombreuses années avant de réussir à la localiser.
En tous les cas, ce livre est extrêmement intéressant, se lit et se présente sous la forme d’un roman tout en respectant les faits et la vérité historique et permet de mieux comprendre la fascination exercée par l’Égypte. Il met aussi en évidence les nombreuses tracasseries administratives et la versatilité des politiciens et autres hommes de pouvoir, qui critiquent d’abord Carter et son entreprise, avant de le porter aux nues, pour enfin le désavouer… Bref, à conseiller pour ceux qui aiment l’égyptologie ou souhaitent en savoir un peu plus sur Toutankhamon ou sur un égyptologue hors pair, Howard Carter.
Anne ALBERT
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