lundi 17 mars 2008

La Commune de Louise Michel

Cet ouvrage écrit par la plus célèbre des institutrices françaises Louise Michel ou la « vierge rouge » est un témoignage prenant et édifiant sur les événements de la Commune de 1871.
En 5 grandes parties elle nous décrit le climat politique et social de la France d’après l’Empire et ce qui amène les révolutionnaires parisiens du 18 mars, les communeux à marcher sur Versailles où s’est réfugié, loin de la montée grondante de ses opposants, le gouvernement d’Adolphe Thiers et sa majesté Foutriquet, surnom imagé de Napoléon III.
Rien n’est oublié : la soif des batailles militaires, certes victorieuses par le passé, mais dont le peuple est fatigué, la défaite contre les prussiens et la paix demandée par le gouvernement alors que la victoire restait encore possible (explication de stratégie militaire pour en attester), la famine et les demandes de progrès social du peuple parisien qui décide de s’organiser en République au nez et à la barbe des dirigeants qui semblent leur concéder un jour cette démarche pour mieux les surprendre et les isoler le lendemain par des trahisons et des calomnies jusqu’au jour des massacres. Bref la guerre civile dans les quartiers parisiens car ils ont voulu garder leurs canons, que la garde versaillaise voulait leur reprendre, afin de pouvoir se défendre contre les Prussiens arrivés aux portes de leur ville, car ils veulent SE BATTRE et ne pas se laisser imposer une défaite choisie par leurs chefs incompétents. Voilà en quelques mots le résumé d’une grande période révolutionnaire de l’histoire française, peu connue et enseignée. Est-ce parce que Paris en fût le centre (d’autres grandes villes de France et de pays se sont rebellé à la même période comme nous le rappelle Louise Michel) ou que de nombreuses voix se sont élevées contre les méthodes radicales des insurgés ? Les citations de Victor Hugo, et le témoignage humain de Louise Michel qui ponctuent son livre de dépêches officielles, de décrets, de lettres de déportés… nous livrent le vrai visage du pouvoir Versaillais qui a déclenché les hostilités sur la capitale et qui a assassiné, fusillé sommairement et déporté des milliers d’hommes, de femmes et même d’enfants. Ce que j’ai apprécié dans ce livre c’est la façon dont Louise Michel rapporte les événements clés qu’elle a vécu ou connu par ses compagnons de combat, jour après jour en citant tous les détails d’une vie politique, populaire et judiciaire, en nommant tous ceux qui ont participé, trahi, aidé la Commune. Son langage est imprégné de soif révolutionnaire, de poésie (elle cite des passages de ses poèmes écrits en mer lors de sa déportation pour la Nouvelle Calédonie, dernière partie pittoresque et vivifiante du livre) et de sincérité. Le sang versé ne doit pas être oublié et c’est un livre coup de poing à dévorer pour vivre et comprendre plus largement ce qu’ont connu nos concitoyens il y a à peine 140 ans, entre la Révolution et les guerres mondiales.
Fanny JOLIVET

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je conseille de lire pour ceux qui veulent vivre la Commune de Paris au jour le jour, le livre de Lisagaray (il en faisait parti)

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