mercredi 2 décembre 2009

Après le banquet de Yukio Mishima

Kazu, femme de 50 ans passés, dynamique, est propriétaire d’un grand restaurant de Tokyo, « l’Ermitage ». Il est notamment le repère du parti des conservateurs. Lors d’une réunion d’anciens ambassadeurs, Kazu fait la connaissance de Noguchi qui a été ministre plusieurs fois. Elle qui n’a jamais voulu se marier va épouser Noguchi et ainsi solutionner sa peur d’une solitude post-mortem.
Noguchi décide de se présenter aux élections préfectorales sous l’étiquette réformiste. Kazu va s’investir totalement dans la campagne électorale. Mais leur couple sortira-t- il renforcé de cette épreuve ?
J’ai apprécié ce roman dans lequel il y a peu de descriptions, où les dialogues n’ont pas de superflu et l’action se passe et se digère au présent par conséquent  peu de flash-back sur la vie de nos héros.
Je pense que ce genre de roman dramatique est fort intéressant par cette histoire d’amour peu ordinaire mais aussi parce qu’on découvre l’art de vivre à la japonaise. 
Ce livre est plaisant à lire car les personnages principaux que sont Kazu et Noguchi ont des caractères et des tempéraments bien différents. L’un, Noguchi a des idéaux élevés et de beaux principes, mais n’hésite pas à frapper Kazu si nécessaire et de plus il est fortement attaché aux us de sa nation. L’autre est pleine d’allant, a une sensibilité à fleur de peau, du savoir vivre et surtout vit avec son temps , elle essaie de ne pas être  coincée par un Japon aux coutumes ancestrales.
L’ensemble des passages de la campagne électorale m’ont plu car on peut constater qu’hier – ce livre est écrit il y a un demi-siècle – comme aujourd’hui on ne gagne pas en politique sans argent et sans diffamer ses adversaires par des méthodes que la morale réprouve. Dans cette élection il est intéressant de voir  également que la femme peut y avoir une stature importante voire essentielle.

Un point non négligeable du roman est le rôle de la femme dans un Japon où l’homme est maître. Célibataire, indépendante, propriétaire d’un restaurant qui marche, Mishima nous montre au travers de Kazu une femme « avant-gardiste » pour son époque mais aussi rattrapée par sa peur d’être oubliée après sa mort.
Mishima m’a fait découvrir au travers de l’union de Kazu un point important de la vie au Japon survivre à sa mort en ayant un tombeau « honorable » où la famille viendra se recueillir, faire des offrandes aux morts et ainsi éviter de mourir une seconde fois.
Mais doit-on sacrifier sa vie sur terre pour ne pas être oublié plus tard ? Telle est le dilemme de Kazu.

Edouard RODRIGUEZ

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